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Analyse

Les risques (et bénéfices) pour un politicien de participer à la marche sur le climat

Plan rapproché de Justin Trudeau.

Justin Trudeau a annoncé jeudi qu'il participera à la marche de Montréal pour le climat.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Plusieurs politiciens fédéraux marcheront pour le climat aux côtés des centaines de milliers de jeunes aux quatre coins du pays. Si cette présence pourrait leur permettre de marquer des points, ces politiciens devraient garder en tête que ces jeunes méritent une chose : l’authenticité. Or, justement, beaucoup d’informations trompeuses ont circulé depuis le début de la campagne sur le thème de l’environnement.

Devant le décor majestueux d’un lac ontarien, Justin Trudeau a annoncé tout sourire qu’il « avait hâte » de marcher pour le climat au grand rassemblement de Montréal… confirmant ainsi sa présence à ce qui pourrait être l’un des plus grands rassemblements pour la cause de l’histoire du pays.

Déjà, des indices permettaient de deviner sa présence : il avait multiplié les promesses en environnement tout au long de la semaine, histoire de ne pas arriver les mains vides devant les militants.

Sa participation à la manifestation n’est pas sans risque. Même s’il peut se vanter d’avoir, au cours de son mandat, imposé la tarification sur le carbone, multiplié les aires protégées, annoncé la fin du plastique à usage unique… reste que, pour bon nombre de personnes, le bilan de Justin Trudeau se résume en ces mots : l’achat d’un pipeline.

Marcher avec les militants, c’est bien sûr courir le risque de se faire interpeller par des manifestants sur la question. Tout ça devant les caméras.

Mais l’équipe libérale fait le pari que sa présence lui permettra de prouver que la lutte contre les changements climatiques est une véritable priorité pour lui. Et cette marche lui offre une occasion en or de tracer une démarcation claire avec son principal rival - le chef conservateur Andrew Scheer - qui, lui, ne sera pas de la partie.

Car si des « représentants » conservateurs participeront aux rassemblements, Andrew Scheer préfère faire campagne à Vancouver. Les jeunes (et moins jeunes) qui défileront dans les rues s’en souviendront peut-être au moment d’aller voter.

Notre dossier Élections Canada 2019

Il y aura néanmoins quelque chose d’un peu paradoxal à voir des politiciens marcher aux côtés de ceux qui les interpellent pour qu’ils en fassent plus pour le climat.

Ces jeunes ont l’impression que leurs aînés sont restés les bras croisés devant une catastrophe annoncée, qu’ils se sont bouché les oreilles devant les cris d’alarme des scientifiques. Qu’on leur a menti, qu’on les a trahis.

La moindre des choses à faire, c’est de leur donner l’heure juste.

Or, depuis le début de la campagne, les approximations ont fusé sur le dossier du climat.

D’un côté, Justin Trudeau a lancé que le Canada avait atteint les trois quarts de ses cibles de réduction des gaz à effet de serre pour 2030, alors qu’en réalité, les émissions ont baissé de seulement 2 % depuis 2005.

De l’autre, Andrew Scheer répète sur tous les toits que la taxe carbone « ne fonctionne pas », alors qu’à peu près tous les économistes - directeur parlementaire du budget en tête - affirment le contraire.

Plusieurs de ces jeunes pourront voter pour la première fois cette année. Pour éviter d’alimenter leur cynisme et les encourager à voter, les politiciens auraient tout avantage à faire preuve d’honnêteté.

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