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Le NPD n'imposerait de pipeline à aucune province, assure Jagmeet Singh

Jagmeet Singh.

Jagmeet Singh assure qu'un gouvernement néo-démocrate n'imposerait le passage d'un pipeline à aucune province.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

Radio-Canada

Le Québec n’aurait pas droit à un traitement de faveur en matière de projets énergétiques : un gouvernement néo-démocrate n’imposerait en fait à aucune province le passage d’un pipeline sur son territoire, a réitéré le chef du NPD, Jagmeet Singh.

Le NPD a présenté la semaine dernière à Sherbrooke sa plateforme pour le Québec, qui prévoit que les projets d’infrastructures, comme les oléoducs, ne peuvent pas contourner les lois environnementales du Québec et ne peuvent pas aller de l'avant sans l'accord du gouvernement et de la population du Québec.

En point de presse au lendemain du dévoilement, Jagmeet Singh a expliqué pourquoi il accorde plus d'attention au Québec, une province différente et unique, mais qui a sa place dans le contexte fédéraliste, a-t-il insisté.

Interrogé à savoir si la Colombie-Britannique, qui s'oppose à l'expansion du pipeline Trans Mountain, bénéficierait d'un même pouvoir de veto, le chef néo-démocrate avait répondu par l'affirmative.

Je vais dire à la Colombie-Britannique qu’un gouvernement néo-démocrate n’impose pas des projets sur la population. Mais c’est clair qu’il y a des contextes différents pour le Québec, avait-il indiqué.

En fait, toutes les provinces pourront s'opposer au passage d’un pipeline entre leurs frontières, si les néo-démocrates venaient à prendre le pouvoir, a assuré le chef en entrevue à CBC News, lundi.

Jagmeet Singh explique que, si un gouvernement néo-démocrate n’arrivait pas à bâtir un consensus entre toutes les provinces concernées, le projet ne se concrétiserait tout simplement pas.

Si nous voulons aller de l’avant avec un projet, toutes les provinces impliquées doivent y adhérer.

Jagmeet Singh, chef du NPD

Un pouvoir accordé à Ottawa

Est-ce que cette politique du NPD diminuerait le pouvoir du gouvernement fédéral d’autoriser certains projets d’intérêt national?

À cette question, Jagmeet Singh répond plutôt que l’intérêt national doit inclure la volonté des provinces de prendre part aux projets.

C’est un peu la beauté du fédéralisme, indique-t-il. Nous ne devons pas imposer nos décisions, mais plutôt travailler ensemble et montrer aux gens que cela leur sera bénéfique.

Si cela peut être fait, alors ce projet pourra avancer, ajoute le chef néo-démocrate.

Ses intentions rejoignent les volontés du premier ministre du Québec François Legault qui s’oppose à ce qu’un pipeline traverse l’ensemble du Canada – et donc le Québec –, puisqu’il n’y a pas d'acceptabilité sociale dans la province pour un tel projet, selon lui.

La position du NPD contraste cependant avec celle du chef conservateur Andrew Scheer qui, s'il est élu premier ministre, souhaite établir un corridor énergétique d’un océan à l’autre. Un tel corridor traverserait le Québec et pourrait inclure un oléoduc.

François Legault lui a d'ailleurs manifesté son opposition à un tel projet à plus d’une reprise, mais le chef conservateur n’a pour sa part jamais confirmé s’il l’imposerait ou non.

Andrew Scheer a cependant déjà indiqué vouloir affirmer les compétences fédérales pour des projets d’infrastructure énergétique qui répondraient à un intérêt national.

Notre dossier Élections Canada 2019

Ottawa a le pouvoir constitutionnel d'imposer des projets d'infrastructure nationaux aux provinces, y compris des pipelines.

En vertu de l'article 35 de la Constitution, la Cour suprême du Canada a de plus statué que, si le gouvernement fédéral avait l'obligation de consulter les communautés autochtones concernées au sujet de projets d'infrastructure, ce devoir ne constituait pas un droit de veto.

Intérêt national c. opposition des provinces

Des projets butent déjà contre l’opposition de provinces. La Colombie-Britannique résiste, par exemple, à l’expansion du pipeline Trans Mountain, dont le gouvernement fédéral est propriétaire.

Autant le Parti libéral que le Parti conservateur soutiennent le projet de pipeline. Les néo-démocrates s’opposent quant à eux au projet de Trans Mountain, mais n’ont pas clairement indiqué ce qu’ils en feraient, contrairement au Parti vert qui l’annulerait.

Le Bloc québécois s’oppose pour sa part à tout projet de pipeline. Quant au Parti populaire, il serait aussi prêt à utiliser la Constitution pour imposer un pipeline pour des raisons d’intérêt national.

Avec les informations de CBC

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