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Ils manifesteront pour le climat, mais iront-ils voter?

Ces jeunes ont 18 ans, ou un peu plus, et veulent changer les choses. Rencontre avec de nouveaux électeurs.

Jean-Sébastien Cloutier est allé à la rencontre de jeunes électeurs, dont certains pourront voter pour la première fois.

Photo : Radio-Canada

Jean-Sébastien Cloutier

Ils seront des dizaines de milliers, vendredi, à marcher dans les rues de Montréal pour sauver la planète. Ces jeunes ont 18 ans, ou un peu plus, et ils veulent changer les choses. Mais vont-ils aller voter? Que pensent-ils de la campagne électorale? Rencontre avec quelques nouveaux électeurs québécois.

Mardi soir, une dizaine de militants de la coalition La planète s'invite à l'Université discutent avec passion, dans un petit local de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal. Objectifs : trouver un slogan et créer la banderole qu'ils dresseront fièrement vendredi, à la grande marche pour le climat de Montréal.

Mobilisés pour les causes environnementales, ces jeunes sont plus politisés que la moyenne. La plupart voteront pour la première fois lors d’élections fédérales, le 21 octobre, et ils ont hâte. Il y a une sorte de fierté, c'est excitant!, lance Bruno Lecavalier, étudiant en géographie à l'Université de Montréal.

Laurence Pépin trace le contour d'un lettrage au crayon de plomb.

Laurence Pépin, étudiante en nutrition et membre du comité de coordination La planète s'invite à l'Université de Montréal, confectionne une affiche en vue de la grande manifestation pour le climat.

Photo : Radio-Canada

Sa collègue Laurence Pépin, étudiante en nutrition, suit la campagne électorale du mieux qu'elle peut et, pour l'instant, elle est un peu déçue.

Je la sens [la campagne] moins proche des jeunes que la campagne provinciale d'octobre, je sens qu'on vient moins nous chercher, qu'on vient moins nous parler [...] je pense que l'enjeu qu’est l'environnement n'est pas assez mis de l'avant.

Laurence Pépin, comité de coordination, La planète s'invite à l'Université de Montréal

Le thème de l'environnement est d'ailleurs sur toutes les lèvres quand on parle politique au pavillon Jean-Brillant de l'Université de Montréal. C'est le sujet qui rassemble, celui qui poussera bien des jeunes à aller voter.

Selon Aïcha Balde, les jeunes autour d'elle s'impliquent et s'engagent. Il y a beaucoup d'enjeux qui [nous] touchent, comme l'environnement, et je pense que, par différents moyens, on fait vraiment de notre mieux pour démontrer notre intérêt politique, dit-elle.

Elle votera pour les libéraux de Justin Trudeau. D'ailleurs, lors des élections de 2015, le vote des jeunes aurait contribué à son élection. Les 18 à 24 ans avaient été 18 % plus nombreux à voter qu'en 2011.

Cette année, le cœur des millénariaux semble balancer entre le rouge, le vert et l'orange. Le Bloc québécois est aussi le choix de certains à qui nous avons parlé. Les conservateurs, eux, le sont rarement, surtout chez ceux pour qui l'environnement est une priorité.

Des agriculteurs qui se sentent oubliés

Nicolas Cormier travaille dans un bâtiment où se trouvent des vaches.

Nicolas Cormier souhaiterait notamment une amélioration de la fiscalité pour les agriculteurs.

Photo : Radio-Canada

À Contrecœur, dans la campagne montérégienne, Nicolas, Rémi et Alexandre n'ont pas le même regard sur la politique. Jeunes agriculteurs dans la vingtaine, ils ne suivent pas la campagne électorale d'aussi près. Toutefois, ils comptent bien voter eux aussi.

C'est un droit qu'on a. Il faut s'exprimer et puis, si on ne vote pas, bien on n'a pas le droit de chialer!

Nicolas Cormier, producteur laitier

Les trois amis ont l'habitude de se plaindre des politiciens. Cette année encore, ils se sentent bien loin des priorités des partis.

Je pense qu'on est oubliés, je pense que le monde oublie ce qu'on fait pour eux, déplore Alexandre Allard. On va tout le temps choisir le moins pire [des partis], mais faudrait pas se dire ça, faudrait choisir le bon!

Nicolas, qui pense voter pour le Bloc québécois, souhaiterait une amélioration de la fiscalité pour les agriculteurs. Ceux-ci n'ont pas non plus apprécié que le gouvernement libéral ouvre une brèche dans la gestion de l'offre lors des négociations du nouvel accord de libre-échange nord-américain, ce qui permettra aux produits laitiers américains d'occuper 3 % du marché canadien.

Je n'ai pas de préférence, mais mettons que je ne voterai pas pour les libéraux avec ce qu'ils ont fait avec la gestion de l'offre. Ça affecte mon avenir.

Rémi Bissonnette, producteur laitier

Nicolas et Rémi iront eux aussi marcher pour la planète, vendredi à Montréal.

Notre dossier Élections Canada 2019

Des jeunes moins intéressés, mais qui veulent voter

À l’École professionnelle de Saint-Hyacinthe, des centaines de jeunes apprennent l’un des 31 métiers au programme, de la plomberie à l'esthétique, en passant par la mécanique. De façon générale, ils s'intéressent moins à la politique.

La plupart des élèves rencontrés ne suivent pas tellement la campagne, sauf un peu sur les réseaux sociaux. Sans exception, ils disent quand même qu'ils iront voter.

Les deux premières fois, je ne suis pas allé, dit Maxime Corriveau, mais j'ai remarqué que chaque vote est important.

De jeunes hommes travaillent sur des plans techniques.

Des élèves du Centre de formation professionnelle de Saint-Hyacinthe

Photo : Radio-Canada

Ici également, l'environnement revient souvent comme enjeu. On nous parle aussi de baisses d'impôts, d'éducation, de l'importance de conserver un bon système de santé et de garder nos libertés individuelles.

Ça serait plus un vent de changement qu'on aurait besoin, dit Sarah-Camille Dugas, mais pas avec les conservateurs, ajoute-t-elle. Au contraire, Gabriel Harnois pense voter pour Andrew Scheer. L'étudiant espère moins de taxes sur le pétrole et le lait. J'aime bien son style, ajoute-t-il.

Maxime, lui, insiste sur l'image du Québec.

Je trouve qu'on voit beaucoup les Québécois comme des bûcherons. Je trouve que Justin Trudeau fait bien sa job de faire paraître les Québécois assez bien, du point de vue planétaire.

Maxime Corriveau

Pour la première fois cette année, la génération des millénariaux, c’est-à-dire les 18 à 38 ans, formera la plus importante cohorte de l'électorat.

Environ 10 millions d'entre eux seront appelés à voter, dont 663 000 nouveaux électeurs qui ont récemment eu 18 ans. Leur taux de participation au scrutin du 21 octobre sera déterminant.

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