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Des drones pour sauver des vies

Le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) teste l'utilisation de drones pour le transport de produits vitaux.

Les drones peuvent être très utiles lors d'une situation d’urgence, particulièrement en région éloignée.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Normand Grondin

Des drones qui peuvent répondre à une demande pressante de produits sanguins lors d'une catastrophe, d'autres qui peuvent transporter rapidement un défibrillateur vers un lieu d'urgence : le monde de la santé s'intéresse de plus en plus à ces petits aéronefs télépilotés aux ressources surprenantes.

Le drone qu’on essaie aujourd’hui voyage à 80 km/h, il transporte un défibrillateur et, pour lui, il n’y a pas de problème de congestion, de trafic, de construction ou de route barrée, rien entre son point de départ et sa cible, la victime d’un arrêt cardiaque.

Le Dr François de Champlain est urgentologue au Centre universitaire de santé McGill : il réalise présentement une série de tests pour vérifier l’efficacité des drones en situation d’urgence, particulièrement en région éloignée.

On sait que lors d’un arrêt cardiaque, chaque minute compte. Et des minutes, les drones peuvent en faire gagner plusieurs. Dès qu'on s'éloigne des zones urbaines, rappelle le Dr de Champlain, le délai avant l’arrivée des ambulances ou des premiers répondants est habituellement de 20, 25, voire 30 minutes. Or en Suède, où cette technologie a été testée lors d’une étude, on est parvenu à réduire en moyenne de 16 minutes le temps d’accès à un défibrillateur, dit-il.

On perd 10 % de chance de survie par minute lorsqu’on est en arrêt cardiaque, rappelle Jean-Philippe Larose, porte-parole de la Fondation Jacques de Champlain, qui a lui-même été victime d’un événement semblable durant une compétition sportive. Utiliser un drone pour certaines situations d’urgence, je crois qu’on est rendu là.

Pour l’instant, en raison de la nouvelle réglementation de Transports Canada sur les aéronefs télépilotés, qui interdit de les faire voler à moins de 14 km d’un aéroport, il est exclu de les utiliser dans les grands centres urbains. Par exemple, lors d’un grand événement sportif comme le Marathon international de Montréal.

Simulation de livraison par drone d’un défibrillateur vers un lieu d'urgence.

Des vies pourront être sauvées s'il est prouvé que les drones sont un moyen de transport sûr et efficace de produits vitaux vers un lieu d'urgence.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Pourtant, la technologie est déjà au point et elle est fiable, selon Stéphane Bouvier, de Support aérien Exo Tactik.

Sur le plan technique, ce n’est plus nécessaire d’être à proximité d’un drone pour le piloter, indique-t-il. On pourrait très bien, à partir du Québec, faire décoller un drone en Afrique vers un point GPS prédéterminé, lui faire livrer un colis dix kilomètres plus loin et le ramener à bon port sans problème.

Quelques projets pilotes ont déjà eu lieu en Ontario, et le Dr de Champlain projette d’en développer un premier dans la région de l’Estrie. Possiblement sous la forme de plateformes capables de recevoir un drone situé stratégiquement, qu’un opérateur pourrait faire décoller à distance en fonction des besoins du moment, des appels d’urgence, etc. Ce n’est pas quelque chose de très futuriste. Il s’agit essentiellement de déterminer le meilleur rapport coût-bénéfice, dit-il.

D’autres expériences sont également tentées en ce moment au Québec, mais cette fois pour livrer différents produits sanguins qui pourraient être requis lors d’un événement aux allures de catastrophe qui entraveraient les voies de transport habituelles.

Ces projets sont davantage embryonnaires, mais à l’aide d’Héma-Québec, on est parvenu à mettre au point un contenant qui peut recevoir différents types de produits sanguins et les conserver à la bonne température durant quatre heures, quelles que soient les conditions météorologiques extérieures, qu’il fasse - 30 ou + 40 degrés centigrades.

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