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Prostitution juvénile: des citoyens en colère

Radio-Canada

Plus de 300 personnes se sont rassemblées devant l'hôtel de ville de Québec hier soir pour réclamer la reprise de l'enquête sur le réseau de prostitution juvénile.

Plus de 300 personnes se sont rassemblées devant l'hôtel de ville, à Québec, lundi soir, pour exiger la poursuite de l'enquête sur le réseau de prostitution juvénile.

Accompagnés d'un bruyant cortège de quelque 200 voitures, les manifestants ne mâchaient pas leurs mots. «L'Allier, salaud ! Le peuple aura ta peau !», scandaient-ils pendant qu'à l'intérieur, un petit groupe d'entre eux s'était rendu au conseil municipal pour interpeler le maire Jean-Paul L'Allier.

Aux interrogations sur son implication dans l'arrêt de l'enquête, le maire s'est défendu de toute intervention. «On ne dirige pas le service de police», a-t-il répété. «Ce n'est pas parce que le maire décide qu'il faut que ça continue, que ça continue !»

Un intervenant lui a demandé «comment il faisait pour dormir la nuit en sachant que des gens près de lui étaient liés à l'enquête».

«Il n'y a personne près de moi qui soit lié à l'enquête, a répondu Jean-Paul L'Allier. Si vous avez des preuves, ayez le courage d'aller les porter au service de police et de les signer de votre nom. Sinon, ce sont des accusations gratuites et malsaines.»

Le conseiller indépendant Henry Jenkins, qui avait placé le drapeau pro-Scorpion (du nom de l'opération policière qui a permis le démantèlement du réseau de prostitution juvénile) bien en vue sur son pupitre, a accusé les plus hautes autorités de la Ville de manquer d'empathie envers les victimes. «Je n'ai entendu aucun propos démontrant de la sympathie envers les victimes à qui on a volé une partie de leur jeunesse», a-t-il lancé.

À l'appui de leur demande au maire pour qu'il fasse pression sur le service de police pour reprendre le projet Scorpion, les manifestants ont présenté une pétition comportant quelque 25 000 signatures.

En décembre dernier, une cinquantaine de personnes, des proxénètes mais aussi des clients, ont été arrêtées dans le cadre de l'enquête sur ce réseau.

Neuf d'entre eux devront subir un procès. Il s'agit de: R. Gillet, l'animateur de radio, F. Houle, ancien président du Festival d'été de Québec, Y. Doyon, ancien président du Carnaval de Québec, J.F. Guay, M. Mansour, R. Radwanli, G. Tammous, S. Choueri et R. Kharamandeh.

Sept d'entre eux sont en liberté, mais MM. Tannous et Radwanli sont incarcérés depuis décembre 2002.