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Steven Guilbeault défend le bilan libéral en environnement

Steven Guilbeault debout devant un micro.

En entrevue à «24/60», le candidat Steven Guilbeault défend le bilan libéral en environnement et estime qu’un second mandat permettra au parti d'atteindre ses objectifs.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L’un des visages de la lutte contre le réchauffement climatique, l’écologiste Steven Guilbeault, défend les actions mises de l’avant par le gouvernement libéral pendant ses quatre années au pouvoir. Il estime qu’un second mandat permettra à la formation politique d'atteindre ses objectifs.

Le Parti libéral s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30 % par rapport aux niveaux de 2005, d’ici 2030, dans le cadre de l’Accord de Paris. Une cible que son chef Justin Trudeau estime avoir atteinte aux « trois quarts ».

En entrevue à 24•60, le candidat libéral dans la circonscription de Laurier-Sainte-Marie, à Montréal, reprend cet argument en y apportant toutefois un bémol, puisqu'il s'agit en réalité d'une projection basée sur les mesures annoncées jusqu'à présent.

Le plan que les libéraux ont déployé au cours des quatre dernières années nous amène à peu près aux trois quarts d’où on doit être en 2030, précise-t-il.

Le cofondateur d’Équiterre reconnaît que de nouvelles mesures devront être mises de l’avant d’ici là pour que les libéraux puissent atteindre leur objectif. Il nous reste 10 ans pour les mettre en place, a-t-il tenu à rappeler.

Le travail demeure colossal. Entre 2005 et 2017, les émissions canadiennes ont diminué de seulement 2 %, alors qu'elles ont même légèrement augmenté de 2016 à 2017.

Notre dossier Élections Canada 2019

Pas assez ambitieux?

L’objectif du Parti libéral demeure cependant peu ambitieux quand on le compare à ceux des autres formations politiques.

Il équivaut à ceux du Parti conservateur et du Bloc québécois, alors que les néo-démocrates visent plutôt une réduction de 38 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 (par rapport à 2005) et que le Parti vert estime qu’il peut atteindre 60 % d’ici là.

Steven Guilbeault refuse de faire un débat de chiffres.

Est-ce que mon objectif est plus grand que le tien? Je pense que ce qui est important, c’est d’avoir un plan qui est sérieux et qu’on va pouvoir mettre en oeuvre.

Une citation de :Steven Guilbeault
La professeure Annie Chaloux en entrevue à 24/60.

Le problème, selon Annie Chaloux, professeure adjointe en politique appliquée à l’Université de Sherbrooke et spécialisée en environnement, c’est que l’objectif demeure peu ambitieux.

D’une part, ces cibles-là sont encore insuffisantes. Et d’autre part, le gouvernement doit très rapidement mettre un coup de barre dans les secteurs névralgiques de la lutte aux changements climatiques, que ce soit les transports ou les questions énergétiques, explique-t-elle.

Au fil de leurs annonces environnementales, les libéraux doivent constamment défendre leur décision d'approuver l'expansion du pipeline Trans Mountain dans l’Ouest canadien, rappelle la professeure.

Interrogé à ce sujet, Steven Guilbeault n’a pas manqué de rappeler son opposition.

Ma position est claire là-dessus. Je ne suis pas d’accord avec le pipeline. Je ne l’étais pas avant et je ne le suis toujours pas aujourd’hui, a-t-il répété à 24/60 sur les ondes d’ICI RDI.

Le candidat libéral a souligné que le bilan du parti en environnement demeure solide malgré Trans Mountain. Pour chaque dollar que ce gouvernement a mis dans le pipeline, il en a mis 15 dans la lutte aux changements climatiques, a-t-il insisté.

Annie Chaloux et d'autres experts reconnaissent eux aussi que le gouvernement libéral est passé de la parole aux actes en environnement pendant son mandat. Mais on ne voit pas encore d'annonces très prometteuses sur l’infléchissement de la production de pétrole au Canada, a rappelé la professeure.

Celle-ci a aussi critiqué l’approche conservatrice en matière d’environnement qui, comme le chef Andrew Scheer, défend l’idée d'un corridor énergétique traversant le Canada.

Les conservateurs n’ont, à l’égard de la lutte aux changements climatiques, pratiquement aucune action concrète à présenter aux Canadiens, souligne-t-elle. Ils vont miser essentiellement sur le financement de technologies vertes, mais ils veulent mettre fin à la tarification carbone, alors que toutes les études montrent à quel point c’est important.

On parle beaucoup d’environnement [depuis le début de la campagne]. Mais il n’y a pas encore de promesses concrètes et tangibles à signaler.

Une citation de :Annie Chaloux, Université de Sherbrooke

Des publicités à saveur environnementale

Le chef libéral Justin Trudeau.

Le Parti libéral a dévoilé mardi trois publicités sur le thème de l'environnement, dont une en français pour le Québec.

Photo : Parti libéral du Canada

Le Parti libéral s’est engagé, mardi, à ce que le Canada devienne carboneutre d’ici 2050, sans toutefois détailler les mesures à mettre de l’avant.

La formation politique a fait part de cet objectif au même moment où elle dévoilait trois publicités sur le thème de l’environnement, destinées au Québec, à la Colombie-Britannique – qui conteste le projet Trans Mountain – et au reste du Canada.

On a encore du travail, mais on a de quoi être fier, lance d’entrée de jeu le candidat François-Philippe Champagne, ministre sortant de l'Infrastructure et des Collectivités, dans la publicité en français.

Celle-ci, qui met aussi de l’avant Steven Guilbeault et l’ancienne cycliste Lyne Bessette, rappelle les mesures libérales sur la taxe carbone, les voitures électriques et l’abolition des plastiques à usage unique en 2021.

En anglais, le chef Justin Trudeau demande directement aux Canadiens s’ils souhaitent revenir aux années Harper, où les conservateurs n'ont rien fait contre le changement climatique, ou [s'ils veulent] se battre pour un avenir meilleur.

Reconnaissant que le bilan libéral en environnement n’est pas parfait et qu’il faut faire plus, Justin Trudeau affirme qu'il veut pouvoir regarder ses enfants dans les yeux et leur dire qu’il a pris les moyens de lutter contre les changements climatiques.

Dans la troisième publicité, encore en anglais, le chef libéral interpelle directement les électeurs de la Colombie-Britannique et dénonce le fait que les politiques conservatrices prônent la gratuité de la pollution.

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