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Une plus forte proportion de jeunes syndiqués qu'il y a 20 ans

Le président de la CSN, Jacques Létourneau, prononce une allocution devant les travailleurs de la construction.

Le taux de présence syndicale chez les 15 à 29 ans est passé de 25,2 %, en 1998, à 29,4 % en 2018.

Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

La Presse canadienne

Bien que le taux de syndicalisation soit légèrement en baisse depuis 20 ans au Québec, il est plutôt en hausse chez les jeunes travailleurs de 15 à 29 ans.

Cette constatation émane d'un rapport de l'Institut de la statistique du Québec publié lundi, intitulé Portrait statistique de la jeunesse québécoise : tendances des 20 dernières années.

Ainsi, de 1998 à 2018, le taux de présence syndicale pour l'ensemble des travailleurs de 15 ans et plus est passé de 40 à 38,4 % de 1998 à 2018. Il s'agit donc d'une baisse de 1,6 point.

Or, pendant la même période, le taux a plutôt grimpé chez les travailleurs de 15 à 29 ans, passant de 25,2 % à 29,4 %, précise l'ISQ. Il s'agit donc d'une augmentation de 4,2 points.

Le taux va d'ailleurs croissant au sein des sous-catégories de ces jeunes, pour atteindre 37,7 % chez les 25 à 29 ans.

Changement de génération

Il ne s'agirait toutefois pas de jeunes travailleurs qui se sont nouvellement syndiqués, mais bien de jeunes qui occupent maintenant des emplois dans des milieux de travail qui étaient déjà syndiqués.

Bien que l'Institut de la statistique du Québec n'avance pas de motifs, dans son étude, pour expliquer cette croissance du taux de syndicalisation chez les jeunes travailleurs, l'analyste Luc Cloutier-Villeneuve confirme que l'hypothèse du remplacement des travailleurs partis à la retraite par une génération de jeunes peut expliquer le phénomène.

Et la situation peut se présenter de façon plus marquée dans le secteur public – avec des emplois d'infirmières, d'infirmières auxiliaires, de préposés aux bénéficiaires, par exemple – et, dans le privé, avec le secteur de la construction. Ces emplois sont souvent occupés par des jeunes et sont généralement syndiqués.

À l'organisme Forces jeunesse, le vice-président au contenu, Olivier Jacques, avance une autre hypothèse : la scolarisation.

Les jeunes ont plus de diplômes de maîtrise ou de baccalauréat maintenant qu'il y a 20 ans. Et les gens qui ont un diplôme universitaire ont plus souvent un emploi syndiqué que les gens qui n'ont pas de diplôme universitaire. Donc, on a un déclin ou une relative stagnation du taux de syndicalisation chez la population en général, mais ce taux augmente chez les jeunes, parce qu'ils sont plus éduqués qu'ils ne l'étaient il y a 20 ans et sont surtout plus éduqués que le reste de la population, dit M. Jacques.

Un peu moins d'heures de travail

Dans son portrait de 287 pages, l'ISQ dévoile aussi une autre statistique étonnante : le nombre d'heures de travail hebdomadaires des jeunes a légèrement diminué depuis 20 ans, et non augmenté, comme on serait porté à le croire.

Ainsi, la durée hebdomadaire du travail chez les jeunes de 15 à 29 ans est passée de 29,7 à 28,4 heures de 1998 à 2018.

La tendance est toutefois la même chez l'ensemble de travailleurs de 15 ans et plus, la moyenne des heures de travail étant passée de 33,1 à 31,8 heures par semaine de 1998 à 2018.

En fait, il est vrai que les jeunes travaillent plus, mais dans le sens qu'ils sont plus présents dans le marché du travail, a confirmé M. Cloutier-Villeneuve. Mais ils ne font pas plus d'heures qu'avant.

Sous un angle plus général, en 2018, le Québec comptait 1 479 459 jeunes âgés de 15 à 29 ans. Leur nombre est assez stable depuis le milieu des années 1990, indique l'ISQ dans son portrait.

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