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Commission Viens : politiciens et leaders autochtones veulent passer à l'action

Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique, Sylvie D'Amours, ministre déléguée aux Affaires autochtones, et Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé publique, ont tenu un point de presse à la suite du dévoilement du rapport du juge Viens.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Radio-Canada

Le gouvernement Legault n'a pas l'intention d'attendre avant de poser des actions en lien avec le rapport de la Commission sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec. Le juge Jacques Viens a déposé, lundi matin, 142 appels à l'action au terme de cette commission d'enquête.

Le premier ministre rencontrera les leaders autochtones mercredi et on s'attend à une déclaration officielle de sa part à ce moment.

Sur les ondes de Radio-Canada lundi matin, François Legault a affirmé que les gouvernements qui se sont succédé ont des choses à se reprocher. Il y aura un suivi, quelle forme ça prendra? On vous le dira demain. Mais oui, il y a effectivement beaucoup de choses inquiétantes dans le rapport et il faut changer la façon dont on donne les services aux Autochtones.

M. Legault avait dépêché trois ministres à Val-d'Or pour le dévoilement du rapport, soit Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique, Sylvie D'Amours, ministre déléguée aux Affaires autochtones, et Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé publique. Ils ont tous trois assuré que des mesures seraient prises rapidement.

Je suis convaincue que ces recommandations nous aiguilleront sur d’intéressantes pistes à suivre, entre autres en matière de regroupement des ressources, en matière de création de corps de police régionaux. Il faut dire qu’il y a déjà certaines actions qui ont été mises en branle, entre autres l’embauche de nouveaux agents de police autochtones qui est prévue dans les prochaines années, a affirmé en point de presse Geneviève Guilbault.

Je veux terminer en leur témoignant mon respect personnel, en témoignant mon respect à ces femmes à l’origine des divulgations qui ont mené à la création de la commission Viens. Vous avez été tellement courageuses [...] Vous avez été très courageuses et nous vous avons entendues, assure Geneviève Guilbault.

Une foule assise sur des sièges et des personnes qui filment avec des caméras regardent en avant.

De nombreuses personnes, dont des membres du gouvernement et des leaders autochtones ont assisté à la conférence de presse du dévoilement du rapport de la commission Viens.

Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile

Rendre les recommandations vivantes

Du côté des communautés autochtones, on souhaite surtout que des actions concrètes soient entreprises rapidement et que cette commission d'enquête ne sombre pas dans l'oubli.

Il faut être en mesure de considérer ces recommandations-là, de les rendre vivantes, d'en discuter, d'amener ça sur la place publique. On ne devrait pas se souvenir d'une commission comme celle de la commission de l'indifférence, parce que l'indifférence, c'est quelque chose qui empêche d'agir, qui freine le changement, souligne Édith Cloutier, directrice du Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or.

Je pense que nous sommes à l'ère où il y a une certaine écoeurite de toujours soumettre des rapports; moi, j'ai vécu cette crainte-là aussi pour ne pas que ça reste sur une tablette. Comme M. Viens et nous l’avions dit maintes fois, c'est une responsabilité collective. Tout le monde est responsable, non seulement le gouvernement Legault et toutes les institutions, mais vous, moi et tous ceux et celles qui nous écoutent, ajoute Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec.

Rainbow Miller, de l'association des Femmes autochtones du Québec (FAQ), et Viviane Michel, présidente de l'association des Femmes autochtones du Québec.

Rainbow Miller, de l'association des Femmes autochtones du Québec, et Viviane Michel, présidente de l'organisme, lors de leur témoignage à la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec (CERP).

Photo : Image fournie par la Commission

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard, n'est pas surpris des recommandations du juge Viens, affirmant que les conclusions sont issues de situations connues des Autochtones depuis longtemps.

La commission a fini ses travaux, mais c'est clair que, pour nous, ça n'arrête pas là. [...] Les excuses sont le premier appel à l'action. Les excuses devraient aller aux femmes qui ont osé dénoncer les abus dont elles étaient victimes en octobre 2015, ce qui a mené à la création de la commission. On a un peu de lassitude à entendre des excuses sans qu'il y ait des actions concrètes qui prennent forme par la suite, dit-il.

Allons-y avec les actions et on verra pour les excuses après.

Ghislain Picard, chef de l'APNQL

Quelques réserves chez les policiers

L’Association des policières et policiers provinciaux du Québec (APPQ) a réagi par voie de communiqué au rapport de la commission Viens, laquelle a été mise sur pied à la suite d'allégations d’abus policiers formulées par des femmes autochtones de Val-d’Or.

Le président de l'APPQ, Pierre Veilleux, précise que relativement à certains passages de ce rapport où il y est allégué des abus de la part de policiers, il est opportun de rappeler qu'une commission d'enquête permet au pouvoir exécutif du gouvernement de s'informer au sujet d'une question particulière. Elle a ses propres règles de procédures ainsi que ses propres règles de preuve. Elle n'est pas destinée à établir les responsabilités civiles ou criminelles d'une personne.

Par ailleurs, l’APPQ se dit d'accord avec la majorité des appels à l’action du commissaire Viens, mais garde quelques réserves sur certains points, notamment sur des modifications législatives qui permettraient d’éviter l’emprisonnement des personnes itinérantes.

La protectrice du citoyen, Marie Rinfret, s'est dite, par voie de communiqué, ouverte au rôle qui pourrait lui être confié à l'égard du suivi de la mise en œuvre des appels à l'action, précisant que les modalités de ce rôle devront être discutées, notamment concernant la nécessaire implication des Premières nations et Inuit, et ce, afin que le protecteur du citoyen puisse répondre adéquatement au mandat qu'il aurait à réaliser.

Abitibi–Témiscamingue

Autochtones