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Ottawa accepte un partisan controversé de Bachar Al-Assad comme consul de Syrie à Montréal

Les opposants au régime syrien réfugiés au Canada sont furieux. Le gouvernement va réexaminer sa décision.

Un homme pose en compagnie du premier ministre du Canada Justin Trudeau.

Waseem Ramli pris en photo avec le premier ministre Justin Trudeau lors d'un événement de financement organisé par le Parti libéral, en juin 2019.

Photo : Facebook/Waseem Ramli

Thomas Gerbet

À quelques jours de la réouverture du consulat de Syrie à Montréal, le 1er octobre, la nomination du nouveau consul honoraire Wassem Ramli passe très mal parmi les nombreux opposants au régime de Bachar Al-Assad présents au Canada.

C'est une trahison aux valeurs canadiennes, c'est un scandale, lance Nedal Alnajjar, un Syrien qui vit au Québec.

Waseem Ramli est un homme controversé dans la communauté. Dans les rues de Montréal, il conduit et exhibe un véhicule Hummer rouge aux couleurs du régime syrien avec la photo du dictateur Assad affiché sur une des vitres et la plaque d'immatriculation « 1Syria ».

Le drapeau de la Syrie couvre la lunette arrière.

Le véhicule du nouveau consul honoraire de Syrie, stationné à Montréal, avec la photo de Bachar Al-Assad sur une vitre.

Photo : Facebook/Waseem Ramli

Sur sa page Facebook, Waseem Ramli publie de nombreux messages à la gloire de l'armée syrienne et du président. Le 31 août, il invitait les gens à planifier leurs prochaines vacances en Syrie, alors que le Canada déconseille formellement les visites.

Le régime de Bachar Al-Assad a été condamné par les pays occidentaux pour avoir utilisé des armes chimiques contre sa propre population. Des millions de Syriens ont fui le pays en guerre civile depuis 2011.

Ils sont côte à côte.

Waseem Ramli en compagnie du dictateur syrien Bachar Al-Assad

Photo : Facebook/Waseem Ramli

Nedal Alnajjar n'est pas surpris que l'État syrien ait nommé un homme loyal au président, mais il n'arrive pas à comprendre pourquoi Ottawa lui a signé sa lettre d'attestation.

Affaires mondiales Canada nous a confirmé avoir accepté la nomination de Waseem Ramli, en précisant qu'un consul honoraire n'est pas un diplomate de carrière. Il exerce en principe bénévolement, sans être employé de l'État qu'il représente.

Trudeau et Freeland réagissent

Questionné par les journalistes, mardi après-midi, au sujet de la nomination, le premier ministre Justin Trudeau s'est montré ouvert à une suite dans ce dossier.

Je peux vous confirmer que j'ai parlé à la ministre des Affaires étrangères ce matin et elle m'a assuré qu'elle est en train d'essayer de comprendre ce qui s'est passé. On va avoir des prochaines étapes pour vous bientôt, a-t-il déclaré.

En point de presse, un peu plus tard, la ministre Chrystia Freeland a jugé « inacceptable » que son ministère ait autorisé cette nomination.

Sur son compte Twitter, lundi soir, la ministre Freeland avait écrit être « choquée » par les propos tenus par le nouveau consul honoraire.

Ni mon équipe ni moi n'étions au courant que les fonctionnaires d'Affaires mondiales Canada avaient approuvé sa nomination, a écrit la ministre. J’ai demandé au ministère d’examiner cette question immédiatement.

Nous avons contacté Waseem Ramli par l'intermédiaire de sa page Facebook, mais celui-ci nous a répondu ne pas être disponible.

On n'est pas contre la réouverture d'un consulat pour servir les Syriens, mais il faut choisir la bonne personne, dit Nedal Alnajjar. Il faut une personne rassembleuse, pas une personne qui attise la haine.

D'autres Syriens qui n'ont pas voulu être identifiés nous ont témoigné de leur déception et leur crainte de recevoir des services auprès de cet homme.

Des opposants nous ont raconté avoir été photographiés et filmés par lui pendant des manifestations à Montréal.

Les besoins de services consulaires sont grands parmi la communauté syrienne d'Amérique du Nord, puisque le seul consulat ouvert est à Vancouver. L'autre point de service le plus proche est à l'ambassade de Syrie à Cuba.

En 2012, à la suite des atrocités attribuées au régime Assad, Ottawa a expulsé les diplomates syriens et fermé l'ambassade à Ottawa.

En 2015, le premier ministre Justin Trudeau avait fait parler de lui dans le monde entier en promettant d'accueillir 25 000 réfugiés syriens au Canada. Parmi eux, de nombreux fuyaient le régime de Bachar Al-Assad.

Plus de 80 % des Canadiens d'origine syrienne vivent au Québec et en Ontario, dont 40 % à Montréal uniquement.

La saga du consulat de Syrie à Montréal

En avril 2016, Ottawa a fermé le consulat de Syrie à Montréal en raison d'une controverse entourant la consule de l'époque qui affichait des opinions prorégime et qui avait été condamnée pour avoir vendu sans autorisation une grande quantité de médicaments destinés à la Syrie.

En janvier 2018, un nouveau consul honoraire avait été nommé et le bureau rouvert, mais Raed Mahko avait été déclaré en conflit d’intérêts en mai de la même année par le Conseil de réglementation des consultants en immigration du Canada (CRCIC). Son droit de pratique avait été restreint et il lui avait été interdit de représenter des ressortissants syriens.

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