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Glissières à câbles sur l'A-50 : malgré les critiques, Québec persiste

L'opposition officielle évoque un projet « irresponsable »

François Bonnardel lors d'une mêlée de presse entouré de journalistes qui tiennent leur téléphone

Le ministre québécois des Transports, François Bonnardel (archives)

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le projet de glissières de sécurité à haute tension proposé par le gouvernement caquiste pour sécuriser l'autoroute 50 continue de susciter des critiques. Les ministres François Bonnardel et Mathieu Lacombe persistent en affirmant qu'il s'agit d'une « bonne nouvelle au Québec ».

On a clairement dit que c'est un projet pilote, qui va nous permettre d'évaluer comment cette situation va évoluer, a rappelé le ministre responsable de l'Outaouais Mathieu Lacombe en entrevue avec Radio-Canada, lundi matin.

« J'aime mieux me faire critiquer parce qu'on essaie quelque chose que de me faire critiquer parce qu'on reste les bras croisés. »

— Une citation de  Mathieu Lacombe, ministre responsable de l'Outaouais

Le lendemain, le ministre des Transports, François Bonnardel, a réitéré que les glissières constituaient un bon choix, en affirmant que des mesures semblables avaient été mises de l'avant en Oregon et en Suède.

Pour moi ce qui est immensément important c'est la sécurité des automobilistes avant toute chose, et avec les ingénieurs on reste persuadés qu'on va sauver des vies, a affirmé le ministre caquiste lors d'une mêlée de presse mardi à Québec.

Rappelons que les glissières seront installées pour séparer les deux voies de circulation sur la portion de l'A-50 entre Gatineau et L'Ange-Gardien. Or, une enquête de Radio-Canada révélait que ces glissières ne seraient pas conçues ni testées pour des autoroutes contiguës comme l'A-50.

« De l'improvisation », déplore l'opposition officielle

Gaétan Barrette, le porte-parole de l'opposition officielle en matière de transports, a lui aussi réagi à ce projet controversé.

C'est très surprenant de voir qu'on va installer quelque chose qu'on n'installerait nulle part en Amérique du Nord, et qu'en plus on l'installe contrairement aux règles fondamentales dictées par les grandes organisations nord-américaines, a-t-il déploré en entrevue avec Radio-Canada, lundi.

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Le député libéral Gaétan Barrette

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

M. Barrette a ajouté que les glissières mettraient la vie des gens en danger, en concluant que le ministre des Transports François Bonnardel avait été irresponsable.

« On est dans l'improvisation totale, les recherches n'ont pas été faites. Je ne peux pas croire qu'au ministère des Transports, on ne savait pas ça. »

— Une citation de  Gaétan Barrette, député libéral et porte-parole de l'opposition officielle en matière de transports

Le ministre Bonnardel a rétorqué en déplorant ceux qui soulignent dans l'opposition qu'on met la vie des gens en danger.

Un élu régional promet de poser des questions

Le préfet de la MRC de Papineau, Benoît Lauzon, ne s'est pas opposé à l'installation des glissières.

En revanche, il dit avoir l'intention d'aborder les enjeux de sécurité avec le ministre Lacombe lors de leur prochaine rencontre.

M. Lauzon dans son bureau.

Le maire de Thurso, Benoit Lauzon

Photo : Radio-Canada

C'est un enjeu dont on va discuter avec lui pour avoir des réponses, pour être capable de répondre adéquatement à nos citoyens qui ont vu le reportage et qui nous posent aussi des questions, a-t-il affirmé en entrevue à l'émission Sur le vif.

« On va attendre de voir le travail qu'ils vont faire. Au final, c'est comment ça va être installé qui va être important.  »

— Une citation de  Benoît Lauzon, préfet de la MRC de Papineau et maire de Thurso

Les proches des victimes dans l'attente

L'installation de glissières n'est qu'une solution temporaire pour sécuriser l'A-50, puisque le gouvernement souhaite procéder à l'élargissement du tronçon problématique au printemps 2021.

Mourad Belahbib, qui a perdu sa fille dans une collision frontale sur l'autoroute, a récemment condamné la lenteur des gouvernements dans ce dossier.

Valérie Lafond, dont le frère a été gravement blessé à la suite d'un accident cet été, s'est pour sa part montrée sceptique quant à l'installation de glissières.

Valérie Lafond en entrevue devant un bâtiment de brique.

Valérie Lafond est agréablement surprise que son frère Sébastien soit encore en vie, malgré la gravité de ses blessures.

Photo : Radio-Canada

Au bout de la ligne, ça ne revient à strictement rien. C'est de l'argent qui a été jeté et on pourrait prendre cet argent pour faire deux voies, a déploré la jeune femme en entrevue avec Radio-Canada.

Avec les informations de Jérôme Bergeron

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