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L’ombre de Doug Ford assombrit les perspectives d'Andrew Scheer en Ontario

Doug Ford, vu de dos.

Le gouvernement de Doug Ford est impopulaire en Ontario en raison des nombreuses compressions budgétaires imposées dans les différents services aux citoyens.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Fannie Olivier

Difficile de ne pas remarquer Suzi Panovska-Guarrasi en marge du point de presse d'Andrew Scheer à Whitby, en Ontario : elle se déplace avec deux petits garçons, dont un se balade en pyjama aux motifs d'ours polaires.

Ce n'est pas pour serrer la main d'Andrew Scheer qu'elle arpente les couloirs du centre pour personnes handicapées où le chef conservateur est venu faire une annonce. Mais bien pour l'interpeller.

Elle veut qu'il dénonce « haut et fort » les compressions de son pendant provincial, le premier ministre conservateur de l'Ontario Doug Ford, aux services aux enfants autistes. On a besoin de quelqu'un qui dénonce et dise : "Doug Ford doit cesser de faire ce qu'il fait à nos familles", lance cette maman d'un garçon autiste de 6 ans, accompagnée d'autres parents.

Son verdict est clair : Andrew Scheer n'aura pas son vote, précisément en raison des compressions budgétaires imposées par le gouvernement provincial de Doug Ford.

Notre dossier Élections Canada 2019

L'équipe de Scheer affirme qu'il a rencontré brièvement ces parents, mais les journalistes n'ont pas assisté à la rencontre.

Ford invisible, mais bien présent

Le premier ministre ontarien s'est fait tout petit depuis le début de la campagne fédérale, il y a 20 jours. Si on ne l'a pas vu lors d'événements partisans, ce n'est pas seulement parce qu'il est « trop occupé à gouverner », comme il l'a affirmé, mais aussi parce qu'il endommage la marque conservatrice.

C'est un secret de polichinelle : Doug Ford est un boulet pour la campagne conservatrice fédérale. Et c'est d'autant plus problématique qu'une victoire d'Andrew Scheer le 21 octobre passe nécessairement par des gains en Ontario. Ses troupes détiennent 33 des 121 circonscriptions de la province.

Pour l'emporter le 21 octobre, les stratèges conservateurs estiment qu'il leur faudrait pratiquement doubler la mise et en obtenir une soixantaine.

C’est d’ailleurs la septième fois qu’Andrew Scheer se rend en Ontario depuis le déclenchement de la campagne. Or, dans bien des endroits où sa caravane s'arrête, l'ombre de Doug Ford assombrit ses perspectives de victoire.

Le chef du Parti conservateur est debout sur une tribune et parle dans un micro devant une petite foule réunie dans un stationnement.

Andrew Scheer donnait un discours à Brampton lundi soir.

Photo : Radio-Canada / Louis Blouin

Deuxième arrêt de la journée, à quelques dizaines de kilomètres de là, dans un centre sportif. Andrew Scheer rencontre sa candidate de Scarborough-Sud-Ouest, la paratriathlète Kimberly Fawcett, qui cherche à déloger le ministre Bill Blair.

Pas de manifestants à l'horizon, mais des gens du coin venus s'entraîner et qui se demandent pourquoi des caméras obstruent leur piste de course.

Andrew Scheer s'en vient. Notre prochain premier ministre!, dit un homme, à la blague.

Ça m'étonnerait qu'il gagne, réplique une utilisatrice du centre sportif à côté de lui.

La femme, Fareedy Marzuq, se dit déçue du gouvernement Trudeau. Mais elle est d'avis que l'impopularité des politiques de Doug Ford annihile les chances de victoire de M. Scheer.

Une position défensive

Andrew Scheer met ensuite le cap sur Brampton-Centre, pour prêter main-forte à sa candidate Pawanjit Gosal. Au menu : porte-à-porte et pancartes électorales sur la pelouse de résidents.

La candidate l'admet, certains électeurs chez qui elle frappe amènent Doug Ford sur le tapis. J'essaie de leur rappeler que ce n'est pas lui qui est sur le bulletin de vote, signale-t-elle.

Son mari, l'ancien ministre d'État aux Sports sous Stephen Harper, Bal Gosal, qui fait campagne auprès d'elle, croit toutefois que les choses s'améliorent. Si on parlait beaucoup du premier ministre ontarien cet été, son nom fait moins souvent surface depuis quelque temps, selon lui.

Mais impossible d’y échapper complètement. Pour son dernier événement de la journée, Andrew Scheer tient un rassemblement à Brampton, aux côtés des cinq candidats conservateurs qui tenteront de déloger les libéraux qui occupent les cinq sièges de la ville aux Communes. Un homme se fraie un chemin dans la foule pour lui parler – encore – des compressions dans les services aux autistes. Andrew Scheer l’assure alors qu’il y aura quelque chose à ce sujet dans sa plateforme.

Andrew Scheer et son équipe ont planifié sa campagne dans un esprit offensif : le chef conservateur, qui cherche avant tout à faire des gains, n’a encore visité aucune circonscription détenue par sa formation politique. L’impopularité de Doug Ford le force toutefois à prendre une position défensive, loin d’être idéale pour lui dans cette campagne serrée.

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