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Le chant choral pour faire rayonner la culture franco-ontarienne

Plusieurs personnes qui chantent

Près d’une centaine de choristes ont offert un spectacle dimanche à l’église Saint-Jean-Baptiste de Verner, à Nipissing Ouest, pour clôturer le 39e Festival des chorales franco-ontariennes.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Bienvenu Senga

À la veille de son 40e anniversaire, l’Alliance chorale Ontario, qui regroupe les chorales francophones de la province, reconnaît être confrontée à un manque de relève. Le chant choral, estime l’association, demeure toutefois un moyen privilégié de promouvoir le français et la culture franco-ontarienne.

En 1980, les fondateurs de l’Alliance avaient pour objectif de créer un cadre d’échange et de rassemblement pour les nombreuses chorales de la province dont la principale langue d’usage était le français. De là est d’ailleurs est venue l’idée de créer le festival des chorales franco-ontariennes qui, en près de quatre décennies, s’est tenu à tour de rôle dans les quatre coins de la province. 

La co-organisatrice du 39e festival qui s’est conclu dimanche à Nipissing Ouest, Fernande Beaudry, prend part à l’événement depuis plusieurs années. Elle dit avoir remarqué, au fil du temps, une diminution du nombre de chorales provenant du Nord de l’Ontario qui participent au festival. 

On a de la difficulté à attirer les plus jeunes [...] Quand les gens viennent à nos spectacles, ils sont émerveillés de voir ce qu’on a pu faire en deux jours et demi, mais ce n’est pas assez pour les attirer l’année suivante, affirme-t-elle.

Une femme qui porte des lunettes

Fernande Beaudry, de Nipissing Ouest, a pris part à l'organisation du 39e Festival des chorales franco-ontariennes.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Malgré les défis, Mme Beaudry croit toujours en la pertinence du Festival des chorales franco-ontariennes.

De nos jours, les jeunes veulent faire des spectacles solos, mais la chorale, c’est tellement plus beau, tellement plus charmant, c’est la communauté finalement. On est en train de perdre nos communautés partout, même la famille est en train d’éclater. Je trouve que la chorale nous ramène ensemble.

Fernande Beaudry, membre de l’équipe d’organisation du 39e Festival des chorales franco-ontariennes

Une relève timide

Rita Séguin, originaire de Kapuskasing, vient a passé 37 ans à la présidence de l’Alliance chorale de l’Ontario. 

L’un de ses regrets, explique-t-elle, est de voir que plusieurs chorales franco-ontariennes ne répondent pas par l’affirmative à l’invitation annuelle de prendre part au festival.

On sait qu’il y a des chorales partout en Ontario, mais il y en a plusieurs qui ne veulent pas faire partie de ces choses-là. Des fois, je me dis que c’est parce qu’elles ont trop peur d’avoir une autre responsabilité, je ne sais pas, note-t-elle. 

Ce n’est d’ailleurs pas par choix qu’elle a elle-même gardé son poste aussi longtemps, ajoute-t-elle, mais plutôt parce qu’elle n’avait pas trouvé quelqu’un pour prendre la relève avant cette année.

Une femme qui porte des lunettes et un chandail blanc

La présidente sortante de l'Alliance chorale Ontario, Rita Séguin, espère que de plus en plus de jeunes participeront au festival annuel des chorales franco-ontariennes.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Parmi la centaine de choristes qui ont pris part au spectacle de clôture du festival dimanche se trouvaient quelques élèves de l’École secondaire publique De la Salle d’Ottawa, qui en étaient à leur deuxième participation.

Mme Séguin y voit une lueur d’espoir pour l’avenir des chorales et du festival. 

C’est une relève, les jeunes repartent et ils sont tellement heureux d’être venus chanter avec nous, et nous, on est heureux de les recevoir.

Rita Séguin, présidente sortante de l’Alliance chorale Ontario

Préserver le français

La successeure de Mme Séguin, Annie Richard-Guindon, estime que sa mission principale sera de recruter davantage de chorales.

Il y a beaucoup de chorales franco-ontariennes et il y en a qui sont cachées. Il faudra aller les voir et les inviter à cette fin de semaine [du festival]. Plus il y aura de chorales, plus ça va être agréable pour nous de chanter en chœur et en français, fait-elle savoir. 

L’enseignante qui réside à Ottawa élabore déjà une stratégie pour pallier le manque de relève. L’an prochain, la capitale nationale accueillera le festival et l’Alliance chorale Ontario prévoit l’ajout d’une journée spécialement consacrée aux chorales d’enfants.

Nous, on est choyés dans l’est de l’Ontario parce qu’on a beaucoup de chorales de jeunes [...]. On va faire un concert [d’enfants] et la même journée, en soirée, les adultes vont arriver. Donc ça va faire un clic et ça va donner le goût aux jeunes et le mot va se passer de bouche à oreille, je l’espère, déclare-t-elle. 

Une femme qui sourit

L'enseignante Annie Richard-Guindon est la nouvelle présidente de l'Alliance chorale Ontario.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Mme Richard-Guindon ajoute que les secousses qu’a connues récemment la communauté franco-ontarienne fournissent une raison de plus de vouloir préserver les activités en français, dont celles des chorales.

On est là, on se bat beaucoup dernièrement avec toutes les coupes en français, puis on y tient et ça, c’est ma promesse à Mme [Rita] Séguin. La condition était que je prends la relève, mais je dois garder ça en français et je vais le faire.

Annie Richard-Guindon, nouvelle présidente de l’Alliance chorale Ontario

Elle vante également les mérites du chant pour le bien-être physique et mental.

Je dis toujours que la musique, c’est un moyen de s’épanouir, pour libérer nos émotions, notre stress du quotidien, c’est une thérapie, conclut Mme Richard-Guindon.

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