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Vers la fin des commissions scolaires

Le reportage de Jean-Philippe Robillard

Photo : Radio-Canada / Frédéric Lacelle

Jean-Philippe Robillard

Le gouvernement de François Legault promettait en campagne électorale, l’an dernier, d’abolir les commissions scolaires. Mardi, il déposera le projet de loi qui concrétisera cette promesse. Radio-Canada est allée à la rencontre des directions d’écoles et des administrateurs de commissions scolaires afin de recueillir leurs commentaires sur cette réforme.

Québec veut remplacer les commissions scolaires par des centres de services et des conseils d’administration. Une réforme majeure qui transformera le réseau de l’éducation.

Hélène Bossé est directrice du centre Monseigneur-Côté, de Victoriaville, qui offre de la formation générale aux adultes. Le réseau scolaire n'a plus de secrets pour celle qui est directrice d'école depuis 20 ans. Au fil de ses mandats, elle a côtoyé des milliers d'élèves et d'enseignants.

Depuis des années, elle souhaite que les choses changent dans le réseau scolaire, que les directions d’écoles aient plus de pouvoirs. Les directeurs d’écoles devraient avoir une plus grande marge de manœuvre au niveau des décisions des écoles. Elle affirme que, de cette façon, les directions d’écoles pourraient répondre beaucoup plus rapidement aux besoins des élèves, une réponse beaucoup plus immédiate.

La directrice d’école fonde beaucoup d’espoir dans le projet de loi que doit déposer le gouvernement Legault pour abolir les commissions et les élections scolaires comme on les connaît.

Une femme répond aux questions d'un journaliste.

Hélène Bossé est directrice d'école dans la région de Victoriaville depuis 20 ans.

Photo : Radio-Canada

Elle voit d’un bon œil les intentions du gouvernement de les remplacer par des centres de services et des conseils d’administration. On a des centres hospitaliers qui sont dirigés par des conseils d’administration et ça va. Alors, pourquoi on doit absolument avoir la démocratie en éducation?

Il n’y a personne qui se bat dans les autobus pour sauver la démocratie scolaire.

Carole Lavallée, présidente de la Commission scolaire Marie-Victorin

Carole Lavallée, qui préside la Commission scolaire Marie-Victorin, admet que la démocratie scolaire connaît une période difficile.

Elle déplore que le gouvernement veuille abolir les élections scolaires pour tenter de régler le problème relatif à la démocratie scolaire. La solution, ce n’est pas d’abolir les élections scolaires. La solution, c’est d’aider la démocratie scolaire en faisait de la promotion auprès de la population pour qu’elle s’approprie les enjeux de l’éducation.

Mme Lavallée croit que les élections devraient être à date fixe et qu’on devrait permettre aux citoyens de voter par Internet.

La présidente de la Commission scolaire de Laval, Louise Lortie, n’arrive pas à comprendre pourquoi on s’attaque de la sorte aux élections scolaires. Il y a plusieurs des gens qui immigrent ici qui se sont battus pour leur démocratie et nous, du revers de la main, on laisser tomber cette démocratie-là.

Le Québec compte 72 commissions scolaires. Près de la moitié des présidents et des commissaires ont été élus sans opposition lors du dernier scrutin où le taux de participation n’a été que d’environ 5 %.

Avec cette réforme, le ministre de l’Éducation veut donner davantage de pouvoirs aux directions d’écoles. Les économies générées par cette réforme permettront d'investir davantage d'argent pour les élèves en classe, ajoute le ministre.

Une femme répond aux questions d'un journaliste.

« Les débats de structures, ça n'a rien à voir avec la réussite scolaire », estime Carole Lavallée, présidente de la Commission scolaire Marie-Victorin.

Photo : Radio-Canada

Les craintes des directeurs d’école

Certaines directions d’écoles craignent que ces changements entraînent une augmentation de leurs tâches quotidiennes, qu’ils aient plus de travail.

De son côté, la directrice Hélène Bossé croit que les élèves vont bénéficier de cette décentralisation des pouvoirs vers les écoles. On veut décentraliser davantage. On veut se rapprocher des écoles. On veut transférer plus de pouvoirs dans les écoles afin que les décisions soient prises le plus près possible de l'élève. On veut faire davantage confiance aux gens qui travaillent dans les écoles, les enseignants, les directions, donc c’est une plus-value pour la réussite des élèves.

Hélène Bossé croit que les écoles seront en mesure de mieux appuyer l’apprentissage des élèves si elles ont plus de pouvoirs.

Présentement, l’argent rentre dans les commissions scolaires pour financer les services aux élèves à besoins particuliers. Mais si elle rentrait directement dans les écoles, avec l’équipe, on pourrait décider comment on va déployer ces sommes d’argent là pour soutenir nos élèves en grands besoins.

Carole Lavallée est moins convaincue des bienfaits de la réforme Roberge. On va passer trois ou quatre ans dans des débats de structures, en débat sur les pouvoirs des uns et des autres. C'est du temps perdu pour la réussite scolaire. Ça n'a rien à voir avec la réussite scolaire, soutient-elle.

Une réforme majeure dont les commissaires anglophones seront en partie épargnées. Le gouvernement leur permettrait de conserver leurs élections scolaires en vertu des droits linguistiques propres à la communauté minoritaire anglophone du Québec.

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