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Trump a bel et bien demandé au président ukrainien d'enquêter sur Biden

Trump qui parle au téléphone.

La procédure de destitution fait suite à une conversation téléphonique controversée survenue en juillet entre Donald Trump et le président de l’Ukraine Volodymyr Zelensky.

Photo : AFP/Getty Images / SAUL LOEB

Radio-Canada

Donald Trump a bien demandé au président ukrainien d’enquêter pour savoir si l'ancien vice-président Joe Biden avait mis fin à une enquête sur une entreprise dans laquelle son fils a travaillé. Le président américain nie cependant avoir ainsi exercé de la pression sur son homologue.

On parle beaucoup du fils de Biden, du fait que Biden a arrêté la procédure et beaucoup de gens veulent en savoir plus. Donc, quoi que vous puissiez faire avec le procureur général [des États-Unis], ce serait parfait, a dit Trump lors d’un appel téléphonique passé le 25 juillet, selon un document de cinq pages rendu public par la Maison-Blanche mercredi.

Le compte rendu de la conversation téléphonique n’est cependant pas une retranscription intégrale de la conversation. Il contient plutôt une mise en garde soulignant que le texte reflète les notes et les souvenirs des fonctionnaires présents dans la salle et qu'un certain nombre de facteurs peuvent altérer l'exactitude du dossier.

Ainsi, selon le compte rendu, Donald Trump aurait aussi dit au président Volodymyr Zelensky que Biden se vantait d'avoir arrêté l'accusation, donc si vous pouvez y jeter un coup d’œil... Ça me semble horrible .

Zelensky répond alors : Mon candidat [pour le poste de procureur] examinera la situation, en particulier la société que vous avez mentionnée.

Procédure de destitution : Trump nie toute pression

Hunter Biden, fils d'un des favoris à la primaire démocrate pour 2020, a été membre de 2014 à 2019 du comité de surveillance du groupe gazier ukrainien Burisma, un temps visé par une enquête pour corruption. Lui-même n'a toutefois jamais été inquiété.

Donald Trump accuse Joe Biden d'avoir réclamé en 2015 le limogeage du procureur général ukrainien pour protéger les intérêts de son fils.

Alors vice-président de Barack Obama, le démocrate avait bien exigé le départ de ce procureur, mais dans le cadre d'une campagne de lutte contre la corruption menée avec les Européens et les organisations internationales qui militaient également pour le départ de ce responsable accusé d'entraver les réformes.

D'autres demandes

L'appel commence par Trump félicitant Volodymyr Zelensky pour sa victoire électorale.

Il dévie toutefois rapidement, alors que Donald Trump rappelle à M. Zelensky que les États-Unis ont aidé l'Ukraine, ce à quoi le président ukrainien répond qu'il est « 1000 % » d'accord et qu'il apprécie les dures sanctions imposées à la Russie.

Trump réclame alors un service au président ukrainien, parce que notre pays a traversé beaucoup de choses et que l'Ukraine en sait beaucoup à ce sujet.

Il demande en fait l'aide de l'Ukraine pour trouver le serveur du Comité national démocrate qui, selon les responsables américains, a été piraté par les services de renseignement russes à l'approche des élections de 2016.

J'aimerais que le procureur général vous appelle, et que vous alliez au fond des choses, ajoute M. Trump.

De son côté, Volodimir Zelensky affirme au président américain qu'il a eu l'occasion d'apprendre de lui. Nous avons utilisé pas mal de vos talents et de votre savoir, et nous avons pu en faire un exemple pour nos élections, dit-il.

Il prend aussi soin de mentionner qu'il a déjà passé du temps dans la Trump Tower de New York.

Pour sa part, Donald Trump lui répond que dès que vous aurez envie de venir à la Maison-Blanche, n'hésitez pas à appeler. Donnez-nous une date et on s'arrangera. J'ai hâte de vous voir.

Donald Trump estime cependant n’avoir exercé alors aucune pression sur le président ukrainien, affirmation réitérée d’ailleurs peu après la publication du document.

C'est probablement la plus grande chasse aux sorcières de l'histoire américaine [...] C'est une honte.

Donald Trump

Cette conversation est la raison de la plainte déposée à la mi-août par un lanceur d'alerte. Cette plainte se trouve aussi au cœur du processus de destitution enclenché mardi par la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi.

La publication du compte rendu de la conversation téléphonique mercredi semble avoir conforté Mme Pelosi dans sa démarche.

La publication des notes de l'appel de la Maison-Blanche confirme que le président a eu un comportement qui porte atteinte à l'intégrité de nos élections, à la dignité de la fonction qu'il occupe et à notre sécurité nationale. [...] Ce n'est pas son travail d'utiliser l'argent des contribuables [...] au profit de sa campagne. Soit le président ne connaît pas le poids de ses paroles, soit il se fiche de l'éthique ou de ses responsabilités constitutionnelles, a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Donald Trump a fait pression sur l'Ukraine pour qu'elle dénigre sans fondement un adversaire politique, a pour sa part déclaré Joe Biden sur Twitter mercredi soir. Dénonçant un abus de pouvoir qui violait le serment de fonction du président et minait la démocratie américaine, il a demandé au Congrès de tenir [Donald Trump] responsable de ses actes.

Avec les informations de Washington Post, et AFP

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