•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La spéculation immobilière dans la ligne de mire du NPD

Le chef Jagmeet Singh entouré de candidats et de partisans.

Lors de son passage en Colombie-Britannique, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a abordé la crise immobilière et la crise des opioïdes, deux enjeux particulièrement importants dans la province.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Daniel Blanchette Pelletier

Pour contrer la spéculation immobilière qui freine l’accès à la propriété, un éventuel gouvernement du Nouveau Parti démocratique imposerait une taxe nationale de 15 % aux acheteurs étrangers et mettrait sur pied une unité spéciale de lutte contre le blanchiment d’argent.

De passage en Colombie-Britannique, où les prix pour acquérir une propriété ont atteint des sommets, notamment à Vancouver et à Victoria, le chef du NPD, Jagmeet Singh, a confirmé s’inspirer des efforts de la province relativement au plan que met de l’avant son parti.

Nous allons imposer une taxe de 15 % aux acheteurs étrangers pour que les investissements immobiliers servent à se loger et non à spéculer.

Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique

Le gouvernement de la Colombie-Britannique a vraiment fait un travail acharné. Ils ont vraiment réussi à prendre les premiers pas, et c'est formidable, a-t-il affirmé.

La Colombie-Britannique a instauré une taxe foncière de 15 % visant les acheteurs immobiliers étrangers, qui a rapporté 115 millions de dollars à la province au cours des cinq premiers mois de son entrée en vigueur.

Jagmeet Singh craint toutefois que le problème que combat la Colombie-Britannique avec succès ne fasse que se déplacer d’une province à l’autre.

La taxe nationale de 15 % qu’il propose serait imposée aux acheteurs qui ne sont ni citoyens canadiens ni résidents permanents, et s’additionnerait aux taxes provinciales existantes. Outre la Colombie-Britannique, l’Ontario a aussi mis en place une taxe foncière de 15 %.

Cette taxe permettrait au fédéral, selon l’évaluation du parti, d’encaisser environ 320 millions de dollars dès la première année de son implantation.

Le chef néo-démocrate entend aussi s’attaquer au blanchiment d’argent, intimement lié, a-t-il rappelé, à la spéculation immobilière.

Jagmeet Singh s’appuie sur le rapport d’un groupe d’experts britanno-colombiens qui établit que le blanchiment d’argent dans l’immobilier, chiffré à 5,3 milliards de dollars, a causé la hausse de 5 % du prix du logement dans la province.

C'est un enjeu où il est vraiment important d'avoir une approche nationale, parce que le blanchiment d'argent touche toutes les provinces, a-t-il insisté.

Interrogé sur l’impact qu’aurait cette mesure sur les municipalités, qui tirent profit des transactions du marché immobilier, le chef néo-démocrate en a minimisé les conséquences.

Je pense que ça va avoir un impact seulement sur la spéculation, pas sur l’achat et la vente de maison. Le but, c’est vraiment de décourager les gens de seulement utiliser le logement au Canada comme une bourse, a assuré Jagmeet Singh après une rencontre avec le maire de Vancouver, Kennedy Stewart.

Notre dossier Élections Canada 2019

Une unité spéciale à la GRC

Pour s’attaquer au blanchiment d’argent, le NPD mettrait sur pied une unité spéciale à la Gendarmerie royale du Canada, dotée d’une enveloppe de 20 millions de dollars par année.

La moitié de cette somme irait directement aux actions déployées en Colombie-Britannique, où aucun agent fédéral [n’est] chargé d’enquêter sur le blanchiment d’argent, note le parti.

Le chef néo-démocrate n’a toutefois pas été en mesure de dire d’où proviendrait cet argent, se contentant de décocher une flèche à son adversaire libéral en affirmant qu’il n’aurait pas acheté, notamment, un pipeline à 4,5 milliards de dollars. Jagmeet Singh a aussi indiqué que l’argent permettrait l’embauche de personnel, qui est plus que nécessaire à la GRC, a tenu à lui rappeler une journaliste.

Encore une fois inspiré par la Colombie-Britannique, le NPD propose en outre la mise en place d’un registre national des propriétaires véritables, pour éviter que des criminels se cachent derrière des compagnies à numéro, a insisté son chef en point de presse.

Nous allons empêcher les criminels de cacher de l’argent sale dans l’immobilier, et nous nous assurerons que les compagnies ne puissent plus acheter des [immeubles] de manière anonyme.

Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique

De retour à la maison, le chef néo-démocrate, qui tente d’être réélu dans la circonscription de Burnaby-Sud, en Colombie-Britannique, en a profité pour s’attaquer à son homologue libéral Justin Trudeau, impopulaire dans cette province de l’Ouest.

Le NPD a d’ailleurs dévoilé mercredi trois publicités négatives qui le mettent en scène.

Des citoyens racontent leurs problèmes – coûts des soins dentaires, dettes d’études et attente à l’urgence – à un Justin Trudeau de dos qui les écoute d’une oreille pendant qu’il rédige un message texte à des représentants d’entreprises, comme des pharmaceutiques et SNC-Lavalin.

Il s’agit de la deuxième série de publicités néo-démocrates en anglais à tenter de discréditer Justin Trudeau depuis le début de la campagne électorale.

Des publicités, en français et destinées au marché québécois, sont en préparation et devraient être diffusées la semaine prochaine, selon nos informations, après celle dans laquelle Jagmeet Singh enlève son turban.

338 candidats

Le NPD a affirmé mercredi soir avoir trouvé ses candidats dans les 338 circonscriptions du pays, aux profils variés, comme le voulait le parti :

  • 166 femmes (49 %)
  • 80 personnes issues de minorités visibles (24 %)
  • 40 personnes issues de la communauté LGBTQ2+ (12 %)
  • 39 jeunes de 25 ans et moins (12 %)
  • 27 Autochtones (8 %)
  • 17 personnes vivant avec un handicap (5 %)

Marquer la différence

Jagmeet Singh sourit en serrant la main de Peter Julian au milieu d'autres candidats du parti.

Jagmeet Singh a rigolé avec le député sortant de New Westminster-Burnaby, Peter Julian, en marge de la conférence de presse où il a dévoilé ses engagements pour la Colombie-Britannique, mercredi, à Vancouver.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Le Nouveau parti démocratique mise sur l’impopularité de Justin Trudeau en Colombie-Britannique, où l'opposition à l’achat et à l’expansion du pipeline Trans Mountain est grande.

Justin Trudeau a préféré dépenser 4,5 milliards de dollars de leur argent dans un oléoduc, a-t-il martelé, insistant sur le fait que le gouvernement libéral n’avait rien fait pour contrer la spéculation immobilière et le blanchiment d’argent.

Le Parti libéral s'engage à instaurer une modestetaxe annuelle de 1 % sur les logements inoccupés. Jagmeet Singh s’est aussi dit d'accord avec la promesse du Parti conservateur de mener une enquête sur le blanchiment d’argent dans le secteur immobilier.

Alors que le Parti vert espère faire des gains en Colombie-Britannique, où il comptait ses deux seuls députés à la dissolution de la Chambre, le NPD a tenu à prendre ses distances avec la formation environnementale.

Le chef néo-démocrate a rejeté les comparaisons entre les deux partis, et n’a pas lésiné sur les attaques. À son avis, les verts n'ont pas de position solide pour assurer l'unité nationale et ils ont une position floue sur l'avortement.

[Le Parti vert] dit être ouvert à travailler avec un gouvernement conservateur qui a clairement dit qu’ils allaient couper les services aux familles.

Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique

Le parti d'Elizabeth May a présenté mercredi matin une version chiffrée de sa plateforme électorale et en conclut qu'un gouvernement vert arriverait à un budget équilibré en cinq ans. M. Singh estime que le plan de ses adversaires n'est pas crédible.

Il s’est présenté comme le seul parti à travailler pour Monsieur et Madame Tout-le-Monde, en insistant sur des mesures comme la réduction du coût des factures de téléphone cellulaire, des soins dentaires et une couverture universelle des médicaments d’ordonnance.

Jagmeet Singh a également répété qu'il ne se bat pas pour la troisième position, mais bien pour former le prochain gouvernement du Canada.

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Politique fédérale

Politique