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10 000 enseignants en moins à cause des coupes de Doug Ford

Un enseignant est assis sur son bureau et montre des choses au tableau. Des élèves sont assis en classe et écoutent.

L'augmentation de la taille des classes en Ontario mènera à l'élimination de 10 000 postes d'enseignants d'ici 2023-2024, selon un nouveau rapport.

Photo : iStock / skynesher

Radio-Canada

Un nouveau rapport indépendant brosse un tableau beaucoup plus sombre que ce que laissait entendre le gouvernement de Doug Ford au sujet de l'impact des coupes provinciales sur les postes d'enseignants.

Selon le rapport du Bureau de la responsabilité financière de l'Ontario (BRF), le nombre d'enseignants en Ontario chutera de 10 054 d'ici 2023-2024 comparativement à ce qu'il aurait été, n'eût été la décision du gouvernement d'augmenter la taille des classes. Le BRF précise que sur ce nombre, environ 7000 postes d'enseignants seront éliminés par attrition, les 3000 restants étant des postes qui auraient été créés si la taille des classes était restée inchangée.

Le ratio d'élèves par classe au secondaire passera de 22 à 28 en moyenne, alors qu'il augmentera de 23 à 24, de la 4e à la 8e année.

Le printemps dernier, le gouvernement indiquait qu'environ 3500 postes seraient abolis en quatre ans, en raison de cette augmentation de la taille des classes pour des raisons d'économie budgétaire.

La différence entre ces deux projections : la province tient compte uniquement du nombre de postes éliminés durant cette période, alors que le BRF calcule aussi le nombre d'enseignants qui auraient été ajoutés dans les écoles avec la croissance de la population scolaire, si le ratio d'élèves n'avait pas changé.

Peter Weltman en conférence de presse.

Le directeur de la responsabilité financière de l'Ontario, Peter Weltman.

Photo : Radio-Canada / Michel Bolduc

Selon le directeur de la responsabilité financière Peter Weltman, les deux approches sont bonnes.

Il ajoute que les conservateurs ont investi suffisamment de fonds pour qu'aucun enseignant ne perde son emploi dans la transition, les coupes de postes étant plutôt réalisées grâce à l'attrition, comme promis par le gouvernement.

Le rapport ne précise pas combien il y aura de postes en moins dans les écoles françaises comparativement aux établissements anglophones.

Réactions

La députée néo-démocrate Marit Stiles affirme que l'analyse du BRF « confirme » ses appréhensions selon lesquelles les compressions du gouvernement Ford auront un effet « dévastateur ».

C'est une réduction massive du côté des enseignants, dit-elle.

Pour sa part, le candidat à la chefferie des libéraux Steven Del Duca accuse Doug Ford d'avoir « menti » aux Ontariens. On a maintenant les faits et Ford a menti. Il va faire disparaître 10 000 enseignants des classes en Ontario, lance-t-il.

Le ministre de l'Éducation, Stephen Lecce, répond ceci : [Le rapport du BRF] confirme ce qu'on a toujours dit, soit qu'aucun enseignant ne perdra son emploi en raison de notre politique sur la taille des classes. Le plan de notre gouvernement fonctionne.

Rémi Sabourin en entrevue à la télé.

Le président de l'AEFO, Rémi Sabourin.

Photo : Radio-Canada

Le président de l'Association des enseignants franco-ontariens (AEFO), Rémi Sabourin, estime que pour les écoles françaises, il pourrait y avoir d'ici quatre ans 1000 enseignants de moins que cela aurait été le cas si la taille des classes n'avait pas été changée.

Du côté francophone, ça pourrait être encore plus néfaste du fait que déjà l'offre de cours est beaucoup moindre que du côté anglophone.

Rémi Sabourin, président de l'AEFO

Il craint ainsi qu'encore plus d'élèves francophones se tournent vers des écoles anglaises au secondaire.

En pleines négociations contractuelles

Le rapport du BRF est dévoilé alors que les syndicats des enseignants et des employés de soutien dans les écoles sont en pleines négociations avec le gouvernement pour le renouvellement des conventions collectives.

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente 55 000 concierges, employés de bureau et aides-éducateurs, menace de déclencher une grève du zèle dès lundi, si une entente de principe n'est pas conclue d'ici là.

M. Weltman dit avoir consulté un avocat concernant le « timing » du dépôt de son rapport, mais a conclu que « rien dans l'intérêt public » ne justifiait de retarder la publication de cette analyse commandée par les députés.

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Toronto

Éducation