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Andrew Scheer va devoir « se retrousser les manches », selon des conservateurs

Le chef conservateur tient une enfant dans ses bras.

Andrew Scheer

Photo : Radio-Canada / Louis Blouin

Louis Blouin
Daniel Thibeault

Un coup de barre est nécessaire si le chef du Parti conservateur espère décrocher la victoire, selon des acteurs influents de la campagne conservatrice. Andrew Scheer doit encore se faire connaître, au Québec particulièrement, et montrer son côté « bagarreur », estiment des membres de son équipe.

Deux sources conservatrices, qui se sont exprimées sous le couvert de l’anonymat, par crainte de représailles, estiment que le chef conservateur a encore de grands défis devant lui.

C’est un gars très gentil, très jovial, mais pas trop fighter [bagarreur], dit un conservateur en entrevue. C’est un gars qui est plus sur la défensive.

Il va falloir qu’il soit plus virulent. Retrousse-toi les manches, fonce dans l’arène, puis montre que tu peux te battre.

Une source conservatrice

Andrew écoute beaucoup ses conseillers. Se départir de l’image qu’il a au Québec, ça va être difficile, croit cette même personne.

L’entourage du chef a fait de grands efforts depuis qu’il a pris la direction du parti pour mettre une distance entre lui et Stephen Harper. On semblait croire que cela améliorerait la perception des électeurs québécois. Aujourd’hui, certains se demandent si c’était la bonne stratégie à adopter.

L’une des sources dans le camp conservateur croit qu'Andrew Scheer doit miser sur le nationalisme québécois pour que son message résonne davantage auprès de l’électorat de la province.

Un autre membre de l’équipe conservatrice admet que les gens ne connaissent pas beaucoup le chef.

Cela pourrait changer après les débats, croit-il. Les attentes sont très basses envers Andrew Scheer et très hautes envers [Justin] Trudeau. En 2015, les attentes étaient très basses envers Trudeau et il a surpris tout le monde.

Ce sera l’occasion pour les électeurs de voir ce qu’il a dans le ventre d’après ce conservateur.

Quelles cartes jouer?

Le chef conservateur fait une annonce devant des partisans à Trois-Rivières.

Éloigner Stephen Harper d'Andrew Scheer? Des sources conservatrices remettent en question cette stratégie.

Photo : Radio-Canada / Louis Blouin

L’ancien attaché du premier ministre Stephen Harper, Carl Vallée, pense qu’Andrew Scheer peut exploiter le contraste avec le chef libéral.

C’est l’anti-Trudeau. Il a démontré sa capacité de gouverner par sa maîtrise des dossiers, fait valoir celui qui est aujourd’hui associé à la firme Hatley à Montréal.

M. Vallée reconnaît que M. Scheer n’a pas la même aisance en public que Justin Trudeau, mais ne croit pas que ce sera déterminant.

Si on considère l’intelligence émotive à laquelle Justin Trudeau nous a habitués, la barre est très haute. Ce n’est pas nécessairement la force de M. Scheer. Cependant, il faut se poser la question : est-ce que les électeurs conservateurs ou potentiellement conservateurs sont motivés par ça? Permettez-moi d’en douter, fait-il valoir.

En ce qui a trait à la réaction entourant la controverse concernant le blackface de Justin Trudeau, Carl Vallée pense qu’Andrew Scheer aurait dû miser sur une autre stratégie.

Je crois qu’il faut attaquer Trudeau sur son hypocrisie. Il a mis le pied sur les mines qu’il a lui-même plantées. C’est le cas typique de l’arroseur arrosé, lance-t-il.

Le chef conservateur avait misé sur la nature raciste du geste du chef libéral et de son manque de jugement. Justin Trudeau n’est pas digne de gouverner ce grand pays, avait affirmé Andrew Scheer.

Notre dossier Élections Canada 2019

Style de campagne

Le chef conservateur Andrew Scheer entouré de partisans.

Le Parti conservateur a multiplié les petits événements de campagne plutôt que les grands rassemblements.

Photo : Radio-Canada / Louis Blouin

Jusqu’ici, Andrew Scheer a misé sur des événements partisans qui réunissent en moyenne de 100 à 150 militants. Le chef a choisi de se concentrer davantage sur le porte-à-porte avec les candidats. C’est une manière de le montrer plus près des gens.

Pour Carl Vallée, une démonstration de force avec de plus gros rassemblements serait souhaitable plus tard dans la campagne. On peut s’attendre à ce scénario, prévoit-il.

L’ancien stratège conservateur estime que, par-dessus tout, c’est la constance d’Andrew Scheer qui pourrait s’avérer déterminante.

L’absence de gaffes, parfois, fait en sorte que tu peux gagner l’élection. L’idée c’est de démontrer que si le pouvoir lui revient, il sera prêt, conclut-il.

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