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L’industrie des pêches ressent les effets du changement climatique

Des bateaux de pêche au homard prennent le large à l'aube.

L'industrie lucrative de la pêche au homard ressent de plusieurs façons les effets du changement climatique.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada

Trois générations de pêcheurs disent que bien des choses ont changé dans les eaux des provinces de l’Atlantique ces dernières années.

Il y a maintenant moins de glace au printemps et de nouvelles espèces marines arrivent dans la région au fur et à mesure que l’océan se réchauffe.

L’industrie des pêches est très exposée aux changements, affirme Gordon Beaton, un pêcheur de Ballantynes Cove en Nouvelle-Écosse. Si la hausse de la température tue les océans, dit-il, les pêcheurs seront les premiers à le savoir, ajoute son père, Stuart Beaton.

Victimes du réchauffement, les océans et les zones gelées dépérissent rapidement, ce qui menace des pans entiers de l'humanité, conclut un groupe d’experts de l’ONU, qui a présenté son rapport cette semaine.

Les océans se réchauffent, ils s’acidifient et deviennent moins productifs pour l’humanité. Cette dernière doit réduire au plus vite ses émissions de CO2 pour limiter les dégâts, recommande le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

Le changement climatique a des répercussions sur la pêche au homard dans les Maritimes.

Stuart Beaton, 73 ans, a exercé la pêche au homard pendant 19 ans durant les décennies 1970 et 1980. Il estime que durant toutes ces années, la présence de la banquise au printemps a retardé l’ouverture de la pêche au moins 13 fois, parfois pendant 20 jours.

Mais son petit-fils, Dylan Beaton, 27 ans, également pêcheur de homard, dit n’avoir connu ce genre de situation qu’environ deux fois durant les sept dernières années. La banquise a l’air moins épaisse qu’auparavant, juge-t-il.

Le réchauffement des océans entraîne le déplacement d’espèces marines. Personne ne connaissait le bar rayé en 1971, mais cette espèce est maintenant répandue dans la région, indique Stuart Beaton.

Les trois hommes debout sur un quai devant des bateaux de pêche au homard.

Les pêcheurs Dylan Beaton, Gordon Beaton et Stuart Beaton témoignent de changements survenus dans les eaux des Maritimes ces dernières années.

Photo : CBC/Eric Woolliscroft

Le GIEC a produit son rapport en se basant sur des milliers d’études scientifiques, y compris des travaux d’un professeur de biologie marine à l’Université Dalhousie, Boris Worm.

Si le monde continue d’agir comme il le fait à l’heure actuelle, la vie marine va diminuer de 17 % d’ici la fin du siècle, estime le professeur Worm.

La Nouvelle-Écosse, explique-t-il par exemple, voit les eaux monter plus haut qu’en moyenne, mais le réchauffement peut bénéficier à certaines espèces qui font l’objet d’une pêche, dont le homard.

Le homard se sent bien dans les eaux à leur température actuelle, ce qui explique les prises abondantes des dernières années, souligne-t-il.

Mais il ne faut pas s’en réjouir trop vite, recommande le professeur, car le réchauffement de l’océan entraîne le déplacement du homard de la Nouvelle-Angleterre vers les eaux canadiennes. Si les eaux des provinces de l’Atlantique deviennent à leur tour trop chaudes pour le homard, le stock risque de diminuer au point de rendre impossible une pêche à grande échelle.

Boris Worm en entrevue devant la mer.

Professeur de biologie marine à l’Université Dalhousie, Boris Worm étudie les effets du changement climatique, particulièrement dans le contexte des pêches.

Photo : CBC/Eric Woolliscroft

La Nouvelle-Écosse a exporté du homard d’une valeur de 947 millions de dollars en 2017. Le homard constitue la moitié des exportations de produits marins de la province.

Le hareng et le maquereau, que les pêcheurs de homard utilisent comme appâts, connaissent un déclin dans la région depuis quelques décennies à cause de la surpêche et du changement climatique, ajoute Boris Worm.

Le déclin de ces espèces fait monter leur prix, rappelle Gordon Beaton. Il craint des conséquences importantes dans la chaîne alimentaire si elles finissent par disparaître.

Le malheur des uns fera-t-il le bonheur des autres?

Si les eaux côtières de Terre-Neuve se réchauffent de 1 ou 2 degrés en moyenne, le homard des Maritimes pourrait s’y déplacer. L’avenir de la pêche au homard pourrait être à Terre-Neuve, ajoute M. Beaton.

Il dit croire qu'en matière de changement climatique, la planète sera la grande perdante d’une manière ou d’une autre.

Le niveau de la mer a augmenté globalement d’environ 15 cm durant le 20e siècle, et le rythme qui est de 3,6 mm de plus par année s’accélère, selon le GIEC.

Avec les renseignements d'Aly Thomson et de Kayla Hounsell, de CBC

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