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Publicité « irresponsable » sur le climat : une tête tombe à l’Université de l’Alberta

Un panneau publicitaire de l'Université de l'Alberta à l'ouest d'Edmonton avec marqué en gros « Beefier barley ».

Les panneaux installés à Calgary et à Edmonton devraient disparaître dans les prochains jours.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Radio-Canada

La vice-présidente des relations universitaires, Jacqui Tam, a annoncé sa démission dimanche, trois jours après l’apparition de pancartes de l’Université de l’Alberta vantant les bienfaits des changements climatiques sur la culture de l’orge.

La démission de la vice-présidente est entrée en vigueur immédiatement.

Le message de la publicité nuit à la réputation de l’Université de l’Alberta et décrédibilise ses recherches poussées sur les changements climatiques, a-t-elle reconnu par voie de communiqué.

Dans le cadre de sa campagne intitulée « La vérité compte », l’Université a installé quatre panneaux à Calgary et à Edmonton sur lesquels on peut lire : « Les changements climatiques permettront d'accroître les productions d’orge en Alberta qui utiliseront moins d’eau et qui pourront nourrir davantage de bovins. »

Je présente mes excuses et assume l’entière responsabilité de [ce message].

Jacqui Tam, vice-présidente des relations universitaires (démissionnaire) de l’Université de l’Alberta

Malaise

Les panneaux publicitaires ont été particulièrement critiqués en cette semaine de mobilisation mondiale pour le climat, par les internautes sur la toile, mais aussi par la communauté scientifique.

À l’Université de l’Alberta, certains s’étonnent que les résultats d’une étude visant à prédire les conséquences qu’auront les changements climatiques aient ainsi été détournés pour appuyer leurs éventuels effets positifs.

Il est risqué de diffuser des observations scientifiques sorties de leur contexte, en particulier en ces temps de scepticisme envers la science.

Matina Kalcounis-Rueppell, doyenne de la faculté des sciences de l'Université de l’Alberta

Cela envoie le message que les changements climatiques ne sont pas si mauvais que ça. C’est très troublant. C’est assez irresponsable de leur part. J’aurais honte si mon université faisait cela, avait affirmé le professeur de l'Institut des ressources, de l'environnement et de la durabilité de l'Université de la Colombie-Britannique Kai Chan, la semaine dernière.

De son côté, le président de l’Université, David Turpin, affirme que la procédure habituelle n'a pas été suivie lors de cette campagne.

Cette publicité n’aurait jamais vu le jour, si elle était passée entre les mains de l’équipe de direction qui s’occupe normalement d’approuver ce genre de communication, garantit-il.

Si David Turpin comprend la maladresse du message qui a été diffusé, il rappelle également que plusieurs chercheurs de l’Université ont pour mission d’anticiper l’adaptation nécessaire aux changements climatiques.

Les changements climatiques sont réels. Ils sont en train d’arriver et notre société doit s'y adapter, ajoute-t-il.

Alberta

Changements climatiques