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Israël : le président rencontre Nétanyahou et Gantz pour sortir de l'impasse

Le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou, le président israélien Reuven Rivlin et Benny Gantz, chef du parti Bleu et Blanc.

Le président israélien Reuven Rivlin doit désigner mercredi celui qui aura le mandat de former le prochain gouvernement israélien.

Photo : Reuters / Ronen Zvulun

Agence France-Presse

Le président israélien Reuven Rivlin a entamé lundi soir des discussions avec le premier ministre sortant Benyamin Nétanyahou et son principal rival Benny Gantz afin de les convaincre de former un gouvernement d'union, après des législatives qui n'ont pas réussi à les départager.

Ni M. Nétanyahou, à la tête du parti de droite Likoud, ni Benny Gantz, à la tête du parti centriste Kahol Lavan (Bleu-blanc), ne sont en mesure de réunir 61 députés, la majorité absolue au Parlement.

Le président Rivlin a commencé en soirée à Jérusalem des discussions avec MM. Nétanyahou et Gantz, après avoir terminé plus tôt ses consultations avec l'ensemble des formations élues au Parlement pour connaître leurs recommandations concernant le choix du futur premier ministre.

Il doit désigner mercredi celui qui aura le mandat de former le prochain gouvernement, et pourrait ainsi mettre fin au règne de Benjamin Nétanyahou, le plus pérenne des premiers ministres de l'histoire d'Israël avec plus de 13 ans au pouvoir, dont la dernière décennie sans discontinuer.

Le parti de Benny Gantz (33 sièges) a reçu le soutien de la gauche et d'une partie de la Liste unie des formations arabes israéliennes. Mais cela ne lui octroie que 54 sièges.

Celui de Benyamin Nétanyahou (31 sièges) n'est en mesure de rassembler que 55 sièges avec ses alliés religieux et de la droite nationaliste.

Comme le président, MM. Gantz et Nétanyahou ont tous deux appelé à la formation d'un gouvernement d'union. Mais chacun veut en prendre la tête.

Le seul gouvernement qui puisse être formé dans ces conditions est un gouvernement large et uni entre nous, et le seul moyen d'y parvenir est de s'asseoir et parler, a soutenu lundi M. Nétanyahou.

Si Reuven Rivlin a clairement déclaré qu'il souhaitait que le Likoud et Bleu-blanc s'unissent pour former un gouvernement stable, la manière de parvenir à un tel accord reste floue.

Soupçonné de corruption, d'abus de confiance et de malversations, M. Nétanyahou doit être auditionné par la justice au début d'octobre et il joue sa survie politique dans ces tractations.

Le premier ministre sortant cherche à obtenir une immunité du Parlement au cas où il serait inculpé, mais cette immunité pourrait être plus difficile à obtenir s'il ne dirigeait pas le prochain gouvernement.

Mais face à lui se dresse aussi la Liste unie des partis arabes. Arrivée en troisième place aux législatives du 17 septembre avec 13 sièges, cette liste a recommandé le centriste Benny Gantz comme prochain premier ministre afin de barrer la route à M. Nétanyahou.

Les partis arabes accusent entre autres M. Nétanyahou d'avoir mené une politique discriminatoire envers la minorité arabe israélienne qui compte pour 20 % des neuf millions d'habitants du pays.

Mais trois représentants de la liste ont annoncé lundi qu'ils ne soutenaient pas cette recommandation.

La donne Lieberman

De son côté, Avigdor Lieberman, chef de la formation nationaliste laïque Israël Beitenou, considéré comme un faiseur de rois potentiel après avoir remporté huit sièges, a confirmé dimanche qu'il ne recommanderait ni Benjamin Nétanyahou ni Benny Gantz.

Nous ne ferons pas partie du bloc avec les haredim [juifs ultra-orthodoxes] et les messianistes. Nous ne recommanderons pas Nétanyahou au président pour cette raison, a déclaré M. Lieberman.

Et nous ne pouvons pas recommander Benny Gantz qui envisage un gouvernement soutenu par la liste arabe [...], a ajouté l'ancien ministre de la Défense.

Les haredim sont nos adversaires politiques, mais les Arabes sont nos ennemis, a-t-il dit.

Le président Rivlin, dont la fonction est quasi symbolique, jouera un rôle politique clé en désignant mercredi, lorsque les résultats définitifs des élections lui seront communiqués, celui qui sera chargé de former le gouvernement.

Celui qu'il choisira aura alors 28 jours pour le faire, avec une possible prolongation de deux semaines.

Si toutes les tentatives échouent, Reuven Rivlin pourra décider d'attribuer la tâche à quelqu'un d'autre.

En avril, des législatives s'étaient déjà terminées sans vainqueur et M. Nétanyahou n'avait pas été en mesure de former une coalition, conduisant à l'organisation d'un nouveau scrutin le 17 septembre.

Le président Rivlin a promis de tout faire pour éviter un troisième scrutin.

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