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Scheer et Trudeau veulent encourager les Canadiens à rendre leur maison écoénergétique

Le reportage de Louis Blouin

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Valérie Boisclair

En cette semaine du climat, les chefs conservateurs et libéraux ont tous deux annoncé mercredi des mesures pour venir en aide aux Canadiens qui souhaitent augmenter l’efficacité énergétique de leur demeure – l’occasion de rappeler que leur vis-à-vis n’a pas ce qu’il faut pour lutter contre les changements climatiques.

Andrew Scheer souhaite que les Canadiens entreprennent des rénovations vertes « plus rapidement ». Pour les encourager, le chef du Parti conservateur mise sur un crédit d’impôt pour les habitations écoresponsables qui rembourserait 20 % des travaux de plus de 1000 $, jusqu’à concurrence de 20 000 $.

Cette mesure, qui durerait deux ans, permettrait aux Canadiens de réaliser des économies pouvant aller jusqu’à 3800 $ par année, a assuré M. Scheer, qui faisait campagne mercredi matin à Saguenay.

Les propriétaires qui pourront en bénéficier sont ceux qui souhaitent, par exemple, revoir l’isolation de leur demeure, investir dans une chaudière à forte efficacité énergétique, remplacer leurs portes et fenêtres par des modèles plus écoénergétiques, améliorer leur système de ventilation, de chauffage et de refroidissement ou encore installer des panneaux solaires, détaille le parti dans sa plateforme.

Selon le Directeur parlementaire du budget, l'instauration du crédit d'impôt des conservateurs est chiffrée à 1,8 milliard de dollars pour les années d'imposition 2020 et 2021.

Le Parti conservateur propose également d’élaborer un code de rénovation des habitations écoresponsables, qui pourra servir de guide pour ceux qui souhaiteront augmenter l’efficacité écoénergétique de leur logement.

Le chef conservateur a tenu à rappeler que son parti est le seul à présenter « un vrai plan pour protéger notre environnement ». Le crédit d'impôt proposé mercredi permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) d'environ 9 mégatonnes, a-t-il assuré.

Sachant qu'en 2017, le Canada a émis 716 mégatonnes d'équivalent en dioxyde de carbone, la proposition des conservateurs représente un modeste apport à la lutte contre les changements climatiques.

« Ce plan va permettre au Canada d’avoir les meilleures chances d'atteindre les cibles de l’Accord de Paris », a pourtant affirmé Andrew Scheer. Outre son crédit d’impôt pour les rénovations vertes, le parti promet notamment de développer les énergies propres et de créer « un environnement vert » en combattant « globalement les changements climatiques ».

Mais à ce jour, le Parti conservateur s'est fait avare de détails quant aux moyens qu'il compte mettre en place pour réduire concrètement les émissions de GES. S'il veut respecter les objectifs de l'Accord de Paris, il devra s'assurer d'atteindre un taux d’émissions de 513 mégatonnes par année d’ici 2030.

Notre dossier Élections Canada 2019

Fidèle à son habitude, le chef conservateur a pourfendu la tarification du carbone mise en place par les libéraux, qui est en vigueur au Manitoba, en Ontario, au Nouveau-Brunswick et en Saskatchewan. Cette taxe n’est pas la solution pour réduire les émissions GES, a-t-il déclaré, réitérant sa volonté de l'abolir une fois au pouvoir.

Les libéraux promettent des prêts sans intérêt

En campagne à Delta, en Colombie-Britannique, Justin Trudeau a de son côté promis de rénover 1,5 million de maisons afin de les rendre vertes, grâce à un prêt sans intérêt de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) pouvant atteindre 40 000 $.

Désormais, les gens pourront remplacer les fenêtres mal isolées ou leur vieille chaudière, et pas seulement pour rendre leur demeure plus confortable ni pour baisser leur facture mensuelle [d’électricité], mais aussi pour s’assurer que notre environnement est sain, a indiqué le chef du Parti libéral. C’est gagnant-gagnant.

Ce prêt pourrait notamment s’appliquer aux changements de portes et fenêtres, à l’installation de panneaux solaires, aux travaux d’isolation ou d'imperméabilisation du sous-sol.

Justin Trudeau fait une annonce durant un arrêt à Delta, en Colombie-Britannique. Derriere lui, des gens placés en rang l'écoutent.

Le chef libéral Justin Trudeau promet de rénover 1,5 million de maisons pour les rendre plus écoénergétiques.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

S’il est réélu, le chef libéral entend aussi accorder une subvention pouvant aller jusqu’à 5000 $ aux Canadiens qui font l’achat d’une maison certifiée zéro-émission.

Et pour s’assurer de répondre à la demande, Justin Trudeau compte investir 100 millions de dollars dans la formation de travailleurs qualifiés pour réaliser ces rénovations vertes et construire ces maisons à zéro-émission.

Selon le Parti libéral, ce programme engendrerait des coûts d'environ 370 millions de dollars en 2020-2021, pour augmenter ensuite à 432 millions en 2023-2024, dont la majeure partie seraient financés par la SCHL.

Le premier ministre sortant, qui s'est engagé la veille à atteindre la cible zéro émission nette de GES d’ici 2050, a rappelé qu’un gouvernement libéral dépasserait les cibles de l’Accord de Paris lors d’un deuxième mandat.

À l'opposé, les conservateurs ont la même approche de laisser-aller en matière d’environnement que leurs prédécesseurs sous Stephen Harper, avec un plan qui en fait moins et qui coûte plus cher, a déclaré Justin Trudeau.

Bien que le chef libéral répète que son gouvernement a permis de réduire l’équivalent des trois quarts de l’objectif de l’Accord de Paris, soit 22,5 % des 30 % visés, le Canada doit encore éliminer 79 mégatonnes d'équivalent en dioxyde de carbone.

Entre 2005 et 2017, les émissions annuelles de GES au pays avaient seulement diminué de 2 %, passant de 730 à 716 mégatonnes.

Au Canada, l’ensemble des habitations et des édifices commerciaux et institutionnels génère environ 12 % des émissions de GES. Si l’on tient compte de l’électricité que consomment ces bâtiments, le taux de ces émissions grimpe à 17 %.

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