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Le nombre d’images d’abus sexuels sur les enfants a explosé l’an dernier sur le web

Jeune fille assise seule dans le noir.

Le New York Times>/i> fait état d’une croissance exponentielle de partage d’images d'abus sexuels sur les enfants que peinent à freiner les entreprises technologiques et les autorités américaines.

Photo : getty images/istockphoto / Giuda90

Radio-Canada

Une enquête du New York Times révèle que le partage en ligne d’images d’abus sexuels sur les personnes mineures est passé d’épidémie à véritable crise dans la dernière décennie : 45 millions de photos et de vidéos d’agressions sexuelles d’enfants ont été partagées sur diverses plateformes web en 2018. Ce nombre est deux fois plus élevé que l’année précédente et 10 fois plus qu’en 2008.

Le reportage du quotidien américain dresse le portrait d’un monde virtuel sordide rempli d’images troublantes : un homme qui se filme en train de mettre de la drogue dans les boissons d’enfants avant de les agresser sexuellement n’est qu’un des multiples exemples de contenus dont il est question dans l’article. 

Le New York Times fait état d’une croissance exponentielle de partage d’images de la sorte que peinent à freiner les entreprises technologiques et les autorités américaines. Ces dernières seraient complètement dépassées. On montre notamment du doigt un important manque d’effectifs et de financement des forces de l’ordre.

Le manque de ressources techniques pour combattre la montée de l'épidémie est décrié par tout le monde depuis au moins 20 ans. Les policiers sont sous-financés, sous-équipés et sous-formés pour combattre ce genre de crime, commente l’expert en cybersécurité et cofondateur de Crypto.Québec, Luc Lefebvre.

Une loi votée par le Congrès américain en 2008 – le PROTECT Our Children Act – avait prévu 60 millions de dollars par an pour les départements policiers qui désiraient lutter contre ce fléau.

Seule la moitié de ce montant a été attribuée aux forces de l'ordre d’année en année sans explication adéquate ou logique, selon le sénateur Richard Blumenthal, un parrain du projet de loi interviewé par le New York Times. D’après lui, le financement serait tout de même largement inadéquat s’il était aussi important que promis, sans mentionner que plusieurs des provisions les plus fortes de la loi n’ont toujours pas été mises en œuvre. 

Une coopération insuffisante des entreprises technologiques

Bien que plusieurs des forums qui hébergent de la pornographie juvénile se trouvent sur le web caché (dark web), cette partie d’Internet qui est inaccessible à l’aide de fureteurs conventionnels, la quasi-totalité des 45 millions de photos et vidéos d’abus sexuels sur les enfants répertoriés en 2018 ont été partagés sur des plateformes connues, comme Facebook Messenger ou Dropbox.

C’est que selon des dossiers policiers qu’a pu consulter le New York Times, certaines entreprises technologiques peuvent prendre plusieurs semaines ou mois pour répondre à des demandes des autorités, si elles décident même de répondre.

En 2016, Tumblr avait même averti une personne qui avait mis sur son site des images explicites d’enfants que son compte avait été signalé aux autorités, lui permettant de détruire des éléments de preuve en lien avec son crime.

Messenger est toutefois la plateforme plus populaire pour les pédocriminels : près des deux tiers des signalements reçus par les autorités en 2018 tiraient leur origine du service de messagerie de Facebook.

Les membres des forces de l’ordre interrogés par le New York Times disent craindre que le futur chiffrage des échanges sur Messenger récemment annoncé par le grand patron de Facebook, Mark Zuckerberg, puisse rendre encore plus difficile la détection de contenu mettant en scène des agressions sexuelles d’enfants.

Notons d’ailleurs que ces prédateurs masquent souvent leurs informations et leurs fichiers incriminants à l’aide d’autres techniques de chiffrage, notamment en ayant recours à des réseaux privés virtuels, communément appelés VPN (virtual private network).

Ce n’est toutefois pas en ayant accès à des données chiffrées que ce fléau pourra être neutralisé, estime Luc Lefebvre. 

Il y aura toujours des abus de toutes les technologies. Le dark web, par exemple, est utilisé à 99 % pour des raisons légitimes de contourner la censure, mais une petite partie des gens l'utilisent pour des raisons plus malveillantes. La solution ne se trouve pas dans son démantèlement, mais bien dans la mise sur pied d'unités bien financées et formées pour trouver des gens, fait valoir l’expert en cybersécurité, soulignant que contourner des méthodes de protection de la vie privée ne règlera pas le problème original.

Avec les informations de The New York Times

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