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Le manganèse plus présent dans l'eau souterraine en Abitibi-Témiscamingue que la moyenne

Tuyaux qui sortent du sol.

Le manganèse est plus présent dans l'eau des puits de l'Abitibi-Témiscamingue que la moyenne québécoise.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'équipe d'Enquête a étudié des analyses des eaux souterraines réalisées entre les années de 2000 et 2015 par le ministère de l'Environnement. Santé Canada a recommandé aux provinces, au mois de mai, d’adopter une norme maximale pour le manganèse de 0,12 milligramme par litre d’eau. Les analyses montrent que plus de 40 % des 374 sites analysés en Abitibi-Témiscamingue dépassent ce seuil.

Dans la province, 24 % des échantillons sont plus élevés que 0,12 milligramme par litre d'eau. Le manganèse est essentiel au développement du corps humain, mais pourrait avoir un impact sur les neurones du cerveau, surtout chez les enfants de moins d'un an en cas de consommation excessive, selon l’Institut national de santé publique.

Des spécialistes de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue ont participé aux travaux d’échantillonnage dans la région, notamment dans le cadre des projets d’acquisition de connaissance sur les eaux souterraines du Québec.

« L'objectif du projet d'acquisition sur les eaux souterraines c'était vraiment de déterminer la qualité naturelle de l'eau souterraine, précise Vincent Cloutier, professeur-chercheur à l'UQAT. C'est important de savoir que l'eau échantillonnée, c'était l'eau à la sortie du puits, donc avant tout traitement qui parfois est fait par des résidents. »

Yves Grafteaux, directeur général par intérim de l'Organisme de bassin versant du Témiscamingue conseille aux propriétaires de puits de faire tester l'eau une fois aux 10 ans.

Ce qu'on avait estimé c'est qu'à peu près une personne sur trois est alimentée par un puits en Abitibi-Témiscamingue. Un puits sur trois observe généralement un dépassement de norme, donc si on fait l'équation rapide, à peu près une personne sur 10 en Abitibi-Témiscamingue est à risque d'un dépassement, indique-t-il.

C'est la responsabilité des propriétaires de faire analyser leur eau.

Une citation de :Yves Grafteaux

Depuis 2016, les citoyens sont invités à contacter les organismes de bassin versant pour échantillonner leur eau et partager les résultats des analyses avec eux.

On va avoir des concentrations plus dans un endroit ou dans une autre zone. L'arsenic se retrouve plus avec l'or, donc tous les puits qui sont sur la faille de Cadillac proche des mines généralement ont plus de risques de voir de l'arsenic. Nous dans le secteur du Témiscamingue, on est plus à risque de manganèse, mais on va aussi retrouver de l'uranium et d'autres dépassements d'autres métaux, indique-t-il.

Analyse au robinet

L'analyse de l'eau du robinet est conseillée pour les propriétaires qui souhaitent connaître la concentration des métaux dans l'eau et pour vérifier si le système de traitement fonctionne convenablement.

Le projet d'échantillonnages en collaboration avec le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue se poursuit jusqu'en 2022.

On a une forte proportion de la population qui consomme l'eau de puits résidentiel, donc on voulait avoir une idée de la qualité de ces eaux. On a les premiers résultats qu'on a déjà dévoilés il y a quelques mois et même nous on était surpris qu'on a une forte proportion de puits qui sont contaminés non seulement à l'arsenic, mais aussi aux contaminants bactériologiques [comme l'E. Coli], mais aussi au manganèse, explique Omar Daouda, directeur général par intérim de l'Organisme de bassin versant Abitibi-Jamésie.

Les résultats d'Enquête

Depuis des années, le ministère de l’Environnement du Québec récolte des analyses des eaux souterraines sur tout le territoire. Une campagne de prélèvement qui se poursuivra jusqu’en 2022.

Radio-Canada a colligé les informations disponibles et a vérifié si les teneurs en manganèse respectent le taux recommandé par Santé Canada pour que l’eau soit sécuritaire pour les bébés (0,12 mg/L). 

Résultat : près d’un prélèvement sur quatre dépasse ce taux.

  • Points verts: Respecte la recommandation de Santé Canada
  • Points jaunes: Dépasse la recommandation
  • Points rouges: Trois fois plus élevés que la recommandation

Méthodologie

Pour bâtir cette carte, Radio-Canada a utilisé 2242 analyses d’échantillons d'eau souterraine réalisées de 2000 à 2015. Ces analyses, fournies au ministère de l'Environnement du Québec, ont été effectuées par des universitaires, des fonctionnaires et des firmes privées. Le ministère de l'Environnement n’a pas validé les méthodologies ou les résultats des données reçues.

Les échantillons analysés proviennent de 1747 endroits distincts. Lorsque plusieurs tests ont été effectués au même endroit, Radio-Canada a effectué une moyenne.

Ces résultats ont été croisés avec la « valeur santé » de Santé Canada de mai 2019, qui recommande une quantité maximale de 0,12 milligramme de manganèse par litre d’eau.

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