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Les surplus d'Hydro-Québec devraient servir au Canada d'abord, selon le Parti vert

La chef du Parti vert propose la mise en place d'un réseau électrique à l'échelle du pays.

La chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, lors de son arrivée aux bureaux de Radio-Canada, à Montréal.

La chef du Parti vert, Elizabeth May, est venue défendre son programme électoral au micro de l'émission Midi info, à Radio-Canada.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Valérie Boisclair

Plutôt que d'être acheminés vers le marché américain, les surplus d'électricité produits par Hydro-Québec devraient servir à alimenter d'autres provinces canadiennes, estime la chef du Parti vert Elizabeth May, qui mise sur le développement d'un réseau national électrique.

Le chef conservateur Andrew Scheer et Elizabeth May misent donc tous deux, en quelque sorte, sur la mise en place d'un corridor énergétique à l'échelle nationale. Mais si le premier veut une liaison pancanadienne pour assurer le transport de pétrole d'un bout à l'autre du pays, la seconde, elle, propose « un réseau électrique à haut rendement ».

C’est nécessaire d’avoir un seul réseau sans carbone [au Canada] et d’avoir une diversification des sources d’énergies renouvelables, a affirmé Mme May lors d'un point de presse, jeudi après-midi, à Montréal.

Les verts souhaitent ainsi que l'excédent d'énergie du Québec soit notamment exporté vers le Manitoba et l'ouest de l'Ontario et que les connexions entre le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse soient améliorées.

Pour l'heure, l’État de New York et la Nouvelle-Angleterre, aux États-Unis, s’approvisionnent en électricité auprès d’Hydro-Québec. Ces surplus, avance Mme May, seraient essentiels au projet de réseau national électrique et, plus largement, à l'atteinte des objectifs du Parti vert.

La semaine dernière, Mme May a annoncé qu'elle éliminerait complètement les émissions de gaz à effet de serre (GES) d'ici 2050 et qu'elle cesserait de subventionner l'industrie des combustibles fossiles.

Notre dossier Élections Canada 2019

Rediriger les excédents en énergie du Québec vers les provinces voisines est un bien meilleur plan que l'exportation des combustibles fossiles de l'Alberta et de la Colombie-Britannique par le gazoduc de GNL Québec, a indiqué le Parti vert par communiqué, évoquant ce projet de pipeline gazier qui relierait le Nord de l'Ontario et le Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Nous sommes le seul parti pancanadien à être contre [ce projet], avait d'ailleurs réaffirmé la chef du Parti vert un peu plus tôt, jeudi, au micro de Midi info.

Quant à savoir si elle comptait forcer la société d'État québécoise à vendre ses surplus au reste du Canada, Mme May a indiqué « qu’il ne revenait pas au Parti vert d’obliger Hydro-Québec à faire quelque chose ». Sa chef a dit croire en la force de « travailler ensemble », affirmant qu'il s'agissait « du devoir d’un peuple pour protéger l’avenir ».

Paraphrasant la jeune militante suédoise Greta Thunberg lors de son discours au sommet de l’ONU sur l'urgence climatique, la chef du Parti vert a déclaré : Si vous ne comptez pas agir même si vous comprenez [l’urgence], alors vous devez être le diable. Et ça, je n’y crois pas.

Je ne crois donc pas qu’Hydro-Québec soit le diable, a tranché Mme May.

Questionné sur la position du Parti vert quant à l'utilisation de l'hydroélectricité québécoise, le chef du Nouveau Parti démocratique s'est montré prudent. Notre Banque canadienne pour le climat va aider les provinces à interconnecter leurs réseaux électriques. Mais on ne forcera pas personne, ça va se faire dans la collaboration, a soutenu Jagmeet Singh.

Le Parti conservateur du Canada inclut lui aussi l'hydroélectricité dans sa promesse de construire un corridor énergétique pancanadien, qui faciliterait la construction, dans une zone déterminée, de pipelines, de gazoducs et de lignes électriques. Questionné au sujet de l'opposition au passage d'un oléoduc au Québec, le chef conservateur Andrew Scheer a indiqué qu'il défendrait « l'intérêt national » dans ce dossier.

La chef du Parti vert a rappelé qu'elle comptait aussi annuler l'expansion du pipeline Trans Mountain, auquel le gouvernement Trudeau avait donné le feu vert, et utiliser les milliards de dollars qui lui sont destinés pour mettre sur pied le réseau national d'énergies renouvelables.

À l'instar du chef du Parti libéral, Justin Trudeau, et du chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, Mme May participera vendredi à la grande marche pour le climat dans les rues de Montréal.

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