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Hong Kong : un blessé par balle réelle pour les 70 ans de la Chine

La police est intervenue en force lors de manifestations à l'occasion du 70e anniversaire de la Chine populaire.

Photo : Getty Images / Laurel Chor

Radio-Canada

Un jeune manifestant a été touché à la poitrine par un tir à balle réelle de la police, à Hong Kong, où des dizaines de milliers de militants prodémocratie sont descendus dans les rues en réponse à l'appel pour une « journée de chagrin » visant à perturber le 70e anniversaire de la fondation de la Chine populaire.

Mobilisés depuis juin, les militants prodémocratie ont bravé l'interdiction de manifester pour crier encore plus fort leur ressentiment à l'encontre du régime chinois. Leur but : dénoncer le recul des libertés et la violation du principe « un pays, deux systèmes » qui a présidé à la rétrocession de l'ex-colonie britannique à la Chine en 1997.

La violence qui a éclaté a éclipsé les colossales célébrations du régime communiste chinois. Selon des sources policières, un agent qui craignait pour sa vie a fait feu sur un jeune homme de 18 ans, qui a ensuite été conduit à l'hôpital.

La police a également tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc sur des petits groupes dans quatre quartiers.

Selon les autorités, des manifestants auraient jeté sur les forces de l'ordre un liquide corrosif à Tuen Mun, ville au nord-ouest de Hong Kong, tandis que d'autres ont arraché de grandes affiches célébrant le 70e anniversaire, avant de les piétiner.

Trois mois plus tard, nos cinq revendications ne sont toujours pas satisfaites. Nous devons poursuivre notre combat.

Un manifestant

La vidéo de l'altercation entre un agent et le jeune homme de 18 ans, avec effets de ralenti, publiée par HKU CampusTv, la webtélé étudiante de l'université de Hong Kong :

Le point de vue de notre envoyée spéciale Tamara Alteresco :

« Ce n'est pas la ville au gros complet qui est affectée, mais les secteurs visés sont énormes et sont complètement paralysés. On parle de 6 districts sur 18 qui sont touchés à Hong Kong.

Tant et aussi longtemps que les manifestants vont rester dans la rue – malgré l'interdiction de manifester, spécifiquement en ce jour de fête nationale – la police va rester là à les repousser en recourant à la force nécessaire pour y arriver.

Les policiers utilisent des balles de caoutchouc, des canons à eau poivrée pour éloigner la foule et quand ils utilisent de vraies balles [comme sur le jeune homme de 18 ans qui a été touché] le mouvement s'enrage.

Il faut savoir que l'assaut vient des deux côtés [...] mais la rage chez les manifestants est palpable depuis que la vidéo du tir à balle réelle circule .On y voit le policier sortir son arme et tirer à bout portant sur la poitrine du manifestant. »

La ville a été le théâtre des pires violences à Hong Kong depuis le début de la mobilisation, mais pour le président chinois Xi Jinping rien ne peut ébranler les fondations de notre grande nation. Rien ne peut empêcher la nation et le peuple chinois d'aller de l'avant.

Les autorités médicales ont fait état de 31 personnes hospitalisées, dont 2 dans un état critique.

L'Union européenne a appelé mardi à la « désescalade ». Londres a dénoncé l'usage « disproportionné » de balles réelles par la police et appelé les deux parties à la « retenue ».

Des portraits du président chinois Xi Jinping collés au sol, et piétinés par des manifestants.

Les manifestants marchent sur une image du président chinois Xi Jinping, à Hong Kong le 1er octobre 2019, alors que la ville célèbre la fête nationale pour marquer le 70e anniversaire de la fondation de la Chine communiste.

Photo : AFP / MARK RALSTON

Une cérémonie sous bonne garde

Ces rassemblements interviennent quelques heures après une gigantesque parade militaire place Tianamnen, à Pékin, auquel a assisté le président M. Xi. La cheffe de l'exécutif hongkongais Carrie Lam, dont le niveau de popularité est au plus bas, était également à Pékin.

À Hong Kong, la cérémonie pour le lever du drapeau sur la baie illustre l'actuelle insécurité politique et la réticence des autorités à apparaître en public depuis juin. Les responsables locaux y ont participé, mais à huis clos, depuis le centre des Congrès situé non loin.

Après la rétrocession, cette cérémonie d'anniversaire s'est toujours tenue à l'extérieur, même sous des pluies torrentielles.

Le 1er juillet, jour anniversaire de la rétrocession, la cérémonie s'était également déroulée à l'intérieur alors que des manifestants défilaient dans les rues.

L'adjoint de Carrie Lam, Matthew Cheung, a fait l'éloge dans un discours du développement de la Chine depuis 70 ans, tout en déclarant que les autorités avaient reconnu la nécessité d'une nouvelle réflexion pour essayer de s'attaquer à des problèmes profondément enracinés à Hong Kong.

De l'autre côté de la baie, dans le quartier Tsim Sha Tsui, des manifestants ont entonné Gloire à Hong Kong, hymne de la contestation hongkongaise.

Une cinquantaine de personnes se sont également réunies sur le port pour agiter des drapeaux chinois et crier : « Vive notre mère patrie! »

Après un week-end marqué par un regain de violences, la police avait mis en garde lundi contre une situation « très, très dangereuse » mardi.

Hong Kong traverse depuis juin sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession en 1997, avec des actions quasi quotidiennes et des affrontements violents entre manifestants et forces de l'ordre.

Avec les informations de Agence France-Presse

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