•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Laïcité : le Bloc québécois demande une réponse claire à ses adversaires

Yves-François Blanchet marche, souriant.

Le chef du Bloc québécois lors d'un point de presse à Saint-Bernard-de-Lacolle, en Montérégie.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Presse canadienne

Le Bloc québécois demande aux chefs fédéraux de s'engager plus clairement à ne pas participer à une contestation de la Loi sur la laïcité de l'État.

De passage à Québec jeudi après-midi, le chef bloquiste Yves-François Blanchet a estimé que ses adversaires dans la course fédérale contournent la demande du premier ministre québécois François Legault en utilisant la langue de bois.

Je veux entendre dire par chacun des gens qui aspirent à être premier ministre que leur gouvernement éventuel ne participera pas ni directement, ni indirectement, ni financièrement à une contestation de la Loi. Je veux aussi entendre dire clairement que l'argent des contribuables québécois ne sera pas utilisé pour une contestation de la loi 21, a-t-il déclaré.

M. Blanchet reproche entre autres au chef libéral Justin Trudeau d'avoir laissé entendre qu'il pourrait intervenir éventuellement, en déclarant qu'il ne contestera pas pour l'instant la loi 21. Il critique également les chefs qui disent d'un côté qu'ils respectent la compétence du Québec tout en martelant de l'autre qu'ils s'opposent au principe de la loi québécoise.

Ce n'est pas crédible de dire : "On va respecter la juridiction des Québécois, mais on haït ça cette patente-là, mais on va respecter la juridiction du Québec là-dessus". Il y a une manière de le prouver. Engagez-vous. Sans équivoque. À ce que l'argent de l'État ne serve pas à contester la loi 21.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Cela signifie, selon lui, de s'assurer que si le gouvernement soutient financièrement des organisations, celles-ci ne se serviront pas de cet argent pour aller contester la loi québécoise.

Yves-François Blanchet demande aussi à ses homologues de s'engager à mettre fin à la prière quotidienne à la Chambre des communes.

Si le Canada veut être crédible comme État laïc, il doit renoncer à la prière, estime-t-il.

Services à visage découvert

Plus tôt en matinée, le Bloc s'était engagé à déposer un projet de loi pour que le vote et les services publics fédéraux soient offerts et reçus à visage découvert.

À Drummondville, M. Blanchet a déclaré que recevoir des services, prêter serment et voter à visage découvert constituent des enjeux de sécurité et de rigueur dans la prestation de services par l'État.

Nous croyons, au Québec, que le principe de laïcité de l'État autorise les pouvoirs publics à exiger que ces gestes soient posés et ces services reçus à visage découvert. L'obligation de se découvrir le visage n'est pas liée en soi à la religion du citoyen. En outre, rien ne justifie que ce soit différent lorsque les Québécois et les Québécoises reçoivent des services du gouvernement fédéral, a indiqué M. Blanchet.

En mêlée de presse jeudi à Campbell River, en Colombie-Britannique, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh s'est fermement opposé à cette proposition, accusant le Bloc de vouloir créer une chicane.

Le Bloc a eu quatre ans, et ils n’ont pas proposé ce projet de loi à la Chambre des communes. Il le fait maintenant pendant la campagne électorale seulement dans le but de créer une chicane. Il veut diviser la population. C’est seulement le but du Bloc et ça montre qu’il ne peut pas travailler avec le reste du Canada, a soutenu M. Singh.

À l'heure actuelle, lorsqu'un individu se présente à un bureau de scrutin avec le visage couvert, il peut tout simplement faire une déclaration solennelle selon laquelle il est habilité à voter. Par ailleurs, lors de l'identification, Élections Canada n'exige pas de pièce d'identité avec photo. Le Bloc s'est engagé à modifier la Loi électorale du Canada de manière à rendre obligatoire l'identification à visage découvert et la présentation d'au moins une pièce d'identité avec photo.

Selon le chef Blanchet, ces exigences sont raisonnables et sécuritaires et correspondent aux valeurs des Québécoises et des Québécois.

Notre dossier Élections Canada 2019

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Politique fédérale

Politique