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Incendie dans une usine de Rouen : le gouvernement français défend sa gestion de la crise

Un canot pneumatique navigue sur la Seine devant l'usine; une épaisse fumée s'élève dans le ciel.

Une épaisse fumée provenant de l'incendie de l'usine Lubrizol recouvre la ville de Rouen le 26 septembre.

Photo : Reuters / Pascal Rossignol

Reuters

Le gouvernement français, critiqué pour sa gestion des suites de l'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen, en Normandie, a défendu dimanche son action et assuré que sa priorité était de « garantir la sécurité sanitaire des habitants de Rouen ».

Trois jours après le violent incendie qui a en partie détruit cette fabrique d'additifs pour lubrifiants, classée dans la liste des sites présentant des risques d'accident majeurs, la population s'inquiète de ses conséquences sanitaires et écologiques malgré les messages rassurants des pouvoirs publics.

Le préfet de Seine-Maritime a assuré samedi que la qualité de l'air dans l'agglomération rouennaise était « normale », mais que les autorités avaient décidé des mesures de précaution sanitaires, telles que le gel des cultures et des récoltes.

De nombreux riverains, inquiets d'une odeur incommodante et des retombées de suies, des associations de défense de l'environnement, mais aussi les partis écologistes et de gauche reprochent au gouvernement un manque de transparence.

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a réclamé samedi la création d'une commission d'enquête parlementaire.

Pour faire face à l'inquiétude légitime des populations, il n'y a qu'une solution : le sérieux et la transparence complète et totale, a déclaré le premier ministre, Édouard Philippe, en marge d'un déplacement à Guidel pour l'Université de Rentrée du Mouvement Démocrate (MoDem).

Le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, a reconnu que la situation à Rouen était « grave ».

On peut comprendre une forme de psychose qui s'est installée dans la population normande, et singulièrement à Rouen, a-t-il poursuivi, tout en ajoutant : Je ne pense pas qu'il y ait un problème de transparence.

Une réflexion sur les sites dangereux?

Ce qui est fait et ce qu'il faudra faire, c'est publier l'intégralité des études, des analyses, pour que chacun dans le domaine public puisse voir, a estimé le ministre.

Son collègue de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a assuré que l'exécutif prenait les faits « très au sérieux ».

Nous faisons un suivi quotidien de la situation. Nous regardons la qualité de l'air, le risque de pollution pour les eaux de la Seine, la question des terres agricoles, a-t-il déclaré.

L'urgence aujourd'hui, c'est garantir la sécurité sanitaire des habitants de Rouen, a-t-il souligné, en suggérant pour la suite une réflexion sur les sites Seveso en France, soit les sites classés dangereux.

La classification européenne Seveso vise à prévenir les risques d'accident majeurs dans les usines traitant ou abritant des substances dangereuses.

C'est un modèle de développement qui n'est plus viable aujourd'hui. Avoir des usines classées Seveso qui sont quasiment imbriquées dans une ville, on ne ferait plus ça aujourd'hui, a dit Bruno Le Maire.

Sur France Inter, la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a jugé elle aussi que les pouvoirs publics devraienttirer des enseignements sur la manière dont on gère aujourd'hui ces fameux sites classés Seveso.

Quand on a des incidents dramatiques de cette nature, c'est le moment de se poser des questions, évidemment, a-t-elle dit.

L'usine Lubrizol, construite en 1954, est située sur les rives de la Seine.

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