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Affaire Arar: Jean Chrétien veut des réponses de Washington

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2003 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le premier ministre écarte cependant l'idée de la tenue d'une enquête publique dans le dossier de ce Canadien qui a passé plus de 10 mois dans une prison syrienne.

Même s'il tient les autorités américaines responsables de l'incident, Jean Chrétien refuse de tenir une enquête publique sur l'affaire Maher Arar, ce citoyen canadien d'origine syrienne déporté et incarcéré en Syrie pendant plusieurs mois.

Le premier ministre rejette ainsi la demande du comité des Affaires étrangères en soulignant que la Commission des plaintes du public contre la GRC (CPP) était déjà saisie de l'affaire.

«Celui qui l'a déporté et qui doit des explications à tous les Canadiens, c'est le gouvernement américain», a déclaré Jean Chrétien aux Communes. Le premier ministre a toutefois précisé qu'il demandera au secrétaire d'État américain, Colin Powell, de lui fournir le nom de tout Canadien qui aurait joué un rôle dans l'affaire.

À sa sortie d'une réunion du cabinet, M. Chrétien avait indiqué que le gouvernement allait «regarder sérieusement son témoignage», en référence au récit poignant de M. Arar livré mardi.

Selon le ministre des Affaires étrangères Bill Graham, le gouvernement canadien entend convoquer l'ambassadeur de Syrie pour faire la lumière sur l'histoire de M. Arar. «Je vais lui dire qu'il faut regarder ce qu'a dit M. Arar. Il faut reconnaître que les Canadiens vont considérer ce qu'est la Syrie en fonction du témoignage émouvant et terrible de M. Arar, c'est ça que l'ambassadeur de Syrie doit comprendre» a exprimé M. Graham mardi, en réponse aux questions d'un journaliste de Radio-Canada.

Les explications de Geneviève Asselin

Maher Arar raconte son enfer

Au cours d'une conférence de presse mardi, Maher Arar a raconté son «cauchemar» avec beaucoup d'émotion.

En premier lieu, il a tenu à décrire ce qu'il n'était pas et ce, afin de balayer d'un revers de la main toutes les allégations «mensongères» rapportées dans les médias ces derniers mois.

Ainsi, il a confié qu'il n'était pas un terroriste, ni un membre d'Al-Qaïda, qu'il ne connaissait d'ailleurs aucun membre du réseau terroriste et qu'il n'avait jamais été en Afghanistan, ni même eu le désir de s'y rendre un jour. En revanche, il a souhaité préciser qui il était réellement. «Je suis un citoyen canadien, musulman sunnite né en Syrie il y a 33 ans, diplômé d'une maîtrise en télécommunication, marié en 1994 et père de deux enfants, ayant déménagé de Montréal à Ottawa afin de poursuivre une carrière d'expert-conseil au sein de la compagnie Matrox» a-t-il déclaré, ajoutant qu'il a toujours été un «bon citoyen» et qu'il ne croyait toujours pas ce qui lui est arrivé.

Il a rappelé qu'au moment de son interpellation par les autorités américaines, le 26 septembre 2002, il revenait d'un voyage en Tunisie vers le Canada, en faisant escale à New York. Il a aussitôt été interrogé à la fois par le FBI et la police de New York, sans avoir été autorisé à contacter un avocat, ou même donner un coup de téléphone. Dix jours et une visite du consul canadien plus tard, les Américains l'ont extradé vers son pays natal, la Syrie. Il avait pourtant fait part de ses craintes d'y être torturé car il n'y avait pas effectué son service militaire obligatoire.

Continuant son allocution, il a alors décrit ses conditions de détention en Syrie où il a été torturé quasiment tous les jours au moyen de câbles ou à mains nues, soumis à des interrogatoires musclés, confiné dans une «tombe» et forcé à signer différents aveux pendant 10 mois et 10 jours. Privé de soleil pendant six mois, il précise avoir perdu 40 livres. Il s'est fait assez discret sur l'intervention canadienne, mentionnant uniquement quelque sept visites consulaires au cours de son séjour.

Maher Arar a conclut son discours en remerciant toutes les personnes ayant contribué à sa libération et notamment son épouse, certains députés des Communes, ainsi que le Centre des droits constitutionnels de New York, à qui il a d'ailleurs fait appel pour éclaircir les circonstances de son arrestation, de son expulsion et de son emprisonnement.

Le reportage de Geneviève Asselin

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