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Le Bloc réclame de nouveau la suspension de l'Entente sur les tiers pays sûrs

Plan large de M. Blanchet s'adressant aux journalistes derrière une clôture de bois.

Yves-François Blanchet a donné un point de presse à Saint-Bernard-de-Lacolle.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Le Bloc québécois revient à la charge pour réclamer la suspension de l'Entente sur les tiers pays sûrs afin de mettre un terme à l'entrée irrégulière de demandeurs d'asile. Le parti demande aussi un droit de veto pour le Québec lorsque le gouvernement veut éviter l'expulsion de demandeurs d’asile, ainsi qu’un moratoire sur les expulsions vers des pays où la sécurité des personnes est menacée.

Rencontrant la presse lundi matin à une dizaine de kilomètres du chemin Roxham, où plus de 40 000 demandeurs d'asile ont traversé la frontière au cours des trois dernières années, le chef bloquiste Yves-François Blanchet a réitéré sa demande, qui permettrait d'accueillir ces personnes aux postes frontaliers existants.

Ottawa a accepté, en août dernier, de verser 250 millions de dollars au Québec afin de le compenser pour les coûts liés à l'afflux de ces réfugiés.

Nombre de personnes interceptées par la GRC au Québec alors qu'elles venaient d'entrer au Canada de façon irrégulière

2017 : 18 836

2018 : 18 518

2019 : 10 076

Source : Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada

En vertu de l'Entente sur les tiers pays sûrs, le Canada doit refuser l'entrée au pays de demandeurs qui n'arrivent pas d'un pays où leur sécurité est menacée, d'où l'attrait pour ceux-ci d'entrer de manière irrégulière où ils sont interceptés et remis aux autorités d'immigration pour que leur demande soit traitée.

Suspendons l'Entente entre les tiers pays sûrs pour des périodes successives de trois mois, autant qu’il en faudra. Obligeons tout le monde à passer par le canal légal, formel, officiel que sont les postes douaniers […] et accueillons correctement ces gens avec les ressources nécessaires.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

M. Blanchet fait valoir qu'une entrée par les postes frontaliers permettrait un accueil plus ordonné des migrants et, surtout, mettrait un terme au déséquilibre qui affecte le Québec, l'écrasante majorité des passages s'effectuant au chemin Roxham qui est devenu, au fil du temps, un voyage organisé, selon son expression.

Une fois qu’ils sont entrés, c'est le Québec qui les prend en charge. Il y a les enjeux de santé, les enjeux d’éducation, il y a la pression mise sur [les] commissions scolaires, en particulier la Commission scolaire de Montréal. C'est important de saisir ce que ça coûte à l'État québécois.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

De plus, il réclame d'Ottawa l'ajout de commissaires à l'immigration afin d'accélérer le traitement des demandes. Il rappelle que le vérificateur général a dénoncé les délais d'attente dans le traitement des demandes de réfugiés, qui atteint deux ans plutôt que les deux mois prescrits.

Yves-François Blanchet fait valoir que ces délais font en sorte que de nombreux réfugiés et leurs familles arrivent à s'installer, s'intégrer et trouvent du travail durant ce délai pour finalement voir leur demande refusée et être expulsés du pays.

Droit de veto

En après-midi, le chef bloquiste est revenu à la charge avec une deuxième annonce, celle-là concernant les expulsions de demandeurs d'asile.

Le Bloc québécois enjoint tous les partis politiques à épouser sa demande, soit de voir Ottawa céder à Québec un droit de veto sur les expulsions.

Il y a des cas assez rares où des gens sont intégrés au Québec, ont été reçus, se sont fait une vie, ont vu grandir leur famille, et se voient ensuite expulsés à cause de la bureaucratie fédérale, dans certains cas alors qu’ils ont reçu leur certificat de sélection du Québec, a-t-il dit, toujours depuis Saint-Jean-sur-Richelieu.

Souvent, a-t-il poursuivi, ces familles sont intégrées, les adultes ont un emploi, les enfants fréquentent l’école française, ce sont des gens qui contribuent de leur labeur au développement du Québec et, sans que ce soit leur but, à combler un petit bout de la pénurie de main-d’œuvre.

En somme, le Bloc souhaite que lorsque les conditions sont réunies, notamment en termes de sécurité, Québec puisse bloquer les défaillances de la bureaucratie fédérale et garder qui il entend sur son territoire.

S'ajoute à cette demande celle de l'imposition d'un moratoire complet sur les expulsions vers des endroits où la sécurité des gens peut être menacée. La mesure, de l'aveu même de M. Blanchet, vise spécifiquement les Haïtiens.

La chose responsable à faire est de s’imposer à soi-même, au gouvernement canadien, un moratoire pour dire "on ne retourne pas les gens dans ces endroits-là", a lancé le chef de la formation politique québécoise.

M. Blanchet n'a pu s'empêcher d'envoyer une pointe à son adversaire libéral à ce sujet. C’est sûrement très correct, une petite larme à l’occasion, c’est sûrement très correct de s’excuser pour toutes sortes d’affaires. Mais aux gens qui ont été déportés et dont la sécurité est menacée et qui vivent maintenant dans une anxiété constante, je pense qu’à ces gens-là, M. Trudeau aurait dû garder de côté une petite larme et de grosses excuses, a-t-il dit à l'intention du premier ministre sortant.

Notre dossier Élections Canada 2019
Avec les informations de La Presse canadienne

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