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  • Archives
  • Le train du Nord, au cœur du développement des Laurentides

    Voyageurs qui sortent sur le quai du train du Nord à la gare de Sainte-Agathe-des-Monts

    Dernière excursion du "p'tit train du Nord" à la gare de Sainte-Agathe des-Monts le 20 mars 1978.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Félix Leclerc chantait « le train du Nord a perdu le nord ». Nos archives témoignent de cette perte, des efforts faits pour sauver le « p'tit train du Nord » et de la revalorisation de sa voie ferrée qui abrite aujourd'hui le plus grand parc linéaire au Canada.

    Le train du Nord ouvrait ce pays de lacs, de forêts et de montagnes à la colonisation et subséquemment au développement industriel, touristique et de villégiature. Il a indéniablement une grande valeur patrimoniale.

    Doris Vassilov, journaliste

    Permettre le développement économique du Nord

    Dans son effort pour coloniser les « pays d’en haut », le curé Labelle fait des pressions sur le gouvernement afin que ce dernier développe le chemin de fer du train du Nord. Ce moyen de transport visait à rejoindre les colons isolés par les rudes hivers des villages laurentiens.

    Le premier tronçon qui reliait la gare Jean-Talon à Montréal à la gare de Saint-Jérôme fut inauguré en 1876. La seconde partie entre Saint-Jérôme et Mont-Laurier est construite par la compagnie ferroviaire du Canadien Pacifique (CP) entre 1891 et 1909.

    Plus tard vers 1920, le train contribuera à amener les nombreux skieurs vers les montagnes de la région des Laurentides.

    Vinrent ensuite les développements de la route 117 dès les années 1940 et de l’autoroute des Laurentides dans les années 1960, qui sonnèrent le glas du « p'tit train du Nord » pour les passagers.

    On utilisa la ligne jusqu’en 1989 pour le transport des marchandises.

    Les vains efforts pour faire revivre le train du Nord

    Le 20 mars 1978 au Téléjournal, le journaliste Jean-Maurice Laporte assiste aux efforts du conseil régional de développement des Laurentides (CRDL) et de l’association touristique des Laurentides (ATL) qui tentent de convaincre le Canadien Pacifique que le train du Nord est viable.

    Ce soir, 20 mars 1978

    Des musiciens et des amuseurs mettent de l’ambiance dans cette dernière excursion du dimanche vers Sainte-Agathe.

    Le but de cette expérience-là c’était de prouver au Canadien Pacifique qu’il y avait un gros potentiel. […] On a nolisé 10 trains qui ont fait l’aller-retour Montréal-Labelle et Montréal-Sainte-Agathe, les dimanches; des skieurs, des raquetteurs, des amateurs de luge.

    Serge Boucher, Directeur général du CRDL

    Malgré la réussite de l’événement, le Canadien Pacifique restera sur ses positions.

    Ce soir, 9 novembre 1981

    Dans l'émission Ce soir du 9 novembre 1981, Gilles Sirois présente un reportage sur la dernière liaison de passagers entre Mont-Laurier et Nominingue.

    Des centaines de personnes se retrouvent à Mont-Laurier pour voir partir le dernier convoi.

    À la suite des compressions budgétaires d'une centaine de millions de dollars, Via Rail se voit contrainte d'éliminer certains trajets moins achalandés. Il faut dire que la ligne entre Montréal et Mont-Laurier accumule des déficits annuels de 500 000 $. Il ne restait qu'une seule liaison par semaine, qui comptait de moins en moins de wagons.

    La revitalisation de la voie ferrée en parc linéaire

    À l'émission Édition magazine du 5 août 1992, la journaliste Doris Vasilov explique que le gouvernement du Québec est en pourparlers avec le Canadien Pacifique, car il souhaite créer un parc de 200 kilomètres sur l’ancienne voie ferrée du « p’tit train du Nord ».

    Édition magazine, 5 août 1992

    La coalition des 28 municipalités qui longent la voie ferrée et les organismes de loisirs et de tourisme sont déjà vendus à l’idée.

    On peut se dire que le p’tit train du Nord, par le cyclisme, par le ski de fond ou la motoneige dans le Nord, redeviendra un axe majeur de développement économique.

    Ellie Fallu, porte-parole du Fer au Vert

    Certains propriétaires s’opposent au projet, car il porterait atteinte à leur vie privée. C’est le cas des résidents de la région du lac Mercier, qui au fil des ans, se sont appropriés les terrains du CP.

    Pour nous, c’est notre intimité qu’on perd. Y’a des gens qui circulent à toute heure du jour et de la nuit. L’hiver c’est utilisé surtout par les motoneiges, pis des motoneiges par centaines.

    Yves Gravel, Association du lac Mercier

    Monsieur Gravel souhaiterait que le chemin emprunte une voie de contournement.

    Montréal Ce soir, 1er juillet 1996

    Le 1er juillet 1996, Gilles Sirois présente un reportage à l'émission Ce soir qui fait état de la popularité du parc linéaire Le P’tit Train du Nord lors de la première saison.

    La piste traverse 26 municipalités et permet sur une distance de plus de 200 km de découvrir les paysages pittoresques des Laurentides. Les cyclistes sont enthousiasmés.

    L’air est bon, la piste est belle, j’ai aimé ça!

    Cycliste

    Nous on le fait par tronçons, y’a beaucoup de points d’arrivée et beaucoup de points de départ, ça nous permet de faire des bonnes distances en famille, c’est très agréable.

    Cycliste

    Certaines gares ont été restaurées, elles servent maintenant de haltes. On y trouve tous les services.

    Pas de doute le « p’tit train du Nord » a retrouvé le nord.

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