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L'avenir de l'ancien hôtel de ville de Saint-Boniface inquiète la communauté

Sylvie Walker, originaire de Regina, s’est arrêtée au Petit local, le temps d’une chanson : Père Alphonse.

Amélie David

Les locataires de l'ancien hôtel de ville surveilleront de près le processus d'appel d'offres qui pourrait mener à la vente du bâtiment et de l'ancienne caserne de pompiers, située tout près.

Ce que l’on trouve important, c’est que cet édifice reste au sein de la communauté de Saint-Boniface, explique Mariette Mulaire, présidente-directrice générale du World Trade Centre (WTC) de Winnipeg. L'organisme qu'elle dirige a ses bureaux au troisième étage de l'ancien hôtel de ville.

Vendredi dernier, le conseiller municipal Mathieu Allard a annoncé que la Ville de Winnipeg projette de lancer un appel d’offres pour la vente de l'ancien hôtel de ville ainsi que de l’ancienne caserne de pompiers.

Pour beaucoup, ces deux bâtiments font partie de l’histoire de Saint-Boniface, de Winnipeg et, plus largement, du Manitoba.

Raymond Poirier a été l'un des fondateurs de la Maison des artistes. Je trouve cela effrayant, franchement, parce que ce sont des monuments pour les francophones.

Le Franco-Manitobain a siégé à son conseil d’administration au moment où d’importants investissements ont été faits. Selon ses calculs, la MDA a investi près de 2 millions de dollars dans différents travaux pour devenir la galerie d’art aujourd’hui et créer le Jardin de sculptures.

Donc, que la Ville capitalise sur cela, un beau terrain, un beau local, pour le mettre à vendre. Je trouve cela quasiment un scandale.

Raymond Poirier, ancien président de la Maison des artistes visuels

Un avenir incertain

Le WTC a lui aussi fait de nombreux investissements financiers. Mais, au-delà de cet aspect comptable, Mariette Mulaire aimerait que soit reconnu l’impact des francophones sur le Manitoba d’aujourd’hui.

On a un World Trade qui a été apporté ici grâce à la francophonie, c’est la francophonie qui a été chercher tout l’argent du secteur privé. Donc, par respect, on aimerait que cela continue à se maintenir comme tel, déclare la PDG.

Le WTC et la Maison des artistes visuels sont locataires de la bâtisse. Leur loyer reste modeste, et Mariette Mulaire souhaite maintenir cette entente. Nous sommes un organisme à but non lucratif. Nous ne sommes pas en position de racheter l’immeuble, dit-elle.

La MDA dépense de son côté quelque 3000 $ par mois pour son loyer, les taxes foncières et les assurances, précise sa directrice actuelle, Alexandra Keim.

Directeur général d’Entreprises Riel, Normand Gousseau précise que l'organisme qu'il dirige n’a pas non plus les moyens d’investir dans ces bâtiments, qui ne seraient pas assez rentables, dit-il.

C’est le design d’un hôtel de ville et rien d’autre, explique-t-il. Il y a beaucoup d’espaces comme de grands escaliers, des espaces communs qui ne peuvent pas générer de revenu. C’est difficilement faisable de rendre l’édifice rentable.

Selon lui, la solution de cette équation difficile pourrait se trouver dans un partenariat entre le public et le privé.

Les acteurs de la communauté francophone assurent qu'ils suivent de près l’avancement de cet appel d’offres. Ils espèrent être consultés tout au long du processus.

Le conseiller municipal de Saint-Boniface, Mathieu Allard, rappelle pour sa part que les bâtiments concernés sont considérés depuis 2007 par le conseil municipal comme étant en surplus concernant les besoins de la Ville. 

« Nous cherchons à savoir ce que le secteur privé pourrait nous offrir comme solution. Depuis le début quand j’ai été approché par l'administration municipale, j’ai demandé que le bénéfice communautaire soit pris en compte dans leur évaluation et je suis confiant dans le fait que ce sera le cas quand la Ville va examiner les offres qui lui seront soumises », a-t-il expliqué.

Il reconnaît également que les locataires actuels pourraient ne pas faire partie de l’offre. 

« Ce sera aux partis intéressés de se prononcer », a ajouté le conseiller municipal qui se réserve le droit ou non d’appuyer les options qui seront présentées à la Ville.

La Ville se veut rassurante

De son côté, la Ville assure dans une réponse écrite que l'impact sur la communauté et l'utilisation future de ces bâtiments seront revus avec précaution durant le processus d'appel d'offres. Elle rappelle que ces édifices sont classés et qu'ils sont, de ce fait, protégés. Toutes les propositions faites seront présentées au conseil municipal pour approbation, précise la Ville.

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