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Une classe extérieure pour les élèves de l'école Sacré-Coeur à Rouyn-Noranda

Une structure de bois dans une cour d'école.

Les élèves pourront suivre des cours à l'extérieur, au grand air.

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent Bouchard

L'école primaire Sacré-Coeur de Rouyn-Noranda vient de se doter d'une classe extérieure, une idée qui germe depuis l'année dernière au sein d'un groupe d'élèves et de leurs enseignantes de 5e année et qui s'est matérialisée grâce à l'implication de toute la communauté.

Pour ces jeunes aujourd'hui en 6e année, c'est un grand jour. Depuis l'année dernière, ils ont participé à la conception, à l'élaboration et même la construction du projet de classe extérieure. Ils le présentent maintenant à leurs camarades de classe.

On avait plusieurs idées, on avait l’idée de faire un parcours de jogging, de faire un skatepark, on avait plein d’idées et on a voté pour la classe», explique Gabrielle, qui espère que cette nouvelle infrastructure puisse même servir à ses futurs enfants. «Je la trouve vraiment belle, on a mis beaucoup d’amour dans ce projet-là!», renchérit son amie Noémie, qui mentionne aimer «faire la construction, et aider [sa] famille à faire la maison ou des projets comme ça.

J’ai trouvé ça génial de construire nos propres bancs, aussi de travailler en équipe. C’est cool que ce soit construit par nous.

Un élève de 6e année

Un projet communautaire mobilisateur

Le but c’était de faire bouger les jeunes, les faire participer, confirme l'enseignant en charpenterie-menuiserie au Centre Polymétier Étienne Lacombe, dont les enfants fréquentent encore l'école Sacré-Coeur. Il ne s'est d'ailleurs pas fait prier pour non seulement faire les plans de la structure, s'assurer qu'elle soit conforme aux exigences de la Commission scolaire de Rouyn-Noranda, mais surtout pour mettre ses étudiants à contribution.

Mes jeunes qui ont peut-être entre 16 et 25 ans ont embarqué tout de suite, fait-il valoir, lui-même un peu surpris de leur réaction. Je leur disais que c’était important d’être dans le milieu et tout, mais je n’ai même pas eu besoin de les convaincre. Ils ont trouvé l’idée géniale.

Des élèves coupent un cordon rouge en guise d'inauguration officielle.

La classe extérieure a été inaugurée par les élèves le 27 septembre.

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent Bouchard

Les jeunes ont d'ailleurs apprécié mettre la main à la pâte, tant les filles que les garçons, assure-t-il. Je dirais que c’était 50-50. Autant les petits gars que les petites filles étaient vraiment proactifs là-dedans, indique Étienne Lacombe. Personne n’était mis de côté, tout le monde voulait essayer vu que c’était nouveau et vraiment, tout le monde a participé.

Les parents bénévoles, ça n’a pas été très difficile à trouver non plus, parce que tous les parents à qui on a parlé ont trouvé que c’était un très beau projet, ajoute l'enseignante Anne Marcouiller, dont la classe a participé au projet de A à Z.

Voir l'école autrement

Je pense que de nos jours, il faut aussi voir l’école autrement. Les jeunes aiment ça aller dehors. Donc, là on mélange le plein air avec la classe, c’est vraiment différent. Et je pense que ça peut être bon pour certains élèves aussi qu’ils essayent d’autre chose, d’avoir une autre façon d’apprendre un peu. Je pense que c’est un petit pas dans la bonne direction, poursuit Étienne Lacombe.

Édifice de l'école primaire Sacré-Coeur, à Rouyn-Noranda

Édifice de l'école primaire Sacré-Coeur, à Rouyn-Noranda

Photo : Radio-Canada / Louis-Éric Gagnon

L'enseignante Anne Marcouiller abonde d'ailleurs dans le même sens. «C’est juste d’apporter l’école à l’extérieur pour profiter de l’environnement», plaide-t-elle. Elle anticipe d'ailleurs que la classe extérieure pourra être un facteur de motivation et de persévérance scolaire.

Cette semaine je suis venue faire une routine mathématique avec mes élèves dans la classe extérieure. Donc toutes les matières scolaires peuvent s’enseigner dans cette classe-là, illustre-t-elle. Ils étaient plutôt déconcentrés la première fois, mais je pense qu’à l’avenir ils vont s'habituer et tellement aimer venir qu’ils vont vouloir venir plus souvent, donc adopter les attitudes en fonction de ça, anticipe-t-elle.

Un premier pas pour la cour d'école...

Et elle espère déjà poursuivre l'amélioration de la classe extérieure, notamment son verdissement, mais aussi de la cour d'école dans son ensemble. On est présentement en processus de modifier la cour d’école et de l’améliorer, ça c’est un premier pas. C'est sûr qu’on va poursuivre les travaux dans la classe extérieure, mettre de la verdure, des plantes, il va y avoir des ajouts dans les années prochaines. Le projet va continuer avec nos élèves des années futures.

La cour d’école, d’ici les prochaines années, devrait changer. Ce n’est qu’un premier pas.

Anne Marcouiller, enseignante en 5e année

...et pour les générations futures

Les élèves qui ont mis la main à la pâte travaillent d'ailleurs déjà à ce que la classe extérieure profite aux générations futures. On est allés faire de la sensibilisation dans d’autres classes. On leur a dit que c’est pas juste pour nous qu’on l’a fait, c’est pour tout le monde — les élèves de 5e, de maternelle, de cheminement particulier, les futurs élèves, ceux qui voudront venir ici faire leurs devoirs. C’est pour la communauté!, résume Gabrielle.

Quand on sera partis de l’école Sacré-Coeur, on aura toujours en tête que c’est nous qui l’avons construit. On va écrire nos noms et quand on va revenir pour visiter, quand on sera au secondaire, ça sera toujours là et il y aura une preuve que c’est nous qui l’avons fait. C’est cool parce que ça pourrait peut-être servir à nos futurs enfants.

Un élève de 6e année

Le projet, d'un coût d'environ 4000 $, a été réalisé avec l'implication de Fusion jeunesse, qui a offert un support financier, mais surtout une expertise à raison d'une heure par semaine pour encadrer la réalisation du projet. Des quincailleries locales ont aussi offert un prix avantageux pour les matériaux.

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