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Une enquête en déontologie teintée de racisme, se plaint un policier de Uashat

Une affiche avec le logo du service de police, devant un bâtiment.

Le poste de police de la Sécurité publique de Uashat mak Mani-Utenam

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Yannick Bergeron

Le policier Guy Olivier, de la Sécurité publique de Uashat mak Mani-Utenam (SPUM), soutient que l'enquêteur du commissaire à la déontologie policière qui l'a rencontré a tenu des propos racistes. L'agent Olivier a témoigné lors de l'audition de la requête en arrêt des procédures dans le cadre de l'audience qui le vise, ainsi que quatre autres policiers, devant le Comité de déontologie policière.

En juin 2017, il a rencontré l'enquêteur Réjean Lavoie, qui devait faire la lumière sur le travail des policiers de la communauté innue soupçonnés d'avoir fait preuve de négligence dans le traitement d'une plainte d'agression sexuelle.

Selon Guy Olivier, alors qu'il discutait du sous-financement du service de police avec l'enquêteur du commissaire à la déontologie, Réjean Lavoie lui aurait indiqué qu'il était normal [de garder les coûts le plus bas possible] parce que ce sont les Blancs qui paient des impôts.

L'enquêteur Lavoie, qui a servi 25 ans à la GRC, aurait ajouté que les Autochtones, n'en pas paient d'impôts.

Guy Olivier affirme être allé voir son supérieur pour lui dire : C'est-tu normal qu'y nous envoie un enquêteur raciste?.

Même s'il affirme avoir été choqué par les propos de l'enquêteur du commissaire à la déontologie, il a répondu à ses questions et signé une déclaration au terme de la rencontre.

L'ancien directeur de la SPUM, Normand Ambroise, et son ancien adjoint, Gilbert Vollant, ont expliqué, eux, avoir fait le choix de ne pas rencontrer l'enquêteur Lavoie.

Gilbert Vollant a motivé sa décision par le « ton agressif » de l'enquêteur. La manière qu'il me disait, j'étais déjà coupable, assure-t-il.

Avant que ces témoignages soient entendus lundi, Réjean Lavoie, lui, a dû s'expliquer à la demande de l'avocat Jean-François Bertrand, qui défend trois des policiers. Réjean Lavoie a déclaré qu'il avait des pouvoirs limités en tant qu'enquêteur déontologique, avant de faire part des difficultés rencontrées pour obtenir des rapports de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

La DPJ suivait la présumée victime des agressions sexuelles, de même que celui qui aurait commis les gestes pour lesquels les policiers auraient fait preuve de négligence dans leur traitement.

Selon l'enquêteur Lavoie, la DPJ a fait parvenir les documents disponibles, ce qui ne comprenait pas les notes personnelles de ses intervenants. Les avocats des policiers estiment qu'en l'absence de ces notes dans le dossier, ils n'ont pas droit à une défense pleine et entière.

La présidente du Comité de déontologie, Lysane Cree, statuera sur leur demande d'arrêt des procédures après avoir entendu les plaidoiries, mardi.

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