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70e anniversaire de la République populaire de Chine : célébrations et tensions

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Ces Pékinoises affichent fièrement leur patriotisme à l'entrée d'un parc de la capitale le 28 septembre 2019.

Photo : Radio-Canada / Anyck Béraud

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Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des rues pavoisées, un grand défilé et des feux d’artifice mardi prochain dans la capitale : Pékin promet d’en mettre plein la vue pour commémorer la proclamation de la création de la République populaire par Mao Tsé-Toung, le 1er octobre 1949.

Ces célébrations, placées sous le signe du succès et du patriotisme, se dérouleront toutefois dans un contexte de contestation sociale sur le territoire semi-autonome de Hong Kong, de guerre commerciale avec les États-Unis et de ralentissement économique.

Soixante-dix ans après sa fondation, la République populaire de Chine n’a plus rien du colosse aux pieds d’argile pauvre et exsangue qu’elle était au sortir de la guerre civile remportée par le Parti communiste chinois contre les nationalistes au pouvoir de Tchang Kaï-chek, après la Seconde Guerre mondiale et la guerre sino-japonaise.

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À l'entrée d'un quartier de Pékin. Septembre 2019.

Photo : Radio-Canada / Anyck Béraud

Que le pays soit aujourd'hui la deuxième puissance économique mondiale réjouit au plus haut point Zhou Yifang, un ex-militaire, et Wang Mingzhe, ancienne cadre dans l’industrie de l’acier.

Le couple parcourt les allées de la grande exposition organisée à Pékin pour souligner surtout les avancées en 70 ans.

« Nous avons traversé toutes ces périodes. Ici, nous revisitons tout le chemin parcouru par le pays pour parvenir à un très bon niveau de développement », disent-ils.

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Zhou Yifang et Wang Mingzhe. Pékin, septembre 2019.

Photo : Radio-Canada / Anyck Béraud

Plus loin, même émotion chez Yang Xiaoman, 70 ans, originaire du Sichuan, une province du sud-ouest de la Chine.

« Au début, la société était dans le chaos, les bandits circulaient librement, les magnats de l’immobilier étaient des tyrans. Aujourd’hui, le changement est énorme. Et nous avons une bonne place parmi les nations », lance-t-elle avec un brin de passion dans la voix.

« Moi, j'ai grandi avec la nouvelle Chine. Je suis très émue. »

— Une citation de  Yang Xiaoman, 70 ans, enseignante à la retraite

Liu Sijiing, une étudiante en télécommunications, reconnaît qu’elle a failli tourner les talons durant la longue attente à l’entrée, en se demandait au fond ce qui pourrait l’intéresser.

« Après avoir vu une partie de l’expo, je me dis que je dois en connaître plus. Et ça a développé en moi un sentiment de fierté », ajoute-t-elle.

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Liu Sijiing, Pékin, septembre 2019

Photo : Radio-Canada / Anyck Béraud

Puissance militaire à l’honneur

Parlant de fierté, l’armée chinoise ne boude pas son plaisir quand elle annonce que le pays va présenter de nouveaux armements fabriqués ici et déjà en service lors du défilé du 1er octobre.

L’un des responsables en a vanté les capacités techniques ou encore la haute précision. Il s’agirait entre autres de drones et de missiles, selon les médias chinois d’État.

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Scène captée lors des répétitions du défilé du 1er octobre prochain à Pékin.

Photo : Reuters / Jason Lee

Imposant dispositif sécuritaire

Environ 15 000 militaires, mais aussi des dizaines de milliers de fonctionnaires et d'étudiants, vont participer à ce défilé, l'un des plus importants des dernières années.

Le tout sous haute sécurité. Rien n’est laissé au hasard. Il y a des inspections dans les transports publics et dans certains bâtiments. Le 1er octobre, une large zone, qui comprend la Place Tiananmen et la Cité interdite, sera quadrillée.

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Des bouches d’égout scellées font partie des mesures de sécurité mises en place dans la zone du centre de Pékin où aura lieu le défilé militaire du 1er octobre 2019.

Photo : Radio-Canada / Enzo Cai-qianyi

Dans les édifices qui longent le parcours du défilé, dont celui qui abrite les bureaux de Radio-Canada, il y a interdiction d’aller sur les balcons, d’ouvrir les fenêtres et parfois même un ordre d’évacuer les lieux pour le grand jour a été donné.

Les petits commerces de rue sont priés d’aller s’installer un peu plus loin.

Les invités aux festivités officielles sont triés sur le volet.

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Dans un hutong de la capitale. Septembre 2019.

Photo : Radio-Canada / Anyck Béraud

Dans l’un des hutongs, ces quartiers constitués de dédales de ruelles à Pékin, Madame Yang se remémore l’époque où le dispositif de sécurité était moins lourd.

« J’ai pu aller Place Tiananmen dans les années 50, on était quatre élèves de ma classe, j’étais si excitée et si contente » dit-elle.

La septuagénaire ajoute qu’elle avait même pu s’approcher de la tribune officielle pour voir Mao.

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Mme Yan porte le brassard rouge des innombrables volontaires à la surveillance que l'on croise dans les rues et à l'entrée des quartiers et des immeubles en Chine.

Photo : Radio-Canada / Anyck Béraud

La nostalgie est également au rendez-vous pour Madame Yan. Elle a la soixantaine. Elle assure que sa génération éprouve des sentiments profonds pour le président Mao.

« Les chants révolutionnaires continuent de nous émouvoir », précise-t-elle.

Mao. Son Grand Bond en avant puis sa Révolution culturelle ont pourtant fait des millions de morts.

Après sa mort en 1976, le parti communiste chinois a statué que les réussites du Grand Timonier étaient plus importantes que ses erreurs, qualifiées de « graves ».

Vanter les succès

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Exposition sur les 70 ans de la République populaire de Chine. Pékin, septembre 2019

Photo : Radio-Canada / Anyck Béraud

Les succès accomplis en 70 ans, voilà l'accent donné aux festivités par les leaders chinois. Le parti communiste célèbre aussi sa longévité au pouvoir, souligne Jean-Philippe Béja, directeur de recherche émérite au CNRS et au CERI Sciences-Po.

 Il rappelle toutefois qu’un certain nombre de résidents de la République populaire de Chine sont moins en accord avec cette « vision rose » de l’évolution du pays et que, pour eux, les promesses d’équité et de démocratie n’ont pas été tenues.

Et le sinologue souligne que le leadership n’a pas rempli l’une des promesses du parti, celle de réunifier le pays.

« De le réunifier dans les frontières de l’empire des Qing, qui est le plus vaste que la Chine ait jamais connu, il faut bien le dire. Évidemment, il y a cette petite île (Taïwan) qui est extrêmement gênante et dont Xi Jinping aimerait bien ne faire qu'une bouchée », dit-il.

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Manifestant à Hong Kong en ce 28 septembre 2019.

Photo : Reuters / ATHIT PERAWONGMETHA

Et puis il y a Hong Kong, où des citoyens manifestent par dizaines voire des centaines de milliers depuis des mois, en reprochant à Pékin d’avoir le bras long et de porter atteinte aux droits et aux libertés de leur territoire.

« On (le parti communiste chinois) a très peur de la contagion. L’agitation sociale, à Hong Kong, c’est une tache sur les grandes célébrations que voudrait faire Xi Jinping. »

— Une citation de  Jean Philippe Béja, sinologue

Les protestataires, encore dans la rue ce week-end, comptent bien marquer à leur façon le 1er octobre. Pour eux, il n’y aura pas de fête nationale mais une marche nationale contre la catastrophe.

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