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Manifestation pour le climat : « C'est notre avenir qu'on veut défendre »

Une jeune fille, les larmes aux yeux, avec deux traits de peinture verte sur le visage.

Les jeunes sont très impliqués dans le mouvement lancé par Greta Thunberg. Ils disent qu'ils risquent de vivre de plein fouet les conséquences des changements climatiques.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées vendredi, dans les rues de Montréal, pour réclamer des actions concrètes des chefs d’État. La détermination et l’intransigeance des manifestants se lisaient sur les pancartes qui fendaient le ciel bleu sous lequel la marche s'est déroulée. Ambiance.

Il est midi passé lorsque Greta Thunberg, telle une capitaine guidant ses troupes, s’élance à l’assaut des rues montréalaises en cette nouvelle journée de manifestation pour le climat.

Avec la présence de la militante écologiste, la métropole québécoise est de facto devenue l’épicentre – au moins canadien – de ce mouvement qui se déroule simultanément dans tout le pays et ailleurs dans le monde.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Plusieurs milliers de personnes dans les rues du centre-ville de Montréal pour le climat.

La manifestation pour le climat à Montréal en accéléré

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Pancarte dans une main et mégaphone dans l’autre pour certains, les participants sont bien décidés à ce que leur message parvienne aux oreilles des dirigeants politiques du pays et d’ailleurs. Et il est clair : le temps des paroles est terminé, il faut passer aux actes. Maintenant!

Je pense que ça va être la plus grande manifestation de l’histoire du Québec. Je sens qu’il va y avoir plus de monde qu’il n’y en a jamais eu. On mobilise tellement de Québécois que le gouvernement Legault va arrêter de parler et va agir concrètement. On sait quoi faire, come on!, lance un militant, une petite feuille verte brochée sur son chandail.

« Act now or swim later », « Ma planète, j’en veux une nette », « Il n’y a pas de planète B », les slogans ne manquent pas.

Des manifestants réunis au pied du mont Royal et qui tendent des pancartes.

De nombreuses pancartes ont été brandies tout au long de la manifestation pour le climat.

Photo : The Canadian Press / Paul Chiasson

À bout de bras, un homme tient une énorme pancarte sur laquelle figure une photo du premier ministre Justin Trudeau, qu’on voit pagayer dans un canot. On peut lire « Pipeline... à l’aide! ».

Dans la foule compacte, des baby-boomers côtoient de jeunes adultes, des étudiants et des enfants, dont beaucoup vivent leur première manifestation. Ils ont décidé aujourd'hui de se faire les porte-parole de la planète. D’autres sont engagés dans la cause depuis plus longtemps et appellent les jeunes à, eux aussi, passer de la parole aux actes.

J’appelle les jeunes à voter, il faut qu’ils aillent voter. C’est beau d’aller manifester, mais il faut aussi voter. On compte sur eux pour s’impliquer.

Un manifestant

Parmi ces jeunes justement, un groupe de jeunes filles qui profitent de la journée de congé que leur offre le Collège Sainte-Anne, à Lachine, pour exprimer leurs doléances devenues des exigences.

Une foule dans les rues de Montréal.

Des centaines de milliers de personnes se sont retrouvées à Montréal pour demander aux gouvernements d'agir face aux enjeux du réchauffement climatique.

Photo : The Canadian Press / Graham Hughes

C’est notre avenir, c’est notre futur qu’on veut défendre. Ce n’est pas normal qu’à notre âge, on ne rêve plus de devenir astronaute, d’être millionnaire, mais juste d’avoir la chance de mourir de vieillesse. Ce n’est pas normal qu’à notre âge, on soit obligés de se préoccuper de ça, dit l’une d’elles à bout de souffle.

Camille, une militante plus âgée, se désole surtout du manque de leadership des dirigeants, notamment en ces temps de campagne électorale. C’est trop une guerre de coqs et il faudrait mieux "focusser" sur les enjeux qui touchent notre futur, dit-elle.

Greta Thunberg au milieu de manifestants. Elle porte une pancarte.

Greta Thunberg était en tête du cortège lors de cette grève mondiale.

Photo : The Canadian Press / Paul Chiasson

Parmi les marcheurs, certaines vedettes se faufilent, comme Serge Fiori qui interpelle lui aussi les politiciens. C’est impossible de penser qu’ils n’ont pas d’enfants. Ils ont des enfants, ce monde-là. Comment ça se fait que ça bouge pas? Ça là, c’est partout dans le monde, faut pas arrêter, jamais, faut se rendre jusqu’au bout, clame-t-il.

Pas bien loin, un autre participant se tient prêt à suivre la vague de manifestants qui commence à descendre l’avenue du Parc.

J’aurais aimé qu’on ne soit pas obligés de faire ça, mais je suis content de voir que la mobilisation fonctionne. C’est toujours le peuple qui, au bout d’un moment, a fait bouger les affaires, dit-il, avant d’emboîter le pas à ses concitoyens.

Il est presque 15 h quand les premiers arrivent au point de ralliement, au croisement de la rue Wellington et du boulevard Robert-Bourassa.

Sur scène, des musiciens et, face à eux, une foule compacte.

Des groupes, comme Arcade Fire ou la chanteuse Elisapie Isaac, ont donné une prestation au point de rassemblement.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Si c’est la colère et l'exaspération qui ont poussé beaucoup de citoyens à se joindre à cette journée de grève, l’espoir est encore de mise.

Ça me rassure qu’il y ait autant de monde dans la rue pour l’écologie. C’est réconfortant.

Une manifestante

Ailleurs, l’afflux de personnes a poussé certains manifestants dans des rues adjacentes au parcours officiel. Ils ont décidé de prendre un raccourci via les rues du centre-ville pour rejoindre plus rapidement le point de rassemblement.

Une scène a été installée, et des groupes de musique enchaînent les prestations. Arcade Fire, Louis-Jean Cormier, Marie-Pierre Arthur, Bobby Bazini et Elisapie Isaac se succèdent. Au-dessus d'eux, une banderole donne le ton : « Maintenant ou jamais ».

Avec les informations de Pascal Robidas, Melissa François et Jean-Sébastien Cloutier

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