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Commission sur les pesticides : le diagnostic de Louis Robert

Un tracteur épand des pesticides dans un champ.

La commission parlementaire sur les pesticides a commencé ses travaux lundi à l'Assemblée nationale.

Photo : iStock

Valérie Gamache

L'omniprésence de l'industrie des pesticides et la méfiance des producteurs agricoles ont empêché le Québec d'atteindre ses objectifs de réduction d'utilisation des pesticides, selon Louis Robert.

L'agronome à l'origine de la commission parlementaire sur les pesticides présentera ses recommandations aujourd'hui aux élus. Si le gouvernement veut réellement mettre en place un plan de transition vers une agriculture plus verte, les solutions sont évidentes, écrit-il dans son mémoire.

Si les instances ont le courage nécessaire pour poser un diagnostic sans complaisance et rigoureux, les pistes de solution sautent aux yeux.

Extrait du mémoire de Louis Robert

Louis Robert plaide pour que l'Ordre des agronomes du Québec fasse respecter l'esprit de son code de déontologie en interdisant à leurs membres qui travaillent au sein d'entreprises qui vendent des pesticides de prescrire des produits à haut risque et qu'ils s'abstiennent de toutes recommandations en matière de pesticides.

Le président de l'Ordre des agronomes, Michel Duval, qui a témoigné lundi devant la commission parlementaire, ne croit pas que d'empêcher les agronomes de prescrire d'un côté et de vendre de l'autre des pesticides va régler le problème.

Selon lui, il ne faut pas légiférer contre les agronomes, mais bien contre les pesticides. Pour encadrer les situations de conflit d'intérêts, il recommande que tous les pesticides fassent l'objet d'une prescription. Il serait ainsi possible de faire un meilleur suivi auprès des agronomes.

Avec une meilleure transparence, à partir de la transaction jusqu'au dossier de l'agronome, on est capable de faire le retraçage et de voir si la recommandation a été faite selon les règles de l'art, explique Michel Duval.

Le message ne passe pas

Il est photographié près d'un champ.

L'agronome Louis Robert croit que les agriculteurs devraient davantage se méfier des informations transmises par les compagnies de pesticides.

Photo : Radio-Canada

Louis Robert affirme que les agronomes du secteur public ont de la difficulté à rejoindre les agriculteurs. La plupart du temps, le message des compagnies vendant des pesticides est mieux entendu dans les champs du Québec, dit-il.

Les producteurs agricoles y sont plus exposés et ils demeurent sceptiques face aux recherches et aux services-conseils publics. Ils auraient avantage, selon lui, à y porter une oreille plus attentive.

Bien sûr, ils y étaient moins exposés qu'aux sollicitations des représentants privés, mais il demeure qu'en tant que chefs d'entreprises commerciales, ils gagneraient à développer et exercer un sens critique plus aigu, analyser de façon plus objective les informations qu'on leur présente.

Extrait du mémoire de Louis Robert

Finalement, pour assurer la transition vers de meilleures pratiques, le gouvernement doit investir en priorité dans les ressources humaines, estime M. Robert.

À ce chapitre, l'Ordre des agronomes a souligné aux élus que le ministère de l'Agriculture s'est lui-même retiré petit à petit du service-conseil auprès des agriculteurs.

De 1990 à 2006, il y a eu une baisse de 46 % du nombre d'agronomes qui travaillent pour le gouvernement du Québec.

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