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Le système de gestion des déchets en N.-É. est inefficace, selon un rapport

Des matières recyclables.

Il existe 63 centres de gestion des déchets en Nouvelle-Écosse. C'est trop, conclut un cabinet d'experts-conseils, qui recommande que la province exerce un plus grand contrôle sur le système.

Photo : Radio-Canada / Christian Amundson

Radio-Canada

Un rapport commandé par le gouvernement de la Nouvelle-Écosse conclut que la province a trop de sites d’enfouissement de déchets, et d’installations de recyclage et de compostage.

Selon le rapport produit par AECOM Canada, les éléments disparates du système provincial de gestion des déchets le rendent inefficace.

Selon le cabinet d’experts-conseils, les municipalités ne sont pas incitées, à l’heure actuelle, à collaborer entre elles ni à avoir une vision provinciale.

La faute en revient, selon le rapport, au gouvernement provincial, qui a manqué de leadership.

Les auteurs soulignent que le ministère de l’Environnement a mené de nombreuses consultations au sujet de propositions visant à améliorer le système de gestion des déchets, depuis 10 ans, sans toutefois les adopter, même si elles bénéficiaient d’un large appui.

Le principe du pollueur-payeur

L’un des changements proposés aurait rendu les producteurs davantage responsables de la gestion des déchets qu’ils engendrent.

Ainsi, les industries auraient été responsables du recyclage des emballages et des produits en papier qu’elles fabriquent, plutôt que les municipalités.

S’il avait été adopté, ce changement à lui seul aurait permis aux municipalités néo-écossaises d’économiser 17 millions de dollars par année.

Un employé place du carton sur un convoyeur.

Selon une proposition, les fabricants seraient responsables du recyclage des emballages de leurs produits.

Photo : Radio-Canada / Laurence Gallant

Le gouvernement provincial n’a pas encore donné suite à la proposition parce qu’il attendait le rapport des consultants, selon ce qu’a expliqué le ministre de l’Environnement, Gordon Wilson.

Un système coûteux

Même si la Nouvelle-Écosse est en tête des provinces pour ce qui est de la réduction des déchets, son système de gestion des ordures est parmi les plus coûteux au pays, relève le rapport.

Et la province n’a toujours pas atteint son objectif de limiter le volume annuel des déchets à 300 kilogrammes par résident.

Il y a actuellement, dans la province, 63 centres de gestion des déchets qui appartiennent à des entités publiques. Elles s’occupent tant du recyclage que du compostage et des déchets non récupérables.

Si ce système est maintenu tel quel, son coût passera de 140 millions de dollars par année à 200 millions d’ici 2040, selon le rapport.

Manque de collaboration entre municipalités

Un porte-parole d’un groupe provincial qui regroupe les présidents des comités régionaux de gestion des déchets, Andrew Garrett, affirme que les auteurs du rapport ont bien cerné les enjeux auxquels fait face son organisation. Le plus grand problème, selon lui, réside dans le fait que les municipalités prennent souvent des décisions sans tenir compte des conséquences qu’elles auront et qu’il n’existe aucun mécanisme provincial pour les en empêcher.

Il est très difficile de convaincre les municipalités de collaborer pour réduire le nombre de sites de gestion de déchets, dit-il, parce qu’elles ne veulent pas perdre les infrastructures qu’elles possèdent.

Il croit que l’adoption du principe de la responsabilité élargie des producteurs donnerait une impulsion à d’autres changements, concernant les déchets solides et compostables.

Si les industries doivent financer le système de responsabilité élargie des producteurs, elles trouveront le moyen le plus efficace de le mettre en place. [...] Elles détermineront où les installations de recyclage doivent se trouver et quel territoire elles couvriront, explique-t-il.

Andrew Garrett.

Andrew Garrett, l'un des gestionnaires des services de gestion des déchets des municipalités de la vallée d'Annapolis, en Nouvelle-Écosse, croit qu'un plus grand rôle du secteur privé dans le système de gestion des déchets permettrait de le rendre plus efficace.

Photo : Radio-Canada / CBC

Le rapport conclut par ailleurs au besoin d’un meilleur système de collecte des données et de lignes directrices plus uniformes concernant la collecte et le tri des déchets. Les façons de faire varient grandement d’une municipalité à l’autre, à l'heure actuelle. Le gouvernement provincial pourrait légiférer pour donner suite à ces propositions, suggèrent les auteurs.

Le ministre Gordon Wilson affirme qu’il étudie toujours le rapport. Il s’engage à travailler avec les élus municipaux pour améliorer le système.

Nouvelle-Écosse

Politique provinciale