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Pour sa première Journée du chandail orange, Renée Martel veut « continuer la discussion »

Renée Martel enseignante porte un chandail orange et se tient debout dans la bibliothèque.

Renée Martel enseigne en 2e et 3e années à l'école Taché à Saint-Boniface.

Photo : Radio-Canada / Amelie David

Amélie David

L'École Taché, comme d'autres écoles de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM), a commémoré la Journée du chandail orange vendredi. C'était la première fois que Renée Martel enfilait son chandail orange comme enseignante. Une première expérience enrichissante.

La Journée du chandail orange a lieu normalement lundi 30 septembre, mais les écoles urbaines de la DSFM sont fermées pour cause de journée pédagogique. C’est donc vendredi qu’élèves et professeurs ont décidé d’enfiler leurs chandails orange.

Renée Martel, enseignante en deuxième et troisième année à l’École Taché, n’a jamais entendu parler de Phyllis Webstad quand elle était en classe. Pourtant, c’est de l’histoire de cette dernière qu’est née, en 2013, la Journée du chandail orange, qui vise à commémorer les dommages causés par le système des pensionnats autochtones.

En 1973, Phyllis Webstad a été envoyée au pensionnat St. Joseph Mission de Williams Lake, en Colombie-Britannique. Sa grand-mère lui avait acheté un chandail orange pour sa première journée d’école. À son arrivée au pensionnat, les responsables le lui ont enlevé et l’ont remplacé par l’uniforme.

J’aurais tellement aimé savoir ce qu’il se passait. Il faut mentionner ce qu’il s’est passé.

Renée Martel, enseignante en à l'École Taché

Ces évènements de 1973 ont aussi inspiré un enseignant de Winnipeg. Sean Oliver a créé un programme d’études, maintenant utilisé dans toute la province, pour raconter l’histoire des pensionnats autochtones et l’histoire des peuples autochtones au Canada.

On doit être honnête avec cette histoire-là. On enseigne toujours l’histoire avec une perspective sur le futur. L’histoire doit nous servir à voir si on peut mieux agir dans le futur, explique René Déquier, directeur général adjoint de la DSFM.

Continuer la réconciliation

Renée Martel a commencé sa carrière d’enseignante au début du mois de septembre. Devoir expliquer une telle partie de l’histoire à de jeunes enfants a été plus facile qu’elle ne le pensait.

L’enseignante s’est appuyée sur les ressources mises à sa disposition par la DSFM, comme des livres et les manuels scolaires. Elle s’est aussi servie de ce qu’elle avait appris pendant sa formation.

Même s’il a fallu parfois réadapter le vocabulaire trouvé dans des éditions parfois non actualisées, l’enseignante se dit suffisamment armée pour aborder ce sujet sensible.

À l’Université de Saint-Boniface, Laura Sims (NDLR : professeure à la Faculté d’éducation) nous a vraiment enseigné comment approcher ce sujet, continue Renée Martel. Bien sûr, on ne peut jamais dire qu’on a assez de ressources, mais nous avons tout de même beaucoup d’appui.

Selon Renée Martel, le sujet a suscité beaucoup d’intérêt de la part des enfants et des réactions diverses : Certains ont eu mal au ventre car ils pensaient à ce qu’avaient vécu les enfants. Ils se demandaient si les gens avaient pu se cacher ou retourner chez eux... Mais au-delà de ça, on continue la discussion aujourd’hui et c’est très positif car ils savent que des enfants ont survécu.

C’est dans la continuation de cette discussion que s’inscrit la Journée du chandail orange. L'école étant fermée lundi pour cause de réunion pédagogique, la direction de la division scolaire l’a organisée vendredi.

C’est vraiment important de partager toutes ces connaissances-là, car c’est leur génération qui va continuer la réconciliation. C’est une étape, on a encore beaucoup à faire. Mais il faut savoir que les enfants sont capables de partager et d’en parler, souligne l’enseignante.

Selon la DSFM, la Journée du chandail orange s’inscrit dans un programme plus large : celui de l’enseignement des compétences culturelles. L’importance des compétences culturelles devrait être travaillée tous les jours de l’année : elles s’appliquent avec les peuples autochtones, elles s’appliquent avec les nouveaux arrivants, elles s’appliquent avec toute autre population qui pourrait être marginalisée.

Renée Martel, de son côté, garde un souvenir fort de cette première discussion. L’enseignante a déjà plusieurs idées pour approfondir la discussion. J’aimerais inviter des familles, des personnes qui ont vécu ça pour qu’elles racontent leurs histoires, à leur manière.

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