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Face aux appels croissants à sa destitution, Trump nie toute pression sur l'Ukraine

Le président américain, Donald Trump, s'adresse aux médias sur le terrain de la Maison-Blanche.

Le président du Comité du renseignement de la Chambre des représentants a affirmé que si les allégations de pressions sur l'Ukraine étaient exactes, le Congrès devrait amorcer des procédures de destitution contre Donald Trump.

Photo : Reuters / Mike Theiler

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Donald Trump a farouchement nié lundi avoir fait pression sur l'Ukraine pour tenter de nuire à son rival politique Joe Biden, balayant la menace d'une procédure de destitution malgré les appels de plus en plus pressants agitant l'opposition démocrate.

Alors même que la pression monte sur les leaders démocrates du Congrès pour qu'ils lancent cette procédure explosive, le président républicain a affirmé ne pas prendre du tout au sérieux cette perspective.

Je n'ai mis aucune pression sur l'Ukraine, a affirmé M. Trump, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, à New York.

Passant à l'offensive, il a du même coup tenté de retourner les projecteurs sur Joe Biden, ancien vice-président de Barack Obama, meneur de la course à l'investiture démocrate et donc l'un de ses sérieux rivaux potentiels pour la présidentielle de 2020.

Joe Biden et son fils sont corrompus, a lancé sur un ton outré M. Trump, accusant sans preuve son adversaire d'avoir fait pression sur l'Ukraine lorsqu'il était vice-président pour écarter un procureur dans le but d'aider les affaires de son fils Hunter. Ce dernier siégeait au conseil d'administration d'un groupe gazier ukrainien.

Si un républicain disait ce que Joe Biden a dit, il aurait droit à la chaise électrique immédiatement, a poursuivi le dirigeant de la première puissance mondiale.

La veille, il avait confirmé avoir explicitement parlé de Joe Biden et de son fils Hunter lors d'un entretien téléphonique avec son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky.

L'opposition soupçonne Donald Trump d'avoir, lors de cette conversation, profité de sa position pour pousser M. Zelensky à enquêter sur Joe Biden, en utilisant notamment une aide militaire comme levier de pression.

Le président républicain dément. Affirmant que sa conversation avec M. Zelensky avait été très honnête, il a dit espérer que sa retranscription puisse être publiée.

Alors, publiez la retranscription de l'appel, l'a défié Joe Biden.

Les démocrates ne se satisferont de toute façon pas d'une retranscription : ils réclament que la Maison-Blanche livre au Congrès le signalement présenté en août par un mystérieux lanceur d'alerte, membre des services de renseignement américains, pour sonner l'alarme sur cet appel.

Trois puissants comités de la Chambre, menés par des démocrates, ont en plus menacé lundi le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, de forcer ses services à leur livrer d'autres documents concernant l'Ukraine.

Ils concernent les tentatives du président et de son avocat personnel, Rudy Giuliani, de demander l'aide d'un pouvoir étranger afin d'intervenir dans l'élection présidentielle de 2020, accusent les démocrates.

Après deux ans de la vaste enquête russe et une multitude d'investigations parlementaires ciblant Donald Trump, cette affaire ukrainienne semblait bien lundi plus proche de faire pencher la balance vers l'ouverture d'une procédure de destitution.

La Chambre des représentants, à majorité démocrate, serait chargée d'ouvrir cette procédure de mise en accusation. Puis le Sénat, contrôlé par les républicains qui restent fidèles à M. Trump, serait chargé du procès.

L'Ukraine, point de non-retour?

Réticente jusqu'ici à emprunter cette voie impopulaire, la présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, a menacé dimanche Donald Trump d'une escalade vers une toute nouvelle étape de l'enquête s'il empêchait le lanceur d'alerte de témoigner. Une inflexion remarquée.

Plusieurs autres élus démocrates influents au Congrès, également réticents jusque-là, semblent suivre la même tendance.

Une date butoir se profile : l'audition publique prévue jeudi du directeur par intérim du renseignement national (DNI) Joseph Maguire. Nancy Pelosi veut qu'il livre à cette occasion les détails du signalement.

L'aile progressiste du parti démocrate, partisane depuis des mois d'une procédure de destitution, apparaît, elle, chauffée à blanc, dénonçant désormais explicitement ses propres chefs.

Chez les candidats démocrates à la Maison-Blanche, l'étoile montante Elizabeth Warren a de nouveau appelé ce week-end à lancer une procédure de destitution.

Si la majorité républicaine au Sénat a annoncé lundi qu'elle tentait d'organiser dès cette semaine une réunion à huis clos avec les responsables du renseignement, le soutien à Donald Trump est encore solide dans ses rangs.

Est-il convenable pour un président de parler de Joe Biden à un dirigeant étranger? Non, a tranché le sénateur républicain Marco Rubio à l'AFP. Mais cela est différent d'une faute passible d'une procédure de destitution, a-t-il immédiatement ajouté.

Les démocrates espèrent qu'ils tiennent quelque chose, mais moi, je ne le vois vraiment pas, a renchéri son collègue John Barrasso.

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