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Un sénateur ouvre le feu devant le parlement d'Haïti pour disperser des manifestants

Arme au poing, le sénateur Jean-Marie Ralph Fethière tire dans les airs.

Le sénateur Jean-Marie Ralph Fethière a invoqué la légitime défense.

Photo : Associated Press / Dieu Nalio Chery

Agence France-Presse

Un sénateur haïtien, qui voulait disperser des manifestants, a ouvert le feu avec son arme de poing lundi à l'extérieur du parlement à Port-au-Prince, blessant légèrement un photojournaliste de l'agence Associated Press (AP), a relaté ce dernier à l'Agence France-Presse (AFP).

Le sénateur Jean-Marie Ralph Fethière, élu du parti au pouvoir, a expliqué avoir agi pour se défendre face à ces manifestants de l'opposition qui avaient fait irruption dans l'enceinte du palais législatif pour empêcher la tenue de la séance.

Je me suis défendu. La légitime défense est un droit sacré, a déclaré M. Fethière à un média haïtien, en ajoutant qu'il ignorait qu'un journaliste ait été touché.

Ce photographe, qui a souhaité conserver l'anonymat, a été légèrement blessé à la mâchoire par un éclat de balle. Cet éclat lui a été retiré à l'hôpital. Il est apparu un peu ébranlé, mais lucide, selon une journaliste de l'AFP qui l'a rencontré.

Le premier ministre Fritz-William Michel, nommé à la fin de juillet, devait se présenter avec ses ministres devant les sénateurs pour faire ratifier sa politique générale, étape indispensable à l'installation de son gouvernement. Après les incidents de la matinée, la séance a été reportée à une date indéterminée.

À la mi-journée lundi, plusieurs centaines de personnes ont gagné les rues de la capitale pour manifester leur colère contre le président, dressant des barricades sur leur passage.

On ne veut pas entendre parler de ratification de premier ministre. On n'a pas un problème de gouvernement, mais un problème de président : Jovenel Moïse est un incapable, il ne peut pas diriger et, à cause de ça, notre misère est plus grande, a dénoncé Didier Benel au sein du cortège regroupant une majorité de jeunes hommes aux visages souvent masqués.

La petite foule a sillonné les rues des quartiers commerçants de la capitale en brisant plusieurs vitrines et vitres de voitures. Au moins deux véhicules ont été incendiés, selon une journaliste de l'AFP sur place.

Jovenel Moïse, le président d'Haïti, qui devait initialement partir dimanche à New York pour participer à l'Assemblée générale des Nations unies, a reporté son départ dans l'attente de l'installation du gouvernement.

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