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Le marché du tofu se porte toujours aussi bien, selon des producteurs

Une main s'approche de paquets de tofu entreposés dans un réfrigérateur.

Le tofu Green Cuisine, produit à Victoria, résiste à la concurrence des produits industriels.

Photo : Radio-Canada / Adrien Blanc

Adrien Blanc

Le producteur canadien de tofu Sunrise a inauguré une nouvelle usine à Delta, au sud de Vancouver, mardi, misant sur l'expansion du marché.

L'usine de 8000 mètres carrés devrait produire cinq tonnes de tofu par jour, selon le président-directeur général de Sunrise Soya Foods, Peter Joe, et approvisionner l'ouest du Canada et des États-Unis.

Sunrise Soya Foods affirme qu'elle occupe les deux tiers du marché canadien du tofu et importe le soja de l'Ontario et du Québec. L'entreprise compte déjà une usine à Toronto et une autre à Vancouver.

Peter Joe estime que le tofu ne craint pas la concurrence des autres produits à base de protéines végétales, comme les substituts de viande. Il pense que la diversité des usages du tofu en fait un aliment prometteur.

La demande est croissante, en partie grâce à l'intérêt pour les aliments à base de protéines végétales, dit Peter Joe. Maintenant, même la chaîne de restauration Cactus Café sert du tofu!

Des invités sont installés sur des chaises à l'extérieur de l'usine, attendant le lancement de la cérémonie.

La nouvelle usine Sunrise Soya Foods a été inaugurée à Delta mardi.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Le propriétaire du restaurant Green Cuisine, à Victoria, Andy Cunningham, partage l'optimisme de Peter Joe. Or, s'il constate que la consommation de tofu ne faiblit pas, la production artisanale comme la sienne baisse.

Le marché s’amenuise d’année en année. On ne fait plus autant de tofu qu’avant.

Andy Cunningham, propriétaire de Green Cuisine

Sur l’île de Vancouver, quand Andy Cunningham a commencé à produire du tofu il y a 35 ans, il y avait des producteurs sur l’île Denman, à Duncan, à Sooke et à Victoria. Aujourd’hui, le restaurateur dit être le seul producteur restant.

M. Cunningham regrette que des rumeurs sur la prétendue toxicité du tofu aient circulé pendant des années. Il y a eu un mouvement antitofu, dit-il, évoquant les craintes liées à la présence d’oestrogènes naturels dans le soja.

L’industrialisation de gros producteurs vancouvérois comme Superior et Sunrise ont aussi porté un coup aux petits producteurs.

Les gros producteurs ont fait le ménage sur le marché du tofu!

Andy Cunningham, propriétaire de Green Cuisine

Andy Cunningham dit qu'il continue à fabriquer son tofu par fierté, même si c'est un travail de longue haleine. Tous les lundis, avec ses employés, il porte des sacs de 25 kg de soja importé de l'Ontario. L’équipe en fait une pâte qui est ensuite filtrée, puis découpée en blocs qui sont distribués dans toute l'île.

Le propriétaire du restaurant se tient à côté du buffet où un employé remplit les marmites.

Andy Cunningham et ses employés fabriquent eux-mêmes le tofu qui est servi dans leur restaurant de Victoria.

Photo : Radio-Canada / Adrien Blanc

Comme Peter Joe, Andy Cunningham ne craint pas l'engouement des consommateurs pour les boulettes à base de protéines végétales. Bien au contraire, dit-il, je pense que les gens vont intégrer le marché végétarien en étant attirés par les hamburgers végétariens et les produits de ce genre. Puis, une fois qu’ils auront abandonné la viande et qu’ils en auront assez des imitations, ils découvriront peut-être la beauté du tofu.

Le restaurateur pense même que des fermiers locaux pourraient tirer profit du rebond du marché pour planter du soja sur l’île de Vancouver. Avec le changement du climat, les étés sont plus secs en Ontario, la saison est plus longue, ce qui est bon pour les graines de soja, note-t-il. Peut-être que, sur l’île, on peut faire pousser une certaine variété de soja.

Colombie-Britannique et Yukon

Industrie alimentaire