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Pour acheter Groupe Capitales Médias, il faudra être précis

Trois exemplaires où l'on peut voir le nom du journal Le Soleil.

Le Groupe Capitales Médias publie le quotidien Le Soleil.

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

La Presse canadienne
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

On devra mettre certaines de ses cartes sur la table en déposant une offre visant à acquérir une partie ou l'ensemble de Groupe Capitales Médias (GCM), à l'abri de ses créanciers depuis le mois d'août.

Selon les modalités du processus de sollicitation et d'investissement, qui s'est officiellement mis en branle lundi, chaque acquéreur potentiel devra notamment ouvrir son jeu sur la question du maintien des emplois.

« L'offre indique le nombre d'emplois qui seront vraisemblablement maintenus si la transaction envisagée par l'offre est mise en oeuvre, de même que le traitement envisagé des accréditations syndicales », peut-on lire dans le document préparé par le syndic PricewaterhouseCoopers et récemment publié en ligne.

Cette présentation brosse également un portrait de chacune des propriétés de GCM, qui compte quelque 350 employés permanents et publie les quotidiens régionaux Le Soleil, La Tribune, La Voix de l'Est, Le Droit, Le Nouvelliste et Le Quotidien.

On y retrouve notamment des informations entourant le lectorat et les visites hebdomadaires sur les différentes plateformes de tous les quotidiens, la répartition et l'évolution de leurs revenus pour l'année en cours ainsi que des détails sur les différents baux.

La section entourant le dépôt des offres exige également que soit inclus dans la proposition un « énoncé d'au plus 1000 mots » de l'acheteur potentiel sur sa position quant à « l'indépendance de la presse écrite ».

Un acheteur potentiel qui dépose une proposition devra également s'engager à remettre au séquestre un dépôt « d'un montant équivalent à 10 pour cent » du prix offert dans les deux jours ouvrables suivant la réception de son offre.

« Dans l'éventualité où un offrant qualifié manque à l'une de ses obligations prévues [...] il devra indemniser Groupe Capitales Médias d'un montant équivalent au dépôt », est-il également écrit.

Aux prises avec une érosion de ses revenus, comme la plupart des médias écrits, GCM s'était placé à l'abri de ses créanciers à la fin du mois d'août en obtenant au passage une aide d'urgence de 5 millions de dollars de la part du gouvernement Legault.

Au terme des sept premiers mois de l'exercice en cours, les pertes de l'entreprise sont estimées à environ 6 millions de dollars.

Le groupe de presse fait également face à un lourd déficit actuariel du régime de retraite des employés, qui atteint pas moins de 65 millions de dollars, d'après la plus récente évaluation, qui remonte à la fin de la dernière année.

Comme il a déjà été rapporté, le syndic devrait présenter au plus tard le 6 novembre prochain à la Cour supérieure du Québec l'offre jugée la plus avantageuse. De leur côté, les acheteurs potentiels ont jusqu'au 17 octobre pour signaler leur intérêt et devront soumettre une offre avant le 25 octobre.

En fin d'après-midi mardi, il n'avait pas été possible de parler à Christian Bourque, du syndic PricewaterhouseCoopers, afin de vérifier si des joueurs s'étaient déjà manifestés.

Toutefois, la semaine dernière, lors de la période des questions à l'Assemblée nationale, la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, avait laissé entendre que plusieurs acquéreurs potentiels étaient sur les rangs.

« Et je suis très positive et très confiante parce qu'à l'heure actuelle les informations dont nous disposons nous permettent de dire qu'il y a au moins une vingtaine d'acheteurs potentiels intéressés », avait-elle affirmé en réponse à une question de la députée de Québec solidaire Catherine Dorion.

CGM, qui traîne des créances approximatives de 26 millions de dollars, avait obtenu à la fin de 2017 un prêt de 10 millions de dollars de la part d'Investissement Québec.

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