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Le Bloc québécois revient à la charge avec la langue et les immigrants

Plan rapproché de M. Blanchet, avec M. Beaulieu derrière lui.

Le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet était accompagné de son candidat Mario Beaulieu, qui a été l'un de ses prédécesseurs, pour parler de langue française, mardi matin, à Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Julien McEvoy

Le Bloc québécois s’engage à déposer un nouveau projet de loi qui établirait qu’afin d’être reçu au Québec, un immigrant devrait d’abord avoir une maîtrise minimale du français.

Yves-François Blanchet en a dit autant mardi matin à Montréal, à la place du Canada.

Je me permets de lancer un aimable défi à mes estimés collègues des autres formations politiques qui se bousculent au Québec pour venir faire des actes de foi et des engagements nationalistes profondément sentis. […] Puisque vous avez cet engagement profond et cet amour pour le Québec dans votre ADN, je vous invite à vous engager maintenant à voter avec nous, a lancé le chef du Bloc.

Je n’en attends pas tant des libéraux, je pense qu’ils imploseraient avant d’y arriver.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois, à propos de l'appui à son nouveau projet de loi

Le projet de loi serait un calque de celui déposé par le député bloquiste Mario Beaulieu en novembre 2018. Les libéraux l’avaient bloqué avant même qu’il n’atteigne la Chambre des communes, en comité parlementaire, ce qui avait fait dire à M. Beaulieu qu’il s’agissait là d’un « détournement de démocratie ».

Le chef du Bloc n'a pas manqué de rappeler les accusations de racisme portées contre le parti souverainiste à l'occasion du dépôt de ce projet de loi.

Que proposait-on à l’époque? Essentiellement ceci, a lancé M. Blanchet, mardi matin : déjà, une personne voulant être reçue comme immigrante au Canada doit passer un test soit en français soit en anglais démontrant sa maîtrise raisonnable d’une des deux prétendues langues officielles du Canada. Mario a donc déposé un projet de loi qui dit qu’en toute logique, puisque le français est la seule langue officielle au Québec, […] ne serait-il pas normal qu’au Québec, quelqu’un qui fait la demande passe le test en français?

Le Bloc compte donc déposer un nouveau projet de loi qui va dire essentiellement la même chose. Avec un argument supplémentaire : il faut donner une maîtrise minimale du français aux dizaines de milliers de personnes que le Québec accueille chaque année, a ajouté M. Blanchet.

Que fera-t-on si une personne est incapable d’apprendre le français ou n’a pas une maîtrise suffisante de la langue?

Il y a plusieurs scénarios lorsque cela se produit, a répondu M. Blanchet. « Soit plus de temps, une insistance aimable particulière pour aller compléter le processus. Il faut commencer par ça. Comme on le disait [lundi], on n’est pas les tenants de commencer à renvoyer les gens chez eux. »

Le Bloc en Ontario

Après son passage à Montréal, l’autobus de campagne du Bloc a pris la direction de Casselman, en Ontario, afin de souligner sa solidarité avec les francophones hors Québec et les Acadiens.

Le Bloc propose de moderniser la Loi sur les langues officielles afin, notamment, de rendre obligatoire le bilinguisme pour les juges de la Cour suprême, ce qui est une demande de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada.

On s’est toujours sentis solidaires de ce que vivent les communautés francophones hors Québec, a déclaré le chef bloquiste.

Le parti souhaite aussi ajouter des responsabilités au Commissariat aux langues officielles, élargir la liste des régions hors Québec où les fonctionnaires fédéraux peuvent travailler dans la langue officielle de leur choix et faire un ajout dans la loi afin d'y inscrire la différence entre la situation des minorités francophones du Canada et celle de la minorité anglophone du Québec.

Notre dossier Élections Canada 2019

Question de loi 101

Pour sa troisième et dernière annonce de la journée, M. Blanchet était en Outaouais, en après-midi, afin de s'engager à déposer un projet de loi pour faire appliquer la loi 101 aux entreprises sous compétence fédérale sur le territoire québécois.

Il nous semble important d’insister et de demander pour la quatrième fois que la loi 101 s’applique aux entreprises qui se revendiquent d’une juridiction fédérale. Comme si une juridiction fédérale faisait en sorte qu’on était plus assujettis à la loi du territoire québécois, a-t-il déclaré.

M. Blanchet a fait sa déclaration devant les locaux de la Société de transport de l’Outaouais, qui relève du fédéral puisque certains de ses trajets se terminent à Ottawa, ce qui en fait une entreprise de transport interprovincial.

Le parti vise quelques secteurs d'activité en particulier, « qui, pour l’instant, ne se considèrent pas comme assujettis à la loi » : les banques, les aéroports, le transport interprovincial, Postes Canada, les entreprises de télécommunications, etc.

« Il faut mettre un terme au "double standard" sur le territoire québécois. La loi québécoise doit s’appliquer partout », a-t-il ajouté.

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