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Les usagers de la Boussole électorale appuient les demandes des grévistes du climat

Une manifestante parlent dans un porte-voix.

Les trois quarts des utilisateurs veulent que le Canada en fasse plus pour réduire ses émissions de GES, tout comme le réclament les participants aux marches de vendredi.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

François Messier

Les marcheurs qui déferlent vendredi dans des centaines de villes canadiennes pour réclamer une lutte plus vigoureuse contre le réchauffement climatique de la part des pouvoirs publics ont reçu un fort appui de la population, révèlent les dernières données de la Boussole électorale.

Pas moins de 76 % des utilisateurs jugent que le Canada doit en faire plus pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES), responsables du réchauffement climatique.

Et 48 % de ceux qui ont utilisé l’outil estiment même qu’il devrait en faire beaucoup plus qu’à l’heure actuelle. Seuls 9 % des utilisateurs croient qu’il faudrait en faire un peu ou beaucoup moins.

Qui plus est, 58 % des utilisateurs pensent qu’il est justifié d’imposer une taxe sur le carbone aux provinces qui n’en avaient pas adopté une. Une telle taxe s’applique depuis le 1er avril en Ontario, au Nouveau-Brunswick, en Saskatchewan et au Manitoba, et il en sera de même en Alberta dès le 1er janvier.

Plus d’un participant sur trois (34 %) est fortement en accord et un sur quatre (24 %) est plutôt d’accord avec cette mesure. Une certaine proportion des utilisateurs affichent tout de même leur opposition : 21 % des répondants sont fortement en désaccord, et 9 % sont plutôt en désaccord.

Le bannissement des plastiques à usage unique, comme des sacs d’épicerie ou des pailles, obtient aussi un fort appui; 72 % des utilisateurs sont d’accord avec cette approche, contre 19 % qui s’y opposent.

Note sur la méthodologie

Les données se basent sur les réponses à la Boussole électorale, un projet de Vox Pop Labs en partenariat avec Radio-Canada (Nouvelle fenêtre). Vox Pop Labs est une équipe non partisane qui regroupe des politologues et des statisticiens.

La Boussole électorale n’est pas un sondage. Les utilisateurs ne sont pas présélectionnés. Les données, collectées du 11 au 25 septembre 2019, ont été pondérées de manière à les rapprocher de celles d’un échantillon représentatif de la population réelle, selon les données du recensement et d’autres estimations démographiques.

Les points de vue des utilisateurs varient évidemment en fonction de leur sexe, de l’endroit où ils résident, de leur niveau d’éducation. L’appui aux trois questions mentionnées ci-haut est plus fort auprès des femmes, des Québécois et des diplômés universitaires.

Les femmes sont ainsi plus nombreuses que les hommes à souhaiter que le Canada en fasse plus pour réduire ses émissions de GES (83 % contre 69 %), impose une taxe sur le carbone aux provinces qui n’en avaient pas (62 % contre 53 %) et bannisse les plastiques à usage unique (78 % contre 66 %).

Les Québécois sont plus nombreux à appuyer un meilleur effort de réduction des GES que les autres Canadiens (87 % contre 73 %), l’imposition d’une taxe sur le carbone (72 % contre 53 %) et une interdiction des plastiques à usage unique (82 % contre 68 %).

Les utilisateurs de la Boussole de toutes les provinces n’en sont pas moins majoritairement favorables à ce que le Canada en fasse plus pour réduire ses émissions de GES.

Cela inclut 54 % des résidents de l’Alberta et 58 % de ceux de la Saskatchewan, les deux provinces où l’appui est le moins fort. L’appui à l’interdiction des plastiques à usage unique est aussi majoritaire dans toutes les provinces.

L’imposition d’une taxe sur le carbone aux provinces qui n’en avaient pas une est cependant un enjeu beaucoup plus divisif : 55 % des Albertains, 54 % des Saskatchewanais et 42 % des Manitobains s’y opposent.

En Ontario, où le gouvernement Ford conteste en cour la décision du fédéral d’agir de la sorte, seuls 28 % des utilisateurs s’opposent à la décision du fédéral, contre 58 % qui l’approuvent.

Les diplômés universitaires sont aussi plus nombreux à réclamer plus de gestes concrets du gouvernement en matière de GES et à approuver l’imposition d’une taxe sur le carbone et l’interdiction des plastiques à usage unique.

Sans surprise, les utilisateurs qui disent avoir l’intention de voter pour le Parti conservateur sont moins favorables à approuver des actions environnementales plus fermes.

Seuls 46 % d’entre eux croient que le Canada doit en faire plus pour réduire ses GES, contre 21 % qui voudraient moins d’efforts, et 32 % qui estiment que le statu quo est approprié. 69 % d’entre eux s’opposent aussi à l’imposition d’une taxe sur le carbone, contre 18 % qui l'approuvent.

Les utilisateurs qui comptent voter pour le Parti populaire du Canada sont encore plus opposés à ces deux mesures. Ils sont aussi les seuls à être majoritairement contre l’interdiction des plastiques à usage unique (55 %). Cette idée récolte l’approbation d’un conservateur sur deux.

Notre dossier Élections Canada 2019

Les chefs ne soulèvent guère d'enthousiasme

Les données de la Boussole électorale témoignent par ailleurs du peu d’enthousiasme que suscitent les différents chefs de parti.

Invités à évaluer leur compétence sur une échelle de 10, ils accordent une note de 4,7 aux chefs du Parti vert et du Bloc québécois, Elizabeth May et Yves-François Blanchet.

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh obtient 4,4, contre 4,3 pour le chef libéral Justin Trudeau et 3,6 pour leur adversaire conservateur Andrew Scheer.

Lorsqu’on leur demande d’évaluer la confiance qu’ils leur portent, les utilisateurs accordent des notes de 5,1 à Mme May, 4,8 à M. Singh, 4,5 à M. Blanchet, 4,1 à M. Trudeau et 3,5 à M. Scheer.

Seuls les électeurs du Québec sont invités à se prononcer sur M. Blanchet.

L’évaluation des utilisateurs quant à la compétence et la confiance qu’ils accordent à M. Trudeau a légèrement diminué après la publication de photos le montant en blackface, avant de repartir à la hausse.

Le chef libéral obtient de meilleures notes au Québec qu’ailleurs dans le reste du Canada, et la baisse des notes qui lui ont été accordées après la diffusion des photos a été moindre.

Il n’est toutefois pas clair que ces variations sont directement attribuables à la publication des photos, les questions posées aux utilisateurs ne faisant pas spécifiquement référence à cette affaire.

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