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L'ex-ombudsman de l'armée explique son départ anticipé par une vendetta

Gary Walbourne de profil.

L'ex-ombudsman de la Défense nationale et des Forces canadiennes, Gary Walbourne, a quitté ses fonctions à l'automne 2018.

Photo : La Presse canadienne

Radio-Canada

Gary Walbourne affirme qu'un rapport ayant joué un rôle important dans son départ anticipé, l'an dernier, était motivé par des considérations politiques.

Selon des documents récemment publiés par la Cour fédérale et consultés par CBC, un examen de plaintes visant le bureau de l'ombudsman de la Défense nationale et des Forces canadiennes a joué un rôle déterminant dans la retraite anticipée de Gary Walbourne, qui a quitté en octobre 2018 les fonctions qu'il a occupées pendant quatre ans et demi.

Ce vaste examen, effectué à huis clos l'an dernier par le ministère de la Défense nationale, se rapportait à des plaintes pour mauvaise gestion, népotisme et mauvaise utilisation des fonds publics.

Dans une entrevue accordée à CBC, M. Walbourne, qui n'hésitait pas à attaquer de front le ministère lorsqu'il était en poste, a dénoncé ce qu'il perçoit comme une enquête imparfaite, motivée par des considérations politiques, visant à l'isoler et à le réduire au silence.

Selon lui, le processus n'a pris de l'ampleur qu'après un important différend survenu lors d'une rencontre entre lui et le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, en mars 2018.

Fournir des détails pourrait violer certains des serments que j'ai prêtés en tant que personne nommée par décret en conseil, a-t-il déclaré, refusant de dire sur quoi portait cette conversation qui s'est un peu échauffée.

Mais c'était suffisamment sérieux pour que le ministre refuse de lui parler ou de le rencontrer pendant tout le reste de son mandat, a-t-il soutenu, ajoutant que le conflit l'avait amené à demander une retraite anticipée.

Au cours des huit ou dix derniers mois de mon mandat, je fonctionnais sans ressources financières ou humaines approuvées par le sous-ministre, a-t-il affirmé.

Lorsqu'on vous enlève les outils qui vous permettent de faire votre travail, que vous ne pouvez pas obtenir une audience avec le ministre pour parler de sujets importants [...] il arrive un moment où vous devez vous demander si vous pouvez bien faire votre travail.

Gary Walbourne, ex-ombudsman de la Défense nationale et des Forces canadiennes

Le ministre Sajjan a refusé de commenter les révélations contenues dans les documents de cour ou les allégations de M. Walbourne. Dans une déclaration transmise à CBC, il s'est borné à dire qu'il appréciait l'apport substantiel, le mandat et l'indépendance du bureau de l'ombudsman et s'engageait à maintenir une relation de travail positive et productive avec lui.

Des relations tendues

Le ministre fédéral de la Défense, Harjit Sajjan, qui porte un turban, s'adressant aux journalistes.

Le ministre fédéral de la Défense, Harjit Sajjan, aurait eu des relations tendues avec Gary Walbourne.

Photo : La Presse canadienne

La querelle de mars 2018 a été le point culminant de frictions croissantes entre un ombudsman très direct et le ministère de la Défense, qui était de plus en plus irrité par ses critiques répétées sur la place publique sur plusieurs sujets.

En avril 2017, M. Walbourne avait par exemple déploré les attaques insidieuses des responsables de la Défense nationale chaque fois que son bureau rendait public un rapport critique à l’endroit du ministère.

Plaidant pour une entité indépendante qui rendrait des comptes au Parlement plutôt qu'au ministère, il avait affirmé que ces attaques nuisaient à sa capacité de faire porter la responsabilité au ministère de la Défense et avaient par conséquent un impact négatif sur le personnel militaire à qui il apportait une aide.

Les doléances persistantes de M. Walbourne devant les commissions parlementaires – en particulier au sujet des problèmes de transition à la vie civile vécus par les militaires – ont été accueillies avec une irritation visible par les responsables militaires et ceux de la défense civile.

Des plaintes lancées en 2017

L'examen des plaintes, qui visaient M. Walbourne et trois des employés de son bureau, a résulté d'une plainte déposée par un enquêteur de l'équipe de l'ombudsman après le suicide d'un autre employé, en avril 2017.

L'ancien ombudsman a été accusé, en vertu de la Loi sur la protection des fonctionnaires divulgateurs d'actes répréhensibles, d'avoir mal utilisé des fonds publics, d'avoir eu des pratiques d'embauche inappropriées et d'avoir accordé des promotions sans compétition, de ne pas avoir répondu aux besoins d'un employé aux prises avec un problème de santé mentale après la mort d'un collègue et d'avoir échoué à créer un milieu de travail sûr et sain.

Quatre des plaintes ont été jugées fondées, ce que conteste M. Walbourne. La cinquième plainte, sur la mauvaise utilisation de fonds publics, a été rejetée.

Un ancien membre du personnel de l'ombudsman, le lieutenant-colonel à la retraite Jamie Robertson, a déclaré à CBC que son ancien patron s'était régulièrement heurté à la résistance de membres de l'équipe de longue date lorsqu'il avait tenté de remanier le bureau après son arrivée en poste en 2014.

M. Walbourne avait succédé au major général à la retraite Pierre Daigle. Son successeur, Gregory Lick, a été nommé en novembre dernier.

D'après les informations de Murray Brewster

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