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Doug Ford et Stephen Harper, les obsessions de Justin Trudeau

Montage montrant Doug Ford et Stephen Harper.

Doug Ford est actuellement le premier ministre de l'Ontario, tandis que Stephen Harper a été à la tête du gouvernement du Canada de 2006 à 2015.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young / Sean Kilpatrick

Philippe-Vincent Foisy

Depuis le début de la campagne électorale, le chef libéral Justin Trudeau a répété quotidiennement les noms du premier ministre ontarien, Doug Ford, et de l’ex-premier ministre du Canada Stephen Harper. Une façon de marquer un contraste clair avec le Parti conservateur, mais aussi de marquer des points en Ontario, au Québec et dans l’Atlantique, expliquent des stratèges libéraux.

Lundi matin, à Hamilton, dans un hôpital universitaire, Justin Trudeau promet 6 milliards de dollars sur quatre ans pour améliorer les soins de santé et jeter les bases d’un système d’assurance médicaments.

Il profite de son discours pour se livrer à nouveau, comme il le fait tous les jours, et principalement quand il est en Ontario, à une charge à fond de train contre Doug Ford et la famille conservatrice.

[Les conservateurs vont payer pour leurs promesses] en coupant dans les services publics dont vous et votre famille dépendez, lance-t-il. La première preuve : Doug Ford.

Dans cette allocution et le point de presse qui suit, il répète 14 fois le nom de Doug Ford, presque une fois toutes les deux minutes, alors qu’il ne prononce le nom d’Andrew Scheer qu’à cinq reprises.

Harper, Ford et Scheer, même combat

Une journée typique de Justin Trudeau commence avec une annonce, le matin, comme celle de lundi matin à Hamilton. Il fait quelques attaques, explique rapidement sa promesse du jour et répond à certaines questions des journalistes.

Ensuite, il rend visite à un ou des candidats sur la route, avant de terminer sa journée dans un rassemblement partisan.

Là, il prononce un discours d’une quinzaine de minutes où il répète certaines attaques et en change d’autres pour les adapter selon la province (il les a toutes visitées lors des premiers jours de la campagne).

Par exemple, au Québec, Justin Trudeau a parlé d'avortement et de la possible réouverture du dossier par les conservateurs. En Atlantique, il a surtout parlé de l’âge de la retraite que Stephen Harper voulait faire passer à 67 ans.

En Ontario, le message du chef libéral tournait autour la renégociation de l’ALENA et du fait que le gouvernement de Doug Ford avait demandé aux libéraux d’éliminer les contre-tarifs sur l’acier et l'aluminium.

Dans ses discours, Justin Trudeau ne parle jamais de Jagmeet Singh. Et très peu d’Andrew Scheer. À peine, en fait. Certains soirs, il n’en a pas du tout parlé.

Il parle plutôt des conservateurs en général et de leurs deux figures les plus connues : Doug Ford et Stephen Harper.

Par exemple, il répète tous les soirs la même formule qu’il a employée à Hamilton : Les conservateurs aiment prétendre qu’ils ont les préoccupations de monsieur-madame Tout-le-Monde à cœur, mais, une fois arrivés au pouvoir, ils s’empressent d’accorder des baisses d’impôt aux plus riches et ils coupent les services dont vous dépendez.

Il ajoute qu’ils n’ont rien appris puisqu’ils proposent aujourd’hui les mêmes politiques ratées du passé.

Mis à part leur décision de sourire un peu plus, ils n’ont pas de nouvelles idées à partager avec les Canadiens, soutenait Justin Trudeau à Montréal, en faisant allusion à Andrew Scheer qui a été surnommé lors de son élection à la tête des conservateurs, le « Stephen Harper avec un sourire ».

Stephen Harper, ça fonctionne beaucoup au Québec et en Atlantique.

Un stratège libéral

Cela sert principalement à motiver les électeurs à aller voter, et à voter pour les libéraux et non pour un autre parti de gauche, indique un autre libéral.

Et ils ne sont pas près de changer de stratégie.

Un candidat libéral disait qu’en ce moment, les électeurs semblent penser que l’élection est un référendum sur le bilan de Justin Trudeau. Il croit, et espère, qu’avec le temps, les électeurs commenceront à voir qu’il s’agit d’un choix entre les libéraux et les conservateurs. À ce moment, les attaques répétées contre Doug Ford et Stephen Harper auront peut-être commencé à s'insinuer dans la tête du public.

Un stratège expliquait qu’en politique, pour qu’un message passe, il faut le répéter et c’est seulement lorsqu’on est tanné de l’entendre tous les jours que les citoyens commencent à en prendre conscience.

Notre dossier Élections Canada 2019

Scheer aussi

Le chef libéral n’est pas le seul à brandir le spectre d’un politicien provincial pour marquer des points politiques. Les conservateurs d'Andrew Scheer ont lancé au cours du week-end une nouvelle publicité faisant le parallèle entre Justin Trudeau et l'ex-première ministre ontarienne Kathleen Wynne qui « a augmenté les taxes sur tout, du vin au revenu ».

Je pense qu'il est important que les Ontariens sachent que Justin Trudeau suivra exactement le même livre de recettes déjà utilisé par Kathleen Wynne et Dalton McGuinty, soutenait Andrew Scheer.

Les conservateurs affirment qu’ils ont utilisé le spectre de Kathleen Wynne beaucoup moins souvent que les libéraux.

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