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Grève pour le climat : « On a besoin d’action, pas pour demain, mais pour hier »

La militante suédoise Greta Thunberg a pris la parole aux côtés des organisateurs de la grève pour le climat de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Delphine Jung

Les organisateurs de la grève pour le climat se sont retrouvés vendredi, au Musée des Hospitalières, à Montréal pour donner le ton de cette marche mondiale. Soutenus par la militante écologiste, Greta Thunberg, ils ont prévenu que désormais, le temps des paroles était passé.

Le message pour les dirigeants est clair : Si vous venez ici, c’est pas pour prendre un selfie et dire que vous êtes beaux et que vous êtes verts, mais parce que vous y croyez et que vous vous engagez à bouger, a lancé François Geoffroy, porte-parole de La planète s’invite au Parlement, sur un ton déterminé.

Notre conscience et notre patience est en train de s’épuiser. On a besoin d’action, pas pour demain, mais pour hier.

François Geoffroy, porte-parole de La planète s’invite au Parlement

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Dans une diatribe enflammée, Dominic Champagne, porte-parole du Pacte pour la transition, a largement dénoncé le double discours des politiciens.

Vous ne pouvez plus parler des deux côtés de la bouche en même temps. On ne peut pas se prétendre verts et continuer de s’enfoncer dans le pétrole et dans le gaz.

Notre camp, c’est celui de Greta Thunberg, celui d’écouter le message de la science qui nous dit qu’il faut opérer rapidement des changements radicaux.

Dominic Champagne

Consultez nos photos de la manifestation au centre-ville de Montréal :

Les lobbys et les dirigeants interpellés

Les lobbys du pétrole et du gaz ont également été largement montrés du doigt.

Inspiré par le discours de Greta Thunberg donné devant l’ONU le 23 septembre, Marouane Joundi, de La planète s'invite à l'université, a repris le champ lexical de la militante suédoise.

Vous (les multinationales, NDLR) avez beau avoir tout l’argent du monde, mais qui êtes-vous? Vous choisissez l’égoïsme, l’injustice, et l’argent sale. Aux gouvernements incapables et laxistes, comment osez-vous? , pris dans votre bulle politicienne. Vous n’allez pas pouvoir nous éviter longtemps, a-t-il dit en assurant que les citoyens mobilisés sont en train de livrer une guerre.

François Geoffroy a lui aussi rappelé la puissance des lobbys, mais a aussi prévenu : Ils ont l’argent, on a le nombre.

D’une même voix, ils ont exhorté les chefs d’État d’agir, assurant que la société civile, elle, était prête.

« On a été patient, on leur a laissé le temps de présenter des plans, des idées. En 40 ans, aucun gouvernement n’a su présenter un plan de transition crédible », a estimé M. Geoffroy.

La décision du premier ministre québécois, François Legault, de déclarer l’urgence climatique, n’a pas semblé satisfaire les exigences des militants. « L’heure n’est pas à la déclaration à l’urgence climatique, mais aux actions », a clamé M. Champagne qui a raillé la décision du premier ministre d'envoyer une lettre aux militants plutôt que de proposer des solutions à l'ONU.

Anne-Sara Briand, porte-parole de La planète s'invite en santé, s’est de son côté dite « sidérée » par les « mesurettes » prises par les différents gouvernements.

C’est une simple évidence pour ces militants, qui ne comprennent tout simplement pas pourquoi les constats scientifiques sont encore niés par des hommes et les femmes politiques du monde entier.

« La science n’a pas suffi pour pousser les gouvernements à enrayer la crise. Respectez la science. Appliquez les recommandations du GIEC et [suivez] les recommandations des Accords de Paris », a dit André-Yanne Parent de l’ONG Environnementales et Sociales.

Sans vouloir s’adresser directement au premier ministre Justin Trudeau, Greta Thunberg a plutôt choisi de demander à tous les politiciens et politiciennes d’« écouter » et « agir » en prenant en compte les faits scientifiques.

Je n’aime pas trop me concentrer sur les individus, mais plutôt sur l’ensemble du portrait. […]. Justin Trudeau ne fait pas assez, c’est sûr, mais plus généralement, c’est un système qui ne fonctionne pas.

Greta Thunberg, militante écologiste
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Les Premières nations étaient présentes lors du point de presse, pour soutenir la jeune militante écologiste.

Photo : AFP/Getty Images / MARTIN OUELLET-DIOTTE

La militante est d’ailleurs souvent la cible de moqueries, mais a rappelé que justement, c’est ce qui la motive à continuer le combat. Elle prend plutôt ces attaques comme une preuve que le mouvement menace « leurs intérêts et leur vision du monde ».

Je ne comprends pas trop pourquoi des adultes choisiraient de se moquer des jeunes qui s’inspirent de la science. Ils pourraient faire quelque chose de bien à la place. Les gens veulent nous réduire au silence, nous parlons trop fort et ils ont du mal à composer avec notre message, pour moi c’est un compliment, a-t-elle encore dit.

En fin de journée, lors de son discours de clôture, la jeune adolescente a ajouté que ce genre d'action était un devoir moral. Quand nous serons vieux, nous pourrons regarder nos enfants dans les yeux et leur dire que nous avons tout tenté.

Message des Premières Nations

Également représentées, les Premières Nations ont rappelé leur attachement à la « Terre mère » qui soigne et qui nourrit.

Si on ne prend pas soin d’elle, elle ne prendra pas soin de nous.

Cédric Gray-Lehoux, porte-parole de Jeunesse autochtone de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador.

Pour montrer leur appui « inconditionnel » , Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, accompagné de Perry Bellegrade, chef national, et de deux femmes autochtones, ont remis plusieurs cadeaux à leur « sœur » et « jeune guerrière », Greta Thunberg.

Aller jusqu'au bout

Le message est clair et ferme, puisque tous les organisateurs ont prévenu qu’ils ne comptaient pas s’arrêter à cette grève mondiale et qu’ils continueront de militer jusqu’à ce que de vraies actions soient prises.

Nous puisons notre force dans notre amour pour la planète, pour l’humanité et nous continuerons de nous battre, a promis Ève Grenier Houde, porte-parole de Fridays For Future.

Tous pensent que le 27 septembre est un point de bascule et même qu’il y aura un avant et un après 27 septembre.

La gorge nouée et les larmes aux yeux, Mei Chui de l’organisme Extinction Rebellion Québec et Canada a conclu : Soit, on lutte ensemble, soit, on meurt ensemble.

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