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[Train de campagne] Trans Mountain s’arrêtera à sa cour

En banlieue de Vancouver, le sujet qui est sur toutes les lèvres, c’est l’environnement.

Un jardin gazonné et clôturé, devant une rangée de grands arbres.

Le jardin de Holy, résidente de Burnaby.

Photo : Radio-Canada / Marie-France Abastado

Marie-France Abastado

À l'occasion de la campagne électorale, les journalistes Janic Tremblay et Marie-France Abastado de Désautels le dimanche entreprennent la traversée du Canada en train à la rencontre des électeurs. Deuxième envoi d’une série de cartes postales.

Je suis en Colombie-Britannique et, mis à part la crise du logement à Vancouver et ses environs, l’autre sujet qui est sur toutes les lèvres des citoyens de la métropole, c’est l’environnement, et particulièrement le projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain.

Burnaby Nord–Seymour, la circonscription où je me trouve, c’est un peu l’épicentre de tout ce débat en Colombie-Britannique. Tout le monde a une opinion là-dessus.

Pas étonnant; c’est ici que se trouvent déjà le terminal et le « Tank Farm » de l’entreprise Kinder Morgan : 12 réservoirs à pétrole construits dans les années 50. Avec le projet d’expansion, on en ajouterait 14 autres. Mais, en plus de cet immense parc à réservoirs, on construirait un deuxième pipeline pour tripler la capacité d’acheminement du pétrole de l’Alberta vers la Colombie-Britannique, plus précisément ici à Burnaby, tout juste à côté de Vancouver.

Je suis donc allée voir à quoi ça ressemblait et franchement, rien ne peut mieux illustrer la bataille entre la nature et le développement. Parce que le fameux « Tank Farm » se trouve sur la montagne de Burnaby, un parc fréquenté par les coureurs, les cyclistes et les marcheurs. Et à côté de certains sentiers bucoliques, de grandes clôtures qui ceinturent le parc à réservoirs de pétrole.

Des réservoirs de pétrole sur une colline, derrière une clôture.

Les réservoirs de pétrole de l'entreprise Kinder Morgan, à Burnaby

Photo : Radio-Canada / Marie-France Abastado

Plus étonnant encore, c’est ce quartier cossu, Forest Hills, juste au pied de la montagne et du parc à réservoirs. C’est là que j’ai rencontré Holy qui promenait son chien Cosmo. Ce projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain l’inquiète beaucoup. D’autant plus que son jardin est collé au parc à réservoirs.

Quand nous avons acheté, il y avait une entente selon laquelle il existait une zone tampon entre nos jardins et les réservoirs. Mais là, ils veulent enlever cette zone tampon, ce qui violerait l’entente qui avait été prise.

Holy a eu la gentillesse de m’amener dans son jardin pour me montrer ce qu’il en est.

Pour que le pipeline puisse être installé à cet endroit, il faudra que les immenses arbres qui nous protègent de la vue des réservoirs soient coupés pour que les camions et la machinerie puissent passer.

Holy, résidente de Burnaby

Après, tout ce qu’on verra, ce sera le parc à réservoirs et c’est mon jardin qui deviendra la zone tampon.

Difficile à imaginer, quand on voit ces maisons aux devantures si soignées et aux parterres paysagés.

Comme bien des gens à qui j’ai parlé, Holy se sent trahie par le gouvernement de Justin Trudeau qui avait promis de ne pas imposer ce projet d’expansion sans le consentement de la communauté. Je n’ai plus confiance en sa parole et je ne voterai certainement pas pour son candidat.

Pourtant, Terry Beech, le député sortant de la circonscription, a bien voté contre une motion d’appui à ce projet. Et même s’il a talonné son parti et promet de continuer à le faire pour s’assurer que l’expansion du pipeline comporte le moins de risque possible, il n’est pas impossible qu’il paie pour la décision de son gouvernement d’acheter le pipeline. En tout cas, la lutte sera serrée dans Burnaby Nord–Seymour.


Marie-France Abastado souriante.

La journaliste Marie-France Abastado de l'émission « Désautels le dimanche ».

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

J’ai entrepris mon périple dans l’ouest du pays à bord d’un train qui s’arrêtera en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba et en Ontario. Je vous rapporte quelques cartes postales témoignant de mes rencontres. Vous pourrez aussi me suivre à l’émission Désautels le dimanche à 10 h.

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