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L'ancien président français Jacques Chirac est mort

En 2002, Jacques Chirac a été réélu président de la République avec plus de 80 % des suffrages, face à Jean-Marie Le Pen, chef du Front national.

Photo : AFP/Getty Images / PATRICK KOVARIK

Radio-Canada

Jacques Chirac, qui a présidé la France de 1995 à 2007, est décédé jeudi matin à l'âge de 86 ans, a annoncé sa famille.

« Le président Jacques Chirac s'est éteint ce matin au milieu des siens. Paisiblement », a déclaré à l'AFP Frédéric Salat-Baroux, époux de Claude Chirac, la fille de l'ancien président.

Victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC) en septembre 2005, Jacques Chirac était très affaibli depuis ces dernières années.

Il a été président de la République durant 12 ans, de 1995 à 2007, après avoir remporté l'élection présidentielle face au socialiste Lionel Jospin puis face à Jean-Marie Le Pen du Front national.

Il a également été deux fois premier ministre : sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing (1974-1976), puis du socialiste François Mitterand (1986-1988).

Jacques Chirac et François Mitterrand.

Dans les années 1980, Jacques Chirac se voit barrer la route de l'Élysée à deux reprises par le socialiste François Mitterrand.

Photo : AFP/Getty Images / DANIEL JANIN

Le président Emmanuel Macron fera une allocution à 14 h (HAE).

« C’est un monument de la politique française. Je l’ai connu pour la première fois en 2003 », se souvient l'ancien premier ministre du Québec, Jean Charest, lors d'une entrevue à RDI Matin.

Réactions de tous les horizons

Le premier ministre du Québec, François Legault, a salué la mémoire de Jacques Chirac en rappelant que dans chacune de ses fonctions, il aura été un ami du Québec.

Dans un communiqué émouvant, l’ancien président français, François Hollande, rapporte que le 5e président de la Ve République a lutté jusqu’à ses dernières forces contre une maladie qui l’avait durement […] éprouvé, mais qu’il avait affrontée avec courage et dignité.

Il y vante son esprit combatif, sa générosité et son attachement « à l’indépendance nationale ».

Les Français, quelles que soient leurs convictions, perdent aujourd’hui un homme d’État, mais aussi un ami, dit-il encore.

Sur Twitter, Jean-Luc Mélenchon, député de Marseille et chef de file de La France insoumise, a indiqué que « L'Histoire de France tourne une page. Recevons la tristesse, car elle a ses raisons. Il aimait la France mieux que d'autres depuis. Et pour cette part-là, nous lui sommes reconnaissants. »

Le premier ministre britannique Boris Johnson a tenu à rendre hommage à l'ancien président français, en qui il voit un formidable dirigeant politique qui a façonné le destin de la France, dans un message publié sur Twitter.

Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Antonio Guterres, a déclaré sur Twitter que Jacques Chirac a été vraiment un pionnier de la lutte contre le changement climatique.

L’ancien premier ministre socialiste Lionel Jospin a affirmé sur France Inter qu’il a eu le privilège de gouverner la France sous sa présidence, de 1997 à 2002. Il affirme qu’ils ont veillé tous deux à ce que la France parle constamment d’une seule voix et soit respectée sur la scène internationale.

Son successeur au poste de premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, s’est dit « très peiné » sur Twitter. Il rappelle qu’il avait construit avec lui une relation de confiance et d’affection. Il m’a beaucoup donné, son attachement à la cohésion sociale, son goût de la Chine… Ma gratitude est immense, a-t-il conclu.

Quant à Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national (anciennement Front national), elle retient que « malgré toutes les divergences que l’on pouvait avoir avec Jacques Chirac, il aura été un grand amoureux de l’outre-mer et le président capable de s’opposer à la folie de la guerre en Irak, renouant avec la traditionnelle position d’équilibre et de diplomatie de la France. »

Le maire de Paris et président du RPR Jacques Chirac, une cigarette aux lèvres, s'entretient le 24 mars 1981 à Paris, lors d'un dîner, avec Nicolas Sarkozy, alors âgé de 26 ans, membre du comité central du RPR (1979), chargé de la jeunesse.

Jacques Chirac apporta son soutien à Nicolas Sarkozy en 2007, même s'il ne le portait pas particulièrement dans son cœur.

Photo : AFP/Getty Images / GEORGES BENDRIHEM

Moments phares et déboires

Sous sa présidence, la France a adhéré à la monnaie européenne et a aboli le service militaire. Jacques Chirac s’est également opposé à l’invasion de l’Irak par les États-Unis en 2003. « Il avait été très courageux et très ferme là-dessus », précise M. Charest.

Lors d’un discours au Vélodrome d’hiver en 1995, l’ancien président a reconnu pour la première fois la responsabilité de l’État français dans la déportation des juifs de France vers des camps nazis, notamment lors de la rafle du Vél’d’hiv en 1942.

La page chiraquienne se tourne en 2007, lorsqu'il apporte « tout naturellement » son soutien à Nicolas Sarkozy, un homme qu'il ne porte pourtant pas dans son cœur. Cinq ans plus tard, il se déclarera favorable à la candidature du socialiste François Hollande contre M. Sarkozy.

Par ailleurs, Jacques Chirac n'a jamais caché ses sympathies pour le mouvement souverainiste québécois. Alors qu'il venait d'être élu maire de Paris, il accueillait le ministre des Affaires gouvernementales du gouvernement péquiste, Claude Morin.

Vous avez mes vœux sincères et fraternels de réussite complète. C'est de cœur et d'esprit que nous vous souhaitons le succès de votre entreprise d'indépendance tranquille que vous avez définie dans le cadre d'une association économique indispensable dans ce monde moderne.

Jacques Chirac, alors qu'il était maire de Paris

Après son retrait de la scène politique, les scandales l'ont rattrapé. En 2011, il a été condamné à deux ans de prison avec sursis pour avoir donné des emplois de complaisance à la Ville de Paris quand il était maire de la capitale.

Malgré tout, il est resté l’une des personnalités politiques préférées des Français.

Figure de la droite française, il a été membre de l'Union des démocrates pour la République (UDR) avant de fonder le Rassemblement pour la République (RPR) en 1976. Ce parti, se réclamant du gaullisme, a par la suite été absorbé par l'Union pour un mouvement populaire (UMP) en 2002.

Comme tous les chefs d'État, il a été membre du Conseil constitutionnel, qui se prononce sur la conformité des lois à la Constitution, jusqu'en 2010.

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