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Grogne au cimetière de La Tuque

La statue d'un ange sur une pierre tombale.

Le cimetière de La Tuque.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Pierre Marceau

Depuis la mi-juillet, près de 2 000 familles de La Tuque ont été sommées de régler leur dû au cimetière de La Tuque. Pour certains, il s’agit d’un tout petit montant, mais pour d’autres, la facture peut atteindre près de 1 000 $ pour conserver les droits sur les concessions et l’entretien du terrain.

Le cimetière n’a jamais fait de déficit depuis le début de son existence en 1941 mais, pour la première fois l’an passé, le budget s’est retrouvé dans le rouge. C’est pas grand-chose, 400 dollars environ, mais si on laisse aller les choses dans les prochaines années, ça pourrait être pas mal plus, nous confie Rémy Beaudoin, le marguillier responsable du cimetière de la Paroisse Saint-Martin-de-Tour.

Rémy Beaudoin, marguillier de la Paroisse Saint-de-Tour, responsable des cimetières.

Rémy Beaudoin, marguillier de la Paroisse Saint-de-Tour, responsable des cimetières,

Photo : Radio-Canada

Quand Judy Bachelder apprend qu’elle devra payer quelque 600 $ pour conserver le terrain où reposent les dépouilles de son père, de sa mère et de sa sœur, elle n’en croyait pas ses yeux. Comment on peut justifier ça. Ça n’a pas de sens cette affaire-là. Mon père a acheté ce terrain pour la vie et là on vient nous réclamer de l’argent pour garder notre lot.

Judy Bachelder trouve que la facture qu'elle a reçu du cimetière est injustifiée.

Judy Bachelder trouve que la facture qu'elle a reçu du cimetière est injustifiée.

Photo : Radio-Canada

Depuis 1941, les règles en vigueur s’appliquaient d’une manière bien différente d’une administration à l’autre, nous explique le marguillier Beaudoin.

La notion de pérennité a été mal expliquée aux gens. Le monde confond pérennité comme si c’était pour toujours, alors que c’est écrit la plupart du temps sur les contrats pérennité 50 ans.

Rémy Beaudoin, marguillier Paroisse de Saint-Martin-de-Tour

Sur les 2000 sépultures du cimetière de La Tuque, plus de 1000 lots seraient en défaut de paiement de quelques années pour certains et de quelques décennies pour d’autres.

Jacques Frazer s’est lui aussi retrouvé avec une facture. Près de 1000 $ pour conserver les restes de ses beaux-parents et s’assurer une place au cimetière à la fin de ses jours. C’est sûr qu’on a sursauté quand on a reçu ça, mais en même temps, faut que ça se paie. Cet ex-policier à la retraite estime qu’il est essentiel d’assurer la pérennité du cimetière de La Tuque.

Monsieur Frazer a réussi à négocier avec l’administration du cimetière d’étaler son paiement sur trois ans. Ça va être plus facile, parce que ça n’avait pas été budgété.

Judy Bachelder, elle, ne décolère pas et se demande ce que l’administration du cimetière fera avec tout cet argent.

Parce que si toutes les mille familles paient leur dû, ça va faire pas mal d’argent.

Judy Bachelder, citoyenne de La Tuque

Madame Bachelder serait prête à payer pour l’entretien futur du cimetière, mais pas question de repayer pour le lot que son père a acheté pour la vie, dit-elle.

Qu’arrivera-t-il aux sépultures abandonnées?

Rémy Beaudoin assure que les lots qui ne respecteront pas les règles resteront tels qu’ils le sont au moins 50 ans après la dernière inhumation. On ne va pas déterrer le monde quand même.

Ce que le règlement prévoit, c’est qu’après cinq ans d’arriérés, le lot redevient la propriété entière du cimetière. Par contre, l’administration doit attendre 50 ans après le dernier enterrement avant de concéder le lot à nouveau.

L’histoire du cimetière de La Tuque n’est que le début d’une longue remise aux normes pour tous les cimetières de la Paroisse Saint-Martin-de-Tour.

Les cimetières de Saint-Zéphirin, de La Bostonnais, de La Croche, de Lac Edouard et de Grande-Anse verront aussi les nouvelles règles s’appliquer dans les prochains mois.

C’est qu’on veut changer la façon dont on gère nos différentes activités, explique le marguillier.

Le projet de la Paroisse Saint-Martin-de-Tour est de regrouper tous les cimetières au sein d'une nouvelle corporation avec ses propres budgets et son propre conseil d’administration.

Avant de remettre ça à une nouvelle corporation, on veut mettre les choses en ordre, conclut Rémy Beaudoin.

Mauricie et Centre du Québec

Société